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- Le requin barjot en 160 épisodes... 1988-2006
- Zappa est mort, une étoile brille - Le requin barjot 159/160
ven 10 juin 2011 - 16h30
vendredi 10 juin 2011, par (Date de rédaction antérieure : 3 juillet 2007).
Citation : une amie de la famille… « Et le jour de sa mort, en fait, c’était un peu bizarre, je suis entrée dans la chambre (...) et il y avait toute cette confusion, et tout, et tout le monde chuchotait ‘coca cola, coca cola’. Et alors… après, elle est, elle arrive avec un plateau… avec 7 canettes de coca cola, parce qu’elle disait que d’une façon ou d’une autre, Frank était parvenu à dire qu’il voulait porter un toast, avec du coca cola… ou que les choses iraient mieux avec du coca, ou un truc comme ça, alors…. On avait tous ces cocas et on lui a porté un toast, vous savez, et je me souviens de Gail qui disait ‘merci’… pour cette vie merveilleuse, vous savez… c’était juste…. C’était… leur relation ».
LE REQUIN BARJOT N°159 - 27’54’’
C’est le lundi 6 décembre 1993 que la famille de Frank Zappa fait ce communiqué de presse : « Le compositeur Frank Zappa est parti pour sa dernière tournée un peu avant 6h du matin, samedi 4 décembre 1993, et a été enterré le dimanche 5 décembre 1993 au cours d’une cérémonie privée en compagnie de sa famille. Au moment de son décès, il était chez lui, à Los Angeles, avec sa femme Gail et ses quatre enfants, Moon, Dweezil, Ahmet et Diva ».
La disparition de cette nouvelle victime du cancer de la prostate, fera la Une du Los Angeles Times et du Daily News, le jour même du communiqué. L’iconoclaste du rock pour les uns, le compositeur-musicien non conventionnel pour les autres s’y voit rendre un hommage dont des lignes seront paraphrasées outre-Atlantique dans l’Evening Standard ; la nouvelle étant arrivée trop tard pour les quotidiens britanniques. Dans son ouvrage, Electric Don Quixote, Neil Slaven cite, pour son dernier chapitre, l’œuvre immortelle de Cervantès :
Passant dans ce tombeau, est un homme de marque :
Le vaillant Don Quichotte ; il fut si valeureux
Que par ses dignes faits, grands et chevalereux
Sa vie a triomphé de l’invincible Parque.
Ce fier épouvantail avait tant de courage
Qu’à lui les gros géants n’étaient que des moineaux ;
Il fit à son trépas des miracles nouveaux,
Car s’il vécut en fol, il mourut homme sage.
Le jour suivant, toujours dans le Los Angeles Times, c’est Daniel Schorr, le spécialiste senior de l’info sur la Radio Publique Nationale (avec lequel Frank Zappa avait organisé le projet Night School en 87), qui va raconter comment il est devenu un ami de Frank Zappa : « Cela m’a pris du temps pour réaliser que derrières les sales méchantes paroles sur les conspirations gouvernementales et la médiocrité du monde autour de lui, se cachait un réel génie musical qui se souciait beaucoup des jeunes générations. Comme le joueur de flûte, il voulait se servir de la musique pour amener les jeunes à s’intéresser au politique (...). Il aimait aussi être contradictoire. Si vous parliez de son succès, il disait que c’était un échec. Si vous faisiez allusion à sa popularité, il se déclarait solitaire. Peut-être l’était-il. Le monde autour de lui contenait trop de bêtise, trop de médiocrité, trop d’homogénéisation, il ne pouvait pas offrir l’envergure suffisante à sa créativité, et son individualité, toutes deux énormes. Aussi il l’a dénoncé avec des gros mots, mais, j’imagine qu’à propos de Frank Zappa, les choses qui disparaîtront des esprits le plus rapidement seront les noms des moulins à vents sur lesquels il aura titré. Ce dont on se souviendra, c’est sa quête insatiable de nouvelles formes, son ouverture d’esprit à des significations musicales nouvelles, et son dévouement pour les enfants, les siens et ceux des autres ».
(...)
Dans les jours, les semaines, les mois qui suivent la mort de Frank Zappa, la presse américaine va régulièrement proposer aux lecteurs des articles, des dossiers, des hommages et des rétrospectives de sa vie, de son œuvre et des ses combats. Dans l’édition du 20 décembre du New Yorker, un double hommage lui est rendu, par Vaclav Havel, le président de la Tchéquie, et Matt Groening, le créateur des Simpsons, qui déclare « Ce qui m’a fait, moi et beaucoup d’autres, coller à la musique de Frank Zappa ces 27 dernières années, c’est le sentiment d’avoir été pris en stop par un esprit critique qui roulait toujours dans des territoires inexplorés ».
Des dizaines de personnalités seront sollicitées pour lui rendre hommage, et nous retiendrons ici les paroles d’Alice Cooper dans le magazine People : « Tous ceux qui étaient considérés comme des génies, des Beatles à Brian Wilson, regardaient Zappa comme Le génie », ainsi que celles de Pierre Boulez, dans le numéro de février 94 du magazine Musician : « Une figure exceptionnelle tant dans le monde de la pop que dans celui du classique. Son sens de la musique était très vaste. Il ne disait pas grand chose, mais il en savait énormément plus que ce que l’on pouvait penser ».
Après le magazine Downbeat en septembre 94, c’est le magazine Rolling Stone, avec qui Zappa avait toujours eu des relations plutôt « abrasives », qui honorera l’œuvre du défunt compositeur le 12 janvier 1995 en le faisant rentrer dans son Hall of Fame. C’est Moon, sa fille, qui le représentera, l’artiste, qui aurait peut-être de son vivant boycotté l’événement, et ironie du sort, c’est Lou Reed qui est le maître de cérémonie, lui qui déclare à propos de Frank Zappa : « Il est une force pour la raison et l’honnêteté, dans une industrie déficiente en ces domaines ».
Au mois de juillet 94, l’astéroïde 3834, découvert le 11 mai 1980 par L. Brozek de l’observatoire de Klet en Tchécoslovaquie, est baptisé Zappafrank, pour commémorer le fait que Frank Zappa a été, je cite « un symbole de la démocratie et de la liberté », durant l’occupation soviétique du pays. Machin ?
Machin : On ne connaît pas grand chose des propriétés physiques de cet astéroïde, sinon qu’il mesure entre 7 et 13 kilomètres de diamètre, et qu’il se ballade entre Mars et Jupiter sur une révolution de 4,08 années. Son orbite est elliptique, avec une périhélie de 309 million de kilomètres (le point de son orbite le plus proche du soleil), et une aphélie (le plus éloigné) de 451 million de kilomètres. Machin, quelque part, pour le Requin Barjot.
Merci Machin… Ainsi, un Zappafrank minéral tourne encore autour de nous, au dessus, à côté et en dessous, et quoi qu’il se fit enterrer, sa chère continuité conceptuelle n’aurait pas boudé qu’on l’eut livré à l’océan, la solution ultime.
(...)
| titre | album | durée |
| Sleep Dirt | Sleep Dirt | 3’21’’ |
| The Ocean is the Ultimate Solution | Sleep Dirt | 13’17’’ |
P.-S.
Diffusion précédente : mardi 3 juillet 2007 - 13h30, rediff. dimanche 8 juillet 17h
liens :
Zappa in france (incontournable)
http://www.zappa.com/ (officiel)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Frank_Zappa
http://nasalretentive.free.fr/ (fameux coverband français et plus...)
St. Alphonzo’s Pancake Homepage (incontournable, les notes and comments on été très utiles à la rédaction du Requin Barjot)
http://www.djouls.com/frankzappa/ (discographie commentée en Français)
Le Castor Astral (quelques ouvrages à lire)
Animateur(s) :
Gilles Gouget
Réalisation Technique :
Gilles Gouget
Licence de l'article :
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