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Vivre ensemble, en France ! Mais qu'est cela ?

lun 4 oct 2010 - 12h30, rediff. - 18h

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lundi 4 octobre 2010, par Yves le Bozec

Provoscopie, l’émission politique divergente de la bande FM montpelliéraine. Le loup et le renard vous saluent ! Voilà, on y est ! La saison démarre… Il sera question entre l’automne et le printemps de discourir autour du “vivre ensemble” ! Trois temps radiophoniques pour cerner le sujet : de quoi parle-t-on, quelles sont les affres de la démocratie indirecte et, pour terminer, quel printemps nous attend pour la démocratie.

Mais, avant tout, laissez-moi vous conter la théorie des trois mondes et confrontons-là au “vivre ensemble”...

Avant de chercher à comprendre comment faire pour vivre avec les autres, encore faut-il au préalable être capable de vivre avec soi-même, de s’aimer ! Voilà ce qu’est le premier monde ! Dès lors, on peut envisager de vivre avec d’autres : d’abord avec ceux que l’on connaît, ceux de son entourage. Ce sont les gens de la famille, les voisins voire ceux avec qui on travaille. Ils sont tous du deuxième monde.

Enfin, les autres, les étrangers, les inconnus incarnent le trosième monde : ces derniers, je ne les connais pas, je ne les fréquente pas, ils relèvent de la sphère humaine mais sont partie prenante de la Cité car je suis susceptible de les rencontrer, de les croiser, de les subir un jour ou l’autre !

C’est dans ce cadre-là que le “vivre ensemble” doit être abordé. C’est pourquoi, après avoir approché l’histoire de la chose, Provoscopie traitera des trois mondes en question avec une brochette de spécialistes : psychanalyste, sociologue et politologue. Puis, le loup et le renard partiront en quête des acteurs du “vivre ensemble” : ceux qui incarnent les pouvoirs régaliens (police, justice, armée), mais aussi ceux qui ont en charge l’instruction et l’éducation de la jeunesse. Bien sûr, nous partirons jouer à la lutte des classes en confrontant les points de vue des patrons et des salariés. D’autre part, vivre c’est mourir un peu chaque jour... alors nous interrogerons les représentants des grandes religions. Enfin, nous nous plongerons dans la Cité, à tous ses étages, de la ville à l’Union européenne, pour tenter de comprendre ce qui ne va plus : pourquoi le contrat social s’est-il brisé ? Que faire pour le restaurer ?

Ce sera alors le moment des élections cantonales ! Nos candidats au poste de conseiller général pourront nous expliquer ce qu’ils comptent faire pour que le “vivre ensemble” reprenne tout son sens.

Pour terminer, Provoscopie pistera le printemps de la démocratie, un des axes majeurs de la vie politique montpelliéraine. Cette gouvernance-là contribue-t-elle à améliorer le “vivre ensemble” ? A voir !

En attendant, divergentes et divergents, partons dans les méandres de l’Histoire boomerang pour essayer de comprendre comment on en est arrivé là...


Chronique : “Je t’aime, moi non plus !”

Vivre ensemble, en France ! Mais qu’est cela direz-vous ? A quoi cela correspond-il ? Au regard de l’Histoire : quand les habitants de cet hexagone gaulois ont-ils eu la perception de la chose ? A partir de quand se sont-ils sentis unis par quelque magie supérieure ?

En fait, c’est probablement le 14 juillet 1790, lors de la fête de la fédération qui se tint sur le champ de Mars à Paris, que l’idée est née. Des gens venus de toutes les provinces françaises étaient montés à la capitale investis d’une mission révolutionnaire consistant à proclamer la souveraineté de la Nation en lieu et place de celle du Roi. Les uns et les autres commencèrent à se sentir français avant d’être languedocien, breton ou basque.

Encore fallait-il que la chose durât ! Les hussards napoléoniens y contribuèrent certainement ; mais plus encore ceux de la Troisième République surnommés les hussards noirs, les instituteurs. Avec leur leçon journalière de morale qui expliquait aux enfants qu’être Français, c’était “un plébiscite de tous les jours”, le “vivre ensemble” prit une véritable dimension nationale et populaire. Au point que le patriotisme finit par permettre la levée en masse pour la tuerie de la Grande Guerre, en 1914. Ce fut le moment de l’apogée de ce “vivre ensemble”, véritable contrat social jusqu’à la mort.

Depuis, les sodats de l’An II sont devenus des poilus puis des anciens combattants désabusés par une paix tronquée. Le contrat social s’est félé. La République comme la démocratie furent remis en cause avant que ce ne soit la société toute entière lors des événements dits de Mai 68. Au point qu’un Président de la République inspiré tenta de renouer les fils en se focalisant sur la question de l’identité nationale. Peine perdue. Fiasco total !

L’Histoire est un balancier, de nombreux historiens en sont convaincus aujourd’hui. Durant cinq générations, entre 1790 et 1914, le contrat social s’est construit et solidifié. Puis, en boomerang, il s’est peu à peu brisé depuis déjà quatre générations, entre 1914 et 2010. La dernière génération, celle d’aujourd’hui devrait connaître la fin de ce contrat social issu de la Révolution française. D’où le qestionnement, les inquiétudes de nos gouvernants : rien ne va plus ! On court vers le vide absolu : le trou noir sociétal !

Quels seront les liens qui uniront les citoyens entre eux d’ici une génération ?

La question mérite d’être posée ... Provoscopie est là pour tenter d’y répondre. Et, une fois encore, la clé ne pourra être que le devoir de révolte !


La mise en bouche avec l’Historien…

Quelles sont les méthodologies dont dispose l’Historien pour aborder un tel sujet ? Elles sont au nombre de sept...
- L’Histoire cyclique chrétienne : un éternel recommencement, une révolution.
- L’Histoire progressiste marxiste : une naissance, la vie et la mort.
- L’Histoire des flux libérale : un va et vient incessant entre le positif et le négatif.
- L’Histoire cyclique marxienne : un mouvement continuel en escargot qui admet les ressemblances.
- L’Histoire structurale tiers-mondiste : une vision axiale de la question autour de quatre paramètres prédéterminés.
- L’Histoire vectorielle scientifique : une approche cause/conséquence.
- L’Histoire balancier novatrice : une synthèse des méthodologies existantes.

Revenons sur l’histoire du “vivre ensemble” : comment expliquer que cela n’ait jamais encore été étudié ?
- Les domaines de prédilection des historiens : la macro-histoire, celle des grands hommes, des grandes batailles, des grands changements, des civilisations, de l’humanité prise comme un tout.
- 1929 : les annales économiques et sociales, une approche des super-structures marxistes.
- Depuis trente ans : l’histoire en miette. Tout est étudié par le petit bout de la lorgnette. On arrive à la micro-histoire, l’histoire de l’individu lambda.

1790 : est-ce véritablement la date de départ pour le “vivre ensemble” en France ?
- Avant la Révolution, il ne peut être question de “vivre ensemble” sur le plan national. Les historiens de la Troisième République ont imaginé un passé unificateur et pédagogique : ils ont ainsi créé Vercingétorix, Clovis et le vase de Soissons, Charlemagne et son école, les Arabes arrêtés à Poitiers ou Saint-Louis. Ils fondèrent des lythes tels que Jeanne d’Arc qui boute les Anglais hors de France, Henri IV et sa poule au pot ou Louis XIV avec Versailles.
- Ce n’est qu’en 1789 qu’apparaît l’idée d’appartenance à un même coprs social avec une double clé : le concept de Nation et celui de souveraineté du peuple.

Reprenons la chronologie dans le détail entre 1790 et 1914, et depuis 1914...
- 1790 : la fête de la fédération...
- Napoléon Premier et ses hussards qui exportent l’idée révolutionnaire du “vivre ensemble”.
- La naissance et l’affirmation de la démocratie depuis 1848.
- L’établissement de la République lors de la Belle Epoque.
- L’apogée sacralisée en 1914.
- Et puis... le retour de balancier !
- Les tranchées pour les poilus et pour les indigènes.
- La victoire mutilée de 1918.
- Les premiers pas du féminisme.
- La montée des totalitarismes exemplaires en Europe et le Front Populaire.
- La guerre des deux France durant la guerre froide.
- Mai 68 et ses conséquences depuis.
- La montée du communautarisme et de la discrimination positive...
- Et aujourd’hui... le sarkozisme !

Si le “vivre ensemble” connaît des soucis actuellement, la compréhension du passé aujourd’hui pour mieux construire demain s’avère plus qu’utile !

Autrement-dit, les Historiens ont du pain sur la planche en la matière.


Le menu avec le journaliste…

Qu’est-ce qu’un journaliste ? Un acteur ou un spectateur de l’Histoire vivante ?
- Comment définir ce métier ? Le journaliste se prendrait-il pour l’historien de l’instant ?
- Le journaliste peut-il, doit-il être objectif ? Doit-il se contenter de la règle des 5W ?
- Qu’est-ce qu’un événement pour un journaliste ? Qu’est-ce qu’un bon scoop ?

Quels sont les outils dont dispose le journaliste pour prendre de la hauteur face aux événements quotidiens ?
- Le journaliste est-il manipulateur ou manipulé ?
- Les impératifs du métier ne le conduisent-ils pas à la subjectivité ?
- Quelles différences fondamentales y a-t-il entre un journaliste et un historien du temps présent ?

Le journaliste n’est-il pas, par excellence, le briseur de rêve, l’empécheur de vivre ensemble ?
- En traitant uniquement de ce qui ne va pas, le journaliste n’est-il pas celui qui nuit au vivre ensemble ?
- Comment pourrait-il en être autrement ?
- Pourquoi ne pas parler uniquement de ce qui va ?
- Qu’est-ce que le vivre ensemble pour un journaliste ?
- Vivre ensemble avec qui ? Les confrères, les politiques, les patrons, les syndicalistes …
- Vivre ensemble pour quoi faire ?


Les régimes avec l’ONM et Vignal…

Que dit le donneur d’ordre, le procureur du “vivre ensemble” ?

Les médaillés de l’Ordre National du Mérite doivent-ils être des exemples pour nos concitoyens ?

- En quoi êtes-vous exemplaire ? Qu’avez-vous fait pour être distingué ?
- Comment analysez-vous la situation en France aujourd’hui ?
- Qu’avez-vous pensé du débat sur l’identité nationale proposé par le gouvernement ?
- Qu’est-ce qui ne va plus aujourd’hui ?

Qu’est-ce que le “vivre ensemble” pour les représentants de l’ONM ?
- Définissez votre conception du “vivre ensemble” : est-ce autre chose que la citoyenneté et le civisme ?
- Ne croyez-vous pas que vous rêvez d’un monde disparu ? N’êtes-vous pas en cela réactionnaire au sens sciences po du terme : qui souhaite un retour vers le passé ?
- Le civisme, est-ce autre chose que la politesse, l’obéissance hiérarchique ?
- Votre vision de la citoyenneté n’est-elle pas simplement nationaliste, patriotique et donc quelque part va-t-en-guerre ?
- De quelle société rêvez-vous aujourd’hui ?

Monsieur le commissaire de la municipalité, la parole est à vous !

Un élu est-il le meilleur pour faire “vivre ensemble” ses concitoyens ?
- Qu’est-ce que cette délégation alambiquée que vous avez reçue de madame le maire, Hélène mandroux ?
- En quoi cela consiste—t-il ? N’est-ce pas simplement un pléonasme ?
- Comment définissez-vous en tant que citoyen et tant qu’élu ce “vivre ensemble” ?
- Qu’est-ce qu’un poltique peut avoir à dire à un historien, à un journaliste, à un méritant de l’ONM en la matière ?

De la théorie à la pratique : qu’est-ce que le “vivre ensemble” à Montpellier ?
- Au printemps, on va vous poursuivre dans le cadre de ce que vous appelez le printemps de la démocratie…
- Comment mettez-vous en oeuvre le “vivre ensemble” au quotidien à la maison de la démocratie ? D’autres villes le font-elles aussi ?
- C’est quoi cette usine à gaz : le printemps de la démocratie ?
- Avec qui le faîtes-vous ? Des associations ou des citoyens ?
- Depuis 2008, avez-vous amélioré le “vivre ensemble” à Montpellier ? En quoi ?



Animateur(s) :
Yves Le Bozec, Jean-François Guiret...
Réalisation Technique :
Bruno Bertrand
 
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