Divergence FM Radio Divergence FM Radio Divergence FM Radio Divergence FM Radio Divergence FM Radio




Thing Fish... pour dépasser l'ordinaire - Le requin barjot 128/160

jeu 28 avril 2011 - 16h30


jeudi 28 avril 2011, par Gilles Gouget (Date de rédaction antérieure : 3 mai 2007).

Citation : à propos de la révolution « Tout d’abord, l’idée de tout faire péter et de tout recommencer est stupide. La meilleure façon de faire, et j’aimerais bien voir ça arriver, ce à quoi je travaille, c’est d’utiliser le système contre lui-même pour se purger, de façon à vraiment pouvoir fonctionner. Je pense que la politique est un concept valide, mais ce que nous avons aujourd’hui n’est pas vraiment de la politique. C’est l’équivalent des élections de délégués de classe. C’est un concours de popularité. Ça n’a rien à voir avec la politique… ce que c’est, c’est du merchandising de masse ».

LE REQUIN BARJOT N°128/160 - 24’02’’

Nous poursuivons notre survol de cette comédie musicale sortie dans les bacs en 84, à défaut de le faire sur des planches qui l’attendront longtemps, Thing Fish. Neil Slaven n’a pas tout à fait tort, quand dans son Electric Don Quixote il écrit qu’il est difficile de savoir quoi penser de Thing Fish, tant l’idée de départ (que des recherches subventionnées par l’état visent à éliminer des sections spécifiques de la population, ou que de telles recherches aient lieu), était plus prometteuse de controverse que le petit drame d’un goût douteux qui s’ensuit (l’action dégénère en de bizarres olympiades sexuelles, dans lesquelles les pulsions cachées de Harry et Rhonda, les deux spectateurs, vont se révéler au grand jour : Lui, découvrant ses penchants SM avec une des Mammy Nuns, et elle, déversant sur son époux tout le mépris qu’il lui inspire, en se menant à de sauvages introductions avec son attaché-case et son stylo à encre)… On ne peut que donner raison au critique quand il écrit que le clash d’idées potentiellement prometteur aurait pu engendrer une satire d’un ordre plus élevé. Mais quant à l’autre critique qu’il porte (le nombre trop important de morceaux réarrangés pour l’occasion, et le peu qui est apporté par les nouveaux), elle n’a peut-être que le mérite de varier la littérature.

Ainsi, c’est justement dans la mise en scène renouvelée de ces morceaux que le public s’amuse, d’autant que les premières versions ne sont pas forcément les plus abouties, et cet Evil Prince qui ponctue the Torture never stops trouve ici tout son sens… avec au passage l’interprétation sans faute de Napoleon Murphy Brock qui reprend du service.

(...)

Frank Zappa à déjà par le passé produit des disques que l’ont pouvait réserver à un public averti, mais il repousse dans cet album les limites de son profond, provocant, dérangeant et moderne symbolisme (les paroles même de Rhonda quand tombe le rideau). Vont s’ensuivre des problèmes avec le distributeur de Barking Pumpkin, MCA, car une dame du département contrôle qualité avait entendu les pressages tests de Thing Fish et s’était plainte. Suite à quoi MCA va se retirer de l’affaire et un accord fut trouvé à la hâte avec EMI pour que Them or Us et Thing Fish soient distribués aux États-Unis par Capitol. Tout ça poussa Frank Zappa à faire imprimer un autocollant d’avertissement-garantie collé sur la pochette, où l’on pouvait lire :

Cet album contient un matériau qu’une société réellement libre ne craindrait pas plus qu’elle ne voudrait le supprimer. Dans certains endroit retardés, des fanatiques religieux et des organisations politique ultra-conservatrices violent vos droits du Premier Amendement en tentant de censurer les albums de rock’n’roll. nous avons le sentiment que ceci est anticonstitutionnel, et anti-américain.

Comme alternative à ces programmes gouvernementaux (destinés à vous garder dociles et ignorants) Barkin Pumpkin se réjoui de proposer un divertissement audionumérique à ceux d’entre vous qui avez dépassé l’ordinaire. Le langage et les concepts contenu ici sont garantis de ne pas causer de tourment éternel là où le type avec les cornes et la queue pointue fait son business. Cette garantie est tout aussi réelle que les menaces de fondamentalistes télévisés qui utilisent les attaques contre la musique rock, dans leur tentatives de transformer l’Amérique en une nation de nigauds ‘envoyeurs-de-chèques’ (au nom de jésus christ). S’il y a un enfer, c’est eux qu’il attend, pas nous.

(...)

(...)

titre album durée
The Evil Prince Thing Fish extrait 4’38’’
Brown Moses Thing Fish 3’00’’
Wistfull wit a Fistfull Thing Fish 4’00’’

P.-S.

Diffusion précédente : jeu 3 mai 2007 - 13h30, rediff. dim 6 mai - 17h40

liens :
- Zappa in france (incontournable)
- http://www.zappa.com/ (officiel)
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Frank_Zappa



Animateur(s) :
Gilles Gouget
Réalisation Technique :
Gilles Gouget
Licence de l'article :

tous droits réservés

 
Enregistrer au format PDF