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- Thierry Salvador, Emile Proust, Roméo Lucibello - les militants au RDV des Belettes
lun 18 mai 2009 - 18h30, rediff. mar 19 - 9h30
lundi 18 mai 2009, par
Au Rendez-vous des belettes : Les invités :
Thierry Salvador, l’immigré sarkoziste.
Emile Proust, le socialiste africain.
Roméo Lucibello, le centriste désabusé du pouvoir sarkozien.
On va parler d’Europe, ne vous en déplaise ! Sans s’affronter ! En confrontant vos idées… Partons, si vous le voulez bien des hautes sphères du pouvoir, du côté de Bruxelles. Nous détournerons ensuite le débat sur les frasques élyséennes, avant de retomber dans le marigot des pouvoirs en notre bon Languedoc. De quoi discuter, converger, diverger : A vous de voir… !
Emporté par la foule …
Divergentes et divergents, amis du soir : Bonsoir ! Toujours en chasse, le renard et moi-même avons décidé de participer dorénavant à la protection des espèces menacées. Et, au terme d’une quête sacrée, n’avons-nous pas découvert que la belette faisait absolument partie du lot. Et de pousser un cri d’alarme ! [CRI]
Il nous fallait dès à présent en capturer les plus beaux spécimens, les conduire au travers du Clapas dans notre entre, le studio de Divergence. Là mais pas las ! Nous les observerions en les sollicitant. Avec quelques stimulis voire quelques flatteries mais sans flagorneries, nous pourrions alors envisager une étude de cette bête qui sévit le plus souvent au cœur des peuples et des foules en pervertissant l’un comme l’autre, comme si de rien n’était ! Et d’en faire dès à présent notre ligne de conduite.
En effet, la belette est caractérisée par son puissant individualisme. Animal solitaire qui refuse de tisser quelque lien que ce soit avec ses congénères, elle est capable d’aboyer si elle se sent menacée ! Alors qu’on la pense généralement nuisible, elle se révèle plutôt régulatrice de la gente humaine dès qu’elle parvient à s’y introduire. Elle se cache alors en citoyenne et poursuit tous les malotrus, cette espèce prolifique qui vous ronge les nerfs et pollue l’entourage : Véritable fléau de nos sociétés !
En quoi la belette est-elle un brave prédateur d’emmerdeurs ? En cela qu’elle est libre et indépendante, qu’elle fuit les faux égalitarismes et se méfie des fraternelles qui ne sont que des solidarités de clan. Elle sait les débusquer, les traquer, les dénoncer à la vindicte populaire ! Elle procéderait d’un journalisme qui aurait une éthique !
Tant et si bien que le renard et moi-même nous sommes décidés à tenter de les domestiquer pour mieux les relâcher en fin d’émission dans les ruelles montpelliéraines ! Et de leur permettre ainsi de se laisser emporter par la foule sans qu’il y paraisse… Mais, avant tout, faudrait-il les élever, les éduquer convenablement. Qu’elles sachent faire la différence entre une foule et un peuple : Leur futur lieu de jeu !
Permettez-moi donc d’en commencer l’élevage avec un joli petit trio composé d’une belette en retraite, rare parce que salvadorienne ; d’une autre qui a un penchant à se mêler de tout parce que d’origine charentaise ; Et d’une dernière plutôt branchée et racoleuse car d’essence italienne.
Mes belettes chéries, soyez sages et attentives : je m’en vais vous conter la différence qu’il y a entre une foule et un peuple !
La foule est un groupe de personnes au sein duquel l’intérêt individuel disparaît. Les pensées et actions de chaque membre sont toutes orientées vers le même but. Si bien que le niveau d’intelligence d’une foule est généralement inférieur à celui d’un seul de ses membres. Ses réactions sont plus guidées par des émotions primaires (la peur, la colère, le désir) que des réflexions évoluées face aux événements. L’appartenance d’un individu à la foule provoque chez lui une dissolution du sentiment de responsabilité. Anonyme, il a le sentiment de l’impunité due au grand nombre !
Quant au peuple, c’est une toute autre histoire… Le peuple est un ensemble, un conglomérat, de citoyens par opposition aux élus. Il forme une communauté historique partageant un sentiment d’appartenance durable. Si le peuple a une connotation sociale, son sens est souvent plutôt péjoratif. Car le peuple est de la race des rongeurs, de la race des grignoteurs d’espace vital. Les individus qui le composent sont souvent, pour la plupart, issus des couches inférieures par opposition à l’élite, l’aristocratie ! Sorte de multitude d’hommes qui vivent habituellement ensemble, ils partagent les mêmes coutumes. Les composantes du peuple sont par essence solidaire, quoique ! … Faute de quoi, on parlera alors plus volontiers de populace, espèce particulièrement nuisible. Cette dernière catégorie se reconnaît en cela qu’elle est la partie la moins cultivée du peuple ! Enfin le peuple aime volontiers la démocratie : cette « oppression du peuple, par le peuple et pour le peuple » si on en croit la définition qu’en donnait Oscar Wilde. Edgar Faure disait d’ailleurs du peuple français qu’il est « le plus intelligent de la terre [car] il ne réfléchit pas » !
Voilà, mes chères belettes, quelques fondamentaux qui nous permettrons tout à l’heure de vous relâcher dans le Clapas.
Vous savez maintenant faire la différence entre la foule et le peuple, et aurez admis aisément que les deux termes s’opposent, que derrière tout cela il se pourrait qu’il y ait quelques hommes encore libres qui mériteraient d’être débusqués et ramenés dans l’entre des belettes. Car, vous l’aurez compris, rien ne vaut une belette pour réguler les âneries de nos contemporains.
Là-dessus, on a de quoi débattre ! A vous mes belettes. Interrogation orale, fermez livres et cahiers ! On y va !











