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TEMPS ET LITTERATURE - Avec Claire Engel...

mer 21 mai 2008 - 20h - live at the baloard

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mardi 20 mai 2008, par Gilles Gouget

Accointance à distance entend ce soir, enfin, aborder un sujet noble. Foin donc en ce lieu et cette heure de matière fécale, de voix avinées annonant des éloges de l’ennivrement bachique, de garçons pratiquant entre eux l’art ancestral et difficile d’une sodomie réussie... Accointance va vous parler du temps dans la littérature. Non pas le temps qu’il fait mais bien plutôt celui qui passe...

Rien que cela ! Accointance à distance, la seule émission de l’inactualité culturelle, ne recule décidément devant rien !... Après la littérature scatologique, voici venu le temps du temps : reprennons nos grammaires et la belle gamme des temps verbaux pour égrenner les minutes et secondes qui nous séparent de l’immortalité : Eh oui !, l’humain vieillit, se ratatine et meurt. Et fi donc de la surhumanité, leurre des personnalités petites en recherche de talonnettes. Le temps passe et courre, pour un temps, court, nous demeurons.

Toute littérature, disait Lovecraft, a pour objet la lutte contre le temps. Je crains bien qu’il n’ait point tord et lui en envie cette synthèse. Le temps. Celui d’hier, qui était bien mieux qu’aujourd’hui. Les jeunes d’hier, c’est sûr, étaient plus jeunes que ceux de maintenant, moins bête, plus beaux et les vieux, par contre, s’avèrent d’une connerie inaltérable. Florent en parle d’autant plus librement que, minute après minute, l’on peut le caser dans la rubrique, non point encore nécrologique, mais pré-sénile. Mais, comme nous le rappelle, jour après jour, notre gouvernement compétant : « c’est dur aujourd’hui peut-être, mais demain ça s’ra vachement mieux !... »

Le temps donc. Celui qui s’accélère plus on approche de l’issue finale. Enfant, elle nous semblait longue l’année scolaire et tardives les vacances d’été. Aujourd’hui, une année ne fait que douze mois, d’une brièveté, d’années en années, avérée, confirmée. Les serments d’amours, toujours, entendent défier le temps ; ce temps que l’on brâve avec la bête confiance que les lendemains seront pareils à ce matin où, enfouis dans la valée des draps, notre tête roulant sur un jeune sein, en se fichant bien des aubes de demain.

Florent ROBIN


 
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