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vendredi 16 janvier 2004, par
Toujours dans le cadre du Festival à 100%, les Svinkels nous ont refait la joie d’une interview, à lire en écoutant leur dernier album. Seuls Nikus Pokus et Gérard Baste étaient au micro, Zanasque (en langue d’oc
ayant fait les frais d’un coup d’froid qui l’cloua au lit non loin d’là l’temps d’l’interview.
Depuis on peut lire dans les news de leur site que Gérard Baste n’est pas au mieux de sa forme à son tour ; il aurait abusé de son organisme... Alors, hauts les coeurs ! Souhaitons lui surtout la santé pour 2004 !
Gilles Gouget : Bonjour tous les deux.
Nikus Pokus et Grard Baste : Salut !!!
G. G. : Ce festival est organis par le Cocazine, est-ce que vous connaissiez, en tant qu’organe de presse... alternatif et gratuit ?
N. P. : C’est L’lot du sud. Paris on a L’lot, et l’Cocazine, c’est aussi bien foutu... c’est mme p’tt’ mieux foutu qu’L’lot.
G. G. : Et L’lot a marche aussi par la bonne volont de tous plus que les salaires ?
N. P. : Je crois pas, j’pense... Enfin, c’est... c’est gratuit, quoi. C’est un gratuit qui annonce tous les concerts.
G. B. : En tout cas sur l’affiche y’a une gonzesse qu’on y voit les nibards.
G. G. : Tout fait, d’ailleurs y’en a plusieurs. Y’a plusieurs versions de l’affiche. Alors nous, Montpellier, on a la chance de vous avoir alors que l’album est tout chaud, il vient juste de sortir, il s’appelle Bons pour l’asile. C’est en fait votre deuxime album, puisque Juste fais la, en 97, tait un 6 titres.
G. B. : Ben ouais... avec 6 titres y’avait pas d’quoi faire un album.
G. G. : C’est que ces 6 titres m’avaient tellement marqu, que j’m’tais dit qu’c’tait un album.
G. B. : Ouais, avec 6 titres t’as un album des Pink Floyd (rire) ! Pas un album des Svinkels.
N. P. : Ouais, ou un album de jazz, mais bon...
G. G. : Alors aprs Tapis rouge, y’a deux trois ans d’a, maintenant c’est Bons pour l’asile. Alors... est-ce que vous tes prts vous laisser faire enfermer... ou pas ?
G. B. : Euh... Non, non, on va laisser des copains s’dvouer...
N. P. : Ouais, mais on va s’chapper, hein ? Le but c’est d’s’happer de toute faon, on va y arriver...
G. G. : Vous avez pas mal tourn, y compris avec des groupes dont on s’attend pas trop leur prsence dans des festivals de hip hop... j’pense Matmatah, par exemple, qui sont vraiment pas dans la mme veine musicale... j’pense aussi votre prsence au Bol d’Or qui a, je crois, t un souvenir imprissable... En fait vous cultivez des collaborations plutt surprenantes pour un groupe assimil hip hop... l j’pense aussi Parabellum.
G. B. : Ben, c’est pas quelque chose qu’on recherche spcialement. C’est simplement qu’on est un peu comme des clbards, on fait un peu l o on nous dit d’faire, quoi, tu vois, donc... En gros, les festivals hip hop a court pas non plus les rues en France, y’en a pas beaucoup. Y’a quand mme beaucoup plus de festivals rock, donc, nous quand on veut jouer, ben on va jouer o on peut jouer, quoi. En l’occurence y’s’trouve que a va tre sur des plateaux mtal, rock, dub... peu importe, ou Matmatah, ouais... (pouffe) c’est encore un aut’ dlire, ouais ! Parce que faire du rap parisien... devant du rock celtique, c’est un peu dur ! Mais (rire) non non, c’est des gens, tu vois, qui nous proposent des trucs, et nous, comme on aime bien jouer, ben on dit oui.
G. G. : a veut dire que peu importe le sytle, pourvu qu’on ait des affinits ?
N. P. : a veut dire que tu peux aussi aller faire du... Tu vois, nous on pense que c’qu’on fait, un public rock peut l’aimer, un public... n’importe qui qui coute d’la zique peut aimer du rap, quoi. Faut pas qu’y s’disent... Voil, quoi, nous on va dbloquer les mentalits. Le mec qui peut tre bloqu sur le rap, ben peut-tre nous, on va le dbloquer.
G. G. : Comme vous le chantez, on est les meilleurs dans ce qu’on fait parce qu’on est uniques .
N. P. : Comme tout le monde.
G. B. : Oh, a s’branle un peu, l ! a s’branle, un peu, mais bon... C’est vrai que c’tait une faon d’dire Ah non non, on est les meilleurs ! . Mais pour pas qu’ce soit trop abuser, vu qu’on est les seuls dans notre catgorie. Donc me parles pas d’Java ni de Stupeflip (ricanne).
G. G. : Ok, on en parlera pas. P’t’tre qu’on peut parler, ct annecdote, du Bol d’Or, et puis du concert au Dejazey Rennes, avec les traces de pieds au plafond ?
G. B. : Dejazey c’est facile comprendre. Rennes, on y tait pas pass d’puis 4 ans, on a un gros public en Bretagne, et on a dcid de jouer dans un bar de 150 personnes. C’qui fait qu’on a laiss le double dehors, et qu’on a fait l’concert entier aggripps aux platines, ne pouvant pas bouger d’un poil, avec des f...
N. P. : Avec les seins des gonzesses... (rires) sur nos poitrines.
G. B. : ...sur nos poitrines ! Et effectivement comme le seul moyen de faire quelque chose dans ce concert c’tait d’escalader les autres, et d’faire des espces de galipettes sur le public, y’a eu des traces de pieds au plafond. Donc Lionel Richie n’est pas le seul !
G. G. : Et au Bol d’Or ?
G. B. : Tu dis a parce que t’as un blouson d’moto ?
G. G. : Oui, peut-tre.
G. B. : Ben en fait, bon, on savait pas trop c’que c’tait, on a dit pourquoi pas, a peut tre drle ... on est...
N. P. : C’est les Parabellum qui nous avaient dit ouais fait y aller ! . Mais en fait, bon... c’est au moment d’arriver, qu’on fait ah ouais ! Mais on est cons... on va pas avoir la grande scne, on va avoir la p’tite scne en voyant la fiche technique. Et puis on a eu une petite scne l’entre du camping... C’t’ dire qu’y a plein d’bruit, au Bol d’Or... Donc aller faire de la musique l o y’a dj plein d’bruit... tu... c’est euh... c’est difficile, quoi.
G. B. : Donc en fait on a pass l’aprs midi s’morfondre, s’dire putain, c’est mme pas des bikers, c’est des motards ! (rire) Y’a que des beaufs qui ont l’air de bosser la BAC ou dans la scurit (hilare)... qui r’gardent des bcanes vertes et blanches (rire)... un peu de sport et tout ! On s’est dit Merde ! Y’a mme pas des Harleys ! On est mal barrs !. Donc on a pass l’aprs midi s’morfondre, genre a va pas l’faire, a va pas l’faire . On est arrivs sur scne, et finalement a l’a fait ! C’est dire qu’les gens sont v’nus, y’en avait qui connaissaient, et tout, notre grande surprise. Et puis au bout de trois morceaux, les platines ont rendu l’me ! (rire) C’qui fait qu’on a essay d’faire deux trois vieux morceaux en DAT, compltement dmotivs... et que...
N. P. : ...et qu’c’tait un vendredi 13.
G. B. : Voil, c’tait un chouette vendredi 13 comme on les aime, un vrai !
G. G. : On peut dire aussi un mot sur les vnements rcents... Un nouveau label pour commencer... Deux mots sur le... sur le divorce, et la nouvelle union ?
N. P. : Eh ben, beaucoup trop d’licenciements dans c’pays ! Des licenciements abusifs.
G. B. : Non, voil : Delabel, l’poque, ils savaient pas trop comment bosser l’projet, ils avaient besoin de se dbarasser d’groupes, donc y zont pris ceux qui vendaient l’moins, qui savaient l’moins... quoi faire avec... Et puis aprs, bon, il a fallu faire le tour des maisons de disque. On a trouv, chez Atmosphriques, des gens qui avaient l’air de comprendre le projet, et qui avaient l’air assez terre terre... on s’est dit pourquoi pas ? . En plus c’taient les seuls qui taient OK pour l’sortir en septembre. Comme nous on avait dj de l’huile sur le feu depuis longtemps, on avait pas envie d’traner trop, donc... On l’a fait avec eux, maintenant, c’est entre leurs mains. Advienne que pourra (rire), c’est plus notre problme ! (rire) Nous on ira faire nos concerts, on a fait notre disque, on ira rpondre aux interviews, mme ceux des motards ! Et voil, quoi. En gros... un label o y’a les Wampas, a donne envie... en mme temps un label qu’a pas d’thune, c’est toujours un peu chiant aussi (rire) !! Enfin, bon, on va voir, on f’ra avec les moyens du bord.
G. G. : Pour cet album vous avez des gens dans la production qui sont assez prestigieux, comme Daniel Presley et Antoine Gaillet par exemple... a s’est pass comment ? C’est venu du label ? C’es venu de chez vous ?
G. B. : Un peu des deux, disons que ds l’dpart on avait envie d’bosser avec Dan, on avait d’j boss avec lui sur un titre, et a c’tait mal pass ! Et y s’trouve que c’est la seule personne avec qui a s’tait mal pass.
N. P. : On s’est dit que jusque l on avait travaill avec des gens avec qui on s’entendait bien, on avait fait des bons disques avec eux... bon un moment, faut aussi changer d’quipe, quoi. Et puis carrment, on s’est dit pourquoi n’pas travailler avec quelqu’un avec qui on s’est pas entendu la premire fois ? Mais on sait qu’y fait du bon boulot.
G. B. : Puis a pouvait tre plus intressant d’confronter un peu les points d’vue. Aprs, on a fait toutes les maquettes avec lui, toute la ralisation. Puis on s’est r’trouvs au moment du mix, avec un son qui nous plaisait pas tout fait, donc on a entendu parler d’Antoine par des potes, au dpart, qui avaient boss... Il avait boss sur Alphonse Brown, il avait boss avec les Enhancers aussi un p’tit peu, avec qui on est potes. Ils nous ont dit du bien d’eux, et puis comme en fait Atmosphriques y bossaient bien avec lui aussi, ils ont dit Ben, vous voulez Antoine ? Ben on va l’apeller . En deux jours il a dit oui, on est partis un mois avec lui, et il nous a fait sonner a... peu prs comme on voulait, c’est dire, assez lourd... On voulait un disque qui fasse moins amateur que c’qu’on avait fait avant, mme si on cultive un peu l’ct bricolage, un peu cra-cra, et tout... On avait envie d’avoir un truc qui sonne, quoi, qui soit comptitif, un peu, au niveau du son hip-hop...
N. P. : ...on aime bien les trucs ricains qui ptent. Dr Dre, on trouve a terrible, parce que l’son est incroyable. Et puis bon, des trucs des Beastie, a sonne aussi. Et donc on arrive maintenant avoir un gros son, c’est c’qu’on voulait, quoi. Donc a, j’espre qu’on va l’garder.
G. G. : En matire de gros son, on aurait pu s’attendre c’que Daniel Presley... Il a boss pour Faith no more, par exemple, alors qu’Antoine Gaillet a boss par exemple pour Heather Nova, qui est plutt clean... Qu’est-ce qu’ils vous ont apport, chacun de ces deux bonhommes.
G. B. : J’crois surtout qu’ils ont bien su comprendre o on avait envie d’amener le projet, quoi. Tu vois, ils ont pas tellement apport d’eux-mmes, quoi, ils ont... ils ont plus t l’coute de ce que nous on voulait. D’ailleurs avec Antoine, c’est super marrant : on avait besoin de trs peu parler avec lui, on le laissait bosser, et en gros, la fin de la journe, on avait peu prs l’rsultat qu’on voulait. Donc il suffisait de diriger un peu la fin d’la sance, pour dire un peu moins d’ce sample, un peu plus de basse , a suffisait trs bien.
N. P. : On a pas discut 107 ans sur le mix du jour. a va assez vite, quoi, c’est a qui est bien. Parce que a veut dire que si tu commences discuter, y’a un truc qui va pas... Si tu commences dire ouais... la caisse claire l, le kick l... ... Donc avec Antoine a sonnait direct. On l’laissait bosser, il faisait un mise plat vite fait, et parfois on tait dans la pice d’ ct, on s’disait Tiens ! Faudrait qu’il mette un dlai sur tel son... tiens ! une reverb sur tel autre son... qu’il compresse a , et dans les dix minutes qui venaient, il le faisait sans qu’on ait lui dire (rire) !
G. B. : C’tait pas mal ! Quand Dan, lui, c’tait plus au moment des maquettes. Donc, il a un peu fait des montages de refrain, il comprennait bien aussi les directions... Il nous a fait les montages de voix sur Plutt mourir par exemple, des trucs comme a. En fait, c’taient des gens qui ont bien compris, qui ont pas cherch trop mettre leur patte, spcialement, et plus tre l’coute, voir o on voulait aller, et tre dispo l-dessus, quoi... Pour finir, c’est nous qui faisons tout, quoi ! (rire)
G. G. : C’est vrai que vous faites beaucoup de choses, votre site internet par exemple.
G. B. : Disons que moi j’aime bien au dpart tout ce qui est image, je viens un peu du dessin, du graphisme, et tout. Donc, j’aime bien m’occuper d’a. Aprs, c’qu’on cherche aussi c’est rencontrer des gens qui vont tre dans l’mme esprit qu’nous, et qui vont... Tu vois, d’la mme faon dont qu’on parlait des ral juste avant, c’est pareil avec les graphistes. C’est des potes qui connaissent bien l’univers du groupe. En gros, gnralement, ils nous proposent des trucs qui nous bottent, donc il suffit d’donner un peu les ides de dpart, pour que ensuite, eux ils fassent leur boulot, et qu’on soit d’accord, quoi. C’est pareil, quoi, c’qu’on fait, c’est qu’on a un p’tit univers, quoi, c’qu’on propose, c’est un univers, donc les gens, ils s’y retrouvent, et ils arrivent puiser d’dans pour faire ressortir un aspect qui leur plat... Ils collent au concept, quoi.
G. G. : Lors de notre prcdente rencontre, vous m’aviez dit qu’il se passait parfois quatre ans pour qu’un morceau arrive terme... Dans cet album, y’a des choses qui taient en gestation depuis longtemps et d’autres qui sont arrives rcemment ?
N. P. : Ouais, y’a quelque morceaux qui ont t faits dans les derniers mois, qu’on a fini d’crire en avril-mai... C’est a r’commence, Vite fait mal fait, Ma musique, ces trois l sont... plus frais qu’les autres. T’en as comme Le corbeau, c’est p’t’tre un des trucs les plus anciens... Srie noire...
G. B. : Bons pour l’asile ! Le titre de l’album vient d’un morceau qu’on a pas mis sur l’album, et qu’on travaille depuis sept ans ! C’est l’premier morceau qu’on a enregistr avec les trois rapeurs, quoi ! Et on a jamais t contents des versions qu’on avait (rire), alors on a gard l’titre mais on a pas mis l’morceau. C’est vrai qu’en fait, pour rev’nir sur c’qui est plus spontan, plus rcent, c’est que le fait qu’on ait eu un peu plus de temps, ben y’a toujours des nouveaux instrumentaux qui tombent, Nico il arrte jamais vraiment d’composer, donc, l t’as un bon instru qui tombe et y reste du temps, tu t’dis bon ! a vaut p’t’tre le coup d’rajouter des morceaux .
En fait en rgle gnrale sur cet album, par rapport Tapis rouge, on a essay vraiment de plus partir des musiques. On avait les thmes, on a attendu les musiques pour vraiment rentrer dedans, donc... a a donn une part de spontanit qu’on avait pas avant, c’est dire le coup des refrains chants, les p’tits gimmicks, les p’tites accroches, et tout... a c’est parce qu’on avait les instrus, et qu’on a pu dlirer dessus... un peu... pas en improvisant, mais en tant un peu spontan, avoir des p’tits flash, comme a... a nous a pouss a, quoi.
G. G. : L’album commence par a recommence, dans lequel y’a un hommage tous vos collgues, qui sont forts nombreux, en fait, et assez clectiques.
G. B. : C’est du ’name dropping’. On voulait citer des marques, et puis on s’est dit qu’c’tait p’t’tre pas trs intressant, donc on a cit des potes (rire). C’tait histoire de dire... la fois de faire plaisir aux gens en leur faisant des ddicaces, et la fois de montrer aussi que... qu’on navigait dans plusieurs sphres, et que... et qu’on est l pour faire de la musique, quoi... faire un p’tit panel des gens qu’on aime bien... voil.
G. G. : Ensuite c’est Le svink c’est chic, o il est question du show-bizz, des mdias... pour rsumer. J’aimerais bien que vous nous parliez de l’pisode Paris dernire, puisque mme sur le forum de Svinkels, les gens se posent des questions...
G. B. : Ben dj c’est tout foireux, parce qu’on est passs deux fois, Paris dernire (rire), donc dj la rime elle est fausse... mais chaque fois c’est minable (rire). Alors la premire fois c’tait une espce de rendez-vous arrang la Tournez manges avec Kool Shen. C’tait l’jour du beaujolais nouveau... et Elie Semoun...
N. P. : ...et puis aprs on est all fumer l’narguil.
G. B. : ...et l’narguil avait l’got d’banane. Non, c’tait marrant, c’tait un truc organis, mais en fait on tait super contents, on tait un peu comme des gosses, de rencontrer Kool Shen (rires) qui s’est trouv tre quelqu’un d’adorable, un garon adorable (avec l’accent), super ouvert, super sympa, une crme ! Et a a t vraiment sympa, a reste un bon souvenir, l’air de rien. Aprs, tu vois, tu passes une super bonne soire avec deux gars du show-bizz, puis au final t’as trente secondes o tes meilleures vannes elle sont pas passes, quoi ! (rire) Donc j’tais un peu dgot.
G. G. : Le troisime titre, c’est De la came sous l’saphir, ou vous abordez aussi le problme du mp3...
G. B. : On compare notre musique d’la drogue, et on prends l’auditeur pour un consommateur... Nous on serait les dealers... Et parfois les gars pour consommer, ben, faut qui prennent des ples copies... qu’ils aillent prendre du mp3, quoi, voil.
G. B. : Y’a du concept, hein, c’est thtral !... (rire)
G. G. : Justement, par rapport la question du piratage, du droit... du flou juridique et tout c’bordel, vous en pensez quoi ?
N. P. : Plus t’as de diffusion, mieux c’est. Aprs, t’as d’la diffusion qui sera pas paye... y’a quelques centimes qui retomberont pas dans tes poches... pfff... tant pis, quoi !
G. B. : Tu vois c’qui est trs chiant, c’est quand ton album - a nous est arriv -, 15 jours avant la sortie, t’es sur le net. Bon ben a, c’est nervant.
N. P. : ...parce que a c’est du non respect.
G. B. : Tu sais trs bien qu’il va l’tre aprs la sortie, mais avant c’est pas trs cool, quoi, c’est un peu un cambriolage.
N. P. : En plus c’est des fans qui sont a. C’est des fans qui font a... c’est con. En plus, nous on l’sait, la sortir, le mec il l’achte, il le met sur le net, et voil. Y’a pas d’problme.
G. B. : Nous mmes ont est client fond. Moi j’avoue... quand les disques sont si chers, que tu veux entendre des nouveauts, ben tu vas tlcharger des albums ou des titres. Aprs, c’est vrai qu’c’est un peu... qu’c’est un peu chiant quand mme parce que toi, en tant que groupe, dj t’as envie de vendre des disques. Parce que a fait super plaisir quand t’en vends, c’est pas seulement une question financire, parce que a rapporte presque pas d’pognon, les sceuds. Mais a fait super plaisir d’en vendre, d’tre class dans les tops, et tout, tu t’dis qu’ton groupe il avance, quoi, tu vois ? Donc, c’est vrai que les mp3 en a, c’est un peu chiant parce que t’as envie qu’ton album il circule... mais de faon un peu officielle. Aprs, bon ben d’un autre ct, si les mecs se dcidaient vendre les albums 10 au lieu de 20... j’crois qu’on aurait beaucoup moins d’problmes aussi, quoi.
G. G. : Des problmatiques quis ont prsentes aussi dans a n’sert rien, l’histoire d’un instru qui a priori n’sert rien, mais qui en tout cas fait un titre de plus sur l’album. Par exemple dposer l’silence la SACEM , ou l’allusion la problmatique des jeunes qui coutent du rap sans comprendre les paroles... qui pourraient trs bien tre un truc politique de l’autre bord.
G. B. : Dj, dposer l’silence la SACEM , a peut paratre abrant, mais quand t’coutes certains trucs de Boulez, ou autres (rire)... y’a des grandes parties silencieuses qui sont dposes quand mme ! Ouais non, j’sais plus... c’tait un peu un truc tout azimuth, le fait de partir du thme que cet instru nous allait pas vraiment, qu’c’tait pas trop notre truc de fair des morceaux rap comme a, a permet aussi de se positionner et d’dire attention, on fait du rap, mais on est peut-tre pas tout fait comme les autres .
N. P. : On peut faire de la figure impose, quoi.
G. G. : Un thme de prdiclection, c’est la boisson, bien videmment. Happy hour... Est-ce que vous conduisez ?
G. B. : Non.
N. P. : Non (ricanne), on a pas l’permis !
G. B. : 30 ans et pas l’permis.
G. G. : Du coup vous vous sentez pas trop pris en otage par les nouvelles mesures pour la scurit routire...
G. B. : Oui, mais en fin la scurit routire, y’a quand mme un vrai problme, quoi. Nous on fait beaucoup de route... Mais j’sais pas trop pourquoi on parle de a...
G. G. : C’est juste que Sarkozy est cit plusieurs fois dans l’album.
G. B. : Sarkozy on peut en parler, mais c’est vrai qu’la scurit routire, la limite... si on peut viter des morts, c’est tant mieux, quoi. Mais c’est vrai que les gens font un peu n’importe quoi, mais a c’est toujours pareil : c’est plus un problme de comportement...
N. P. : ...de culture. En Angleterre, j’ai un pote qui m’racontais l’autre fois, il sortait du pub bourr, il monte dans sa voiture, et les anglais lui ont fait Non mais t’es malade ou quoi ? Tu montes pas dans ta voiture ! On y va pied. C’est un quart d’heure pied, on y va pied ! . Ouais, ben nous, avant qu’on ait ce comportement l, y’a encore du boulot, quoi. On nous a pas duqus comme a...
G. B. : Les franais, les latins... pfff.. les latins, tout a... a s’branle un peu, les keums... Tu vois c’est un problme de mentalit qui s’retrouve dans plusieurs comportements, quoi. Des comportements de non respect d’autrui, c’est aussi simple que a, quoi. Nous on est pour tout, on a aucune barrire, on a envie qu’les gens y s’amusent, mais tant qu’a porte pas prjudice quelqu’un d’autre, tu vois. C’est la moindre des choses, quoi. Tu fais des trucs mais tant qu’a concerne que toi. Des mecs comme Jackass y s’font mal, mais tout seul, tu vois (rire), y font pas d’mal aux autres. C’est un peu c’t’esprit l, y’a une question d’mentalit. Aprs, bon... Sarkozy... faudrait quand mme qu’y s’calme un peu, parce qu’il est en train... Tu vois, pff... tout c’qu’y... la plupart des trucs qu’y fait, c’est super chiant, et puis mme au niveau... en rgle gnrale, du gouvernement, culturellement, a s’casse super la gueule. Enfin, tu vois, une socit faut qu’elle puisse vivre aussi, elle a besoin d’respiration, on peut pas mettre des masques devant tout, quoi.
N. P. : Moi j’pense que c’est pas... il est bien horrible, mais... parce que... Rafarin, Maigre et le MEDEF, ils sont pires. Ils sont... c’est plus sournois, quoi.
G. B. : Non, et puis on ose plus trop dire du mal de la droite, maintenant qu’on est dans le Figaro magazine (rire) ! Enfin, bon, quand mme, les putes... a peut servir. Y’en a qui ont une vie sexuelle pauvre -personnellement j’suis mari, mais -...
G. G. : Flicitations. Dans Ma musique, d’une part vous abordez cette notion personnelle et... intime de la musique, et puis vous faites une allusion Universal, aussi...
G. B. : On est chez eux ! Indirectement. On est chez un ind, mais qui est chez Universal.
N. P. : C’est pas marqu sur le disque. Universal ils font de la publicit l’envers. Ils ont une tellement mauvaise image, qu’y faut pas qu’ils la montrent systmatiquement (rire).
G. B. : Et puis, bon, voil, quoi, c’est un peu un trust, un gros trust, et d’notre ct... ils font du mauvais comme du bon taf’. L’air de rien, c’est aussi des gens qui font... qui sont dans la musique, hein, y’a des bons trucs qui viennent de chez eux.
N. P. : Universal, ils signent plein de groupes jeunes chaque anne. Et les trucs de merde, genre Starac et compagnie, qui vendent beaucoup, ben, a finance... tu vois, a remet d’l’argent dans les caisses et a permet de signer des groupes jeunes.
G. B. : C’est un mal pour un bien, quoi.
N. P. : Du moment qu’ils continuent de signer des groupes jeunes... ben... a peut aller, quoi. On s’y r’trouve.
G. B. : Puis j’crois pas vraiment que les inds aient plus de mal agir, malgr des gros trustages, des gros conglomrats comme a, j’crois qu’la scne ind elle est toujours l, qu’elle est bien en forme... Enfin j’trouve la musique en forme en rgle gnrale, j’trouve qu’a va, quoi. Le seul truc qui est relou, c’est tous les lieux qui ferment, toutes les subventions qui sautent, a c’est pas d’la faute d’Universal, c’est d’la faute du gouvernement.
G. G. : Vous tournez pas mal, vous confirmez que la tendance est toujours la fermeture de lieux ?
G. B. : Un p’tit peu. Ben tu sais, enfin... Tout a c’est spcial, parce que les verts aussi, ils ont fait du mal aux caf-concerts, en faisant fermer plein de lieux parce que a gnait l’voisinage. a fait chier trois grand-mres et t’as un lieu de musique et d’vie qui ferme, quoi ! Tout a, c’est hyper bizarre, quoi, c’est compliqu. Aprs c’est vrai que tous les gens qui ont des lieux un peu associatifs, ou avec des locaux de rpte, des bureaux, des salles de concert et tout... et qui marchent un peu aux subventions, ben eux y s’retrouvent quand mme un peu au pied du mur, quoi. Et les lieux ferment, a c’est sr.
G. G. : Dans Bricolage, y’a une question qui tue. Alors, c’est qui le meilleur Svink ?
G. B. : J’crois qu’on est un groupe. Y’a pas d’rponse donner. J’crois qu’chacun a sa p’tite personnalit, a son style, et d’ailleurs, tu vois, dans l’public, y’a des gens qui vont p’t’tre prfrer quelqu’un quelqu’un d’autre, et dans l’album aussi, y’en a qui ont prfr tel morceau un autre morceau. Nous, comme on propose beaucoup de choses diffrentes dans nos rfrences, etc, chacun trouve un peu midi sa porte, comme dans les pages roses du Larousse... C’est fait un peu pour a, quoi, qu’chacun trouve un peu sa p’tite gamelle, et fasse son truc.
G. G. : Y’a aussi Dizy (qu’il est fini), o on trouve cette phrase : y’a pas eu d’bon rappeur depuis depuis Coluche en France . Le rap revient comme thme assez souvent, on dirait que vous tes en lutte pour duquer le public... plus de posie dans l’rap, ou quelque chose comme a. Mme si le crade-core et la posie... le mariage est ambitieux !
G. B. : Ben dans la posie, tu vois, un mec comme Rimbeau, il a tout de suite introduit des lments plus vulgaires... des mots qui ne s’utilisaient pas en posie... comme ’lastique’ (rire), tu vois, des trucs comme a. Bon, c’tait... c’tait y’a cent ans et quelques. Non, j’crois dj, la rfrence Coluche, c’est une faon d’dire que... que tu peux concillier humour et revendication, tu vois... L’autre jour dans une interview j’parlais de Michael Moore... qui est un peu dans l’mme esprit, qui est super drle, avec un vrai propos en mme temps. Un mec comme Coluche, a nous a vach’ment marqu, mais au mme titre qu’un Desproges a marqu toute une gnration... Tu lis les BD d’Edika, c’est un peu la mme chose... Tu vois, nous, y’a des mecs qui nous ont dit ouais, vous faites un peu du Hara-kiri en rap , tu vois, y’a tout c’ct... Y’a tout l’temps ces p’tites rfrences, effectivement, et la posie, elle vient pas ncessairement de l’alexandrin et des tournures... alambiques. a peut venir d’autre chose, mais j’crois que a fait longtemps qu’les gens l’savent, quoi.
G. G. : ...a fait longtemps. Le corbeau, c’est un titre dont vous disiez qu’a faisait longtemps qu’il tait crit, et qui parle, en fait, d’un fait divers, c’qui est assez inhabituel dans vos morceaux. Comment a s’fait, comment c’est v’nu ?
G. B. : Ben ! a parle d’un film !
G. G. : Oui. (oh la honte !)
G. B. : ...un film de Clouseau.
G. G. : Oui.
G. B. : Ben... parce que Xanax... (rire, puis avec l’accent) Zanasque !
G. G. : ...qui est malade...
G. B. : Il connaissait l’film par coeur, et... et donc il rcitait les lettres... il rcitait les lettres.
G. B. : C’est l’histoire d’un Corbeau qui allume tout l’village... qui parle des p’tites mentalits... c’qu’on appelle les p’tites mentalits d’province, a veut pas dire grand chose parce que c’est pareil partout, mais... En fait on est parti d’un film de Clouseau pour faire un morceau la Chabrol. Tu vois ? C’est dire cette mentalit, puis bon... (sourire) La guerre... tu sais, les franais, quoi... ben, la France, quoi. C’est un peu le sous-titre du morceau, c’est j’ai mal la France. C’tait une faon... Enfin, en partant d’ce film, on s’est dit Tiens ! Y’a un thme dont on peut parler qui est intressant, qui est pas un thme qui a t trs abord, cette mentalit un peu trique des... des franais, mais enfin, de... de l’occident en gnral, dans pas mal d’endroit... ce ct la fois mfiant, pas avenant... dlateur... Enfin, tu vois, y’a quand mme eu des primes la dlation y’a pas si longtemps, avec des Debray et compagnie, hein ? C’tait y’a trois quatre ans... tu vois, c’est quand mme incroyable. Ou quand tu vois des grafitti anti-smites sur lesstadesdefoot...tut’disattends ! On est r’partis comme en40 ?! (rire), y’a un problme, quoi !
G. G. : D’ailleurs vous fates allusion au FN dans L’internazionale, avec un ’z’, comme en italien.
G. B. : Ouais, comme dans ’nazi’.
G. G. : On peut aussi voquer tout l’champagne de Matmatah , dans Plutt mourir. Est-ce que c’est vrai que Mathmatta boivent beaucoup d’champagne ?
G. B. : Non, mais c’est vrai qu’on a bu tout leur Crmant (glousse)... c’tait pas du champagne.
G. G. : Lors de ce fameux concert ?
G. B. : Ouais... Aprs a a t n’importe quoi ! Xavier pleurait, et Niko mangeait une souris. (rires)
G. G. : Et a a fini comment ?
G. B. : Ben... La souris... j’sais pas, elle est rest vivante ?
N. P. : ...a a fini euh...
G. B. : Elle t’a mordu la langue !
N. P. : Elle m’a mordu la glotte. (rires)
G. G. : Quelques mots sur Srie noire, qui contrairement aux autres chansons qui parlent plus de ce que vous faites et de ce que vous vivez, resemble plus une fiction...
G. B. : a racontre une histoire, quoi, c’qu’on fait jamais vraiment, quoi... y’avais Tapis rouge, comme titre, qui dcrivait un peu un truc comme a, mais... C’est v’nu pareil, c’est toujours, a vient des titres. On s’tait dit ce s’rait marrant, aprs Tapis rouge, de faire un album qui s’appele Srie noire... TU vois, puis d’fil en aiguille on est parti sur un concept qui raconte un peu une journe d’galre. Et comme Xavier avait fait, sur un album des Professionnels, son projet annexe qu’y fait avec notre ancien DJ, Fred Lansac, un morceau o il se mettait dans la peau d’un dtective, on lui a dit il serait pas mal que tu t’remettes dans la peau d’ce dtective, et qu’t’enqutes sur... le fait divers sordide qui dcoule de cette journe pourrie .
G. G. : Nico ?
N. P. : Non, c’est bon. (rires)
G. G. : On sait jamais. J’ai une pense mue aussi pour DJ Pone, qui est votre turntablist, comme on dit, un champion du monde, d’ailleurs !
G. B. : Tournedisqueur, en franais.
G. G. : Tournedisqueur. J’connaissais pas.
G. B. : Ben ouais, Pone, super, quoi. Trs bien. DJ Pone... super titr, un espce de... de champion d’boxe des platines, qui tait fan avant mme qu’on l’connaisse, qui tait bien fan du groupe, et qui a tout chang, un peu, l’optique scnique de Svink. C’est dire qu’on s’est rendu compte qu’avec trois micros et deux platines, on pouvait rocker comme un bon groupe de rock, comme un bon power quatuor ! Et voil, quoi, donc gnial. DJ Pone, maintenant membre part entire du groupe, trs bien. En plus, jeune, avec de la fougue ! (rire) C’qui manque pafois quand t’es trentenaire et qu’a fait dix ans qu’tu fais cette merde... de groupe la con qui est bon qu’ tre culte !
G. G. : Et puis une pense mue pour Mr Xavier, qui tait un p’tit peu enrhum. Alors est-ce qu’il a chop froid en roulant en t-shirt, sans casque, sur une grosse moto avec un couteau la main ?
G. B. : (rire) En fait, a... En fait le couteau... Pffou !! j’sais pas c’que j’veux dire ! J’essayais d’trouver une blague, mais j’en ai pas. Non non, mais en fait a l’arrange bien d’tre malade comme a y rpond pas aux interviews, il est malade tout le temps.
N. P. : (avec l’accent) C’est un malade ! Il est malade Zanasque !
G. G. : Bon ben Grard baste, Nikus Pokus, on vous r’mercie beaucoup, et on vous r’trouve sur svinkels.com, bientt.
Svinkels : trs bientt, merci !










