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Sergent Garcia


dimanche 19 août 2001, par Gilles Gouget

C’est au summerfestival de Blaye-les-mines que le festivalier divergent a pu rencontrer le souriant trublion de la musique rythmée, celui qui a su voyager de loin en loin dans sa musique, tout au long d’une carrière bondissante : le Sergent Garcia. Point de Zorro pour lui faire face, mais un public toujours conquis par la qualité des performances de son groupe. Lui, c’est seul qu’il a donné cette conférence de presse, franchissant la table pour former un petit cercle de chaises et nous anoncer la bonne nouvelle : la sortie du prochain album...

G. G. : le rythme effrn des festivals estivaux, c’est pas trop prouvant ?

Sergent Garcia : C’qui a t fatiguant, c’est un peu les annulations c’t’anne. Y’a eu les Francofolies annul, avant hier, on a du arrter de jouer aprs deux morceaux cause du vent... a c’est un peu fatiguant.

G.G. : C’tait la mto dans les deux cas ?

Sgt. G. : Ouais ouais, donc l...

G.G. : Pourtant d’aucuns disent que la machine musicale du Sgt Garcia, elle est inarrtable...

Sgt. G. : Ben ouais, mais on est un peu... L tu vois, on a pas beaucoup de pouvoir l-dessus. Mais sinon, le rythme des festivals, l c’est le dernier de la tourne ce soir, on est pas trop cuits (rires). En plus l il fait beau, alors c’est cool !

G.G. : Dernier concert de l’t... a veut dire que le travail va s’orienter vers un nouvel opus ?

Sgt. G. : Ben a y’est, l on a fini le nouvel album. Il est enregistr, il est mix, il est prt sortir, il va d’ailleurs sortir la fin du mois d’aot. Donc voil, c’tait un peu le tour de chauffe pour jouer les nouveaux morceaux avant de partir en tourne aprs, quand le disque va sortir, quoi. La tourne commencera mi-septembre, je pense... Et puis aprs... on va rester en Europe jusqu’ la fin janvier, on va aller dans pas mal de pays : France bien sr, Espagne, Italie, Suisse, Allemagne, Belgique... voil, a va aller jusqu’au mois de janvier.

Pierre : Ce nouvel album, vous l’avez enregistr dans quelles conditions ? Depuis l’album prcdent, vous saviez dj ce que vous alliez faire sur le suivant ?

Sgt. G. : Le prcdent tait sorti en fvrier 99... donc a fait quand mme deux ans et demi pratiquement... On a refait des morceaux petit petit, au fur et mesure des concerts... pendant les deux dernires annes, l. Et puis l’anne dernire au mois d’aot quand on s’est arrt on avait les deux tiers de l’album, donc on s’est mis a Paris pour finir les nouveaux morceaux, puis on a enregistr avant nol et puis on a mix au mois de janvier. En fait, les morceaux ont t faits pendant les tournes, donc on savait pas... Au dbut, tu sais jamais trop ce que tu veux faire, enfin si, nous on sait.... on a un peu ces deux ingrdients : salsa, reggae-musique jamacaine ou afro-cubaine, donc on tourne toujours un peu autour, mais part a, aprs heu... c’est free.

Ariane Melazzini : Au niveau composition, le Sgt Garcia, c’est toi...

Sgt. G. : Oui.

A. M. : ...Et il y a un autre groupe qui s’appelle Los Locos del Bario, comment a fonctionne en fait ?

Sgt. G. : Disons que... je suis un peu ce qu’on appelle Cuba "el director de grupo" (rire). Donc a part un peu de moi, les ides, le concept un peu gnral de l’histoire a part de moi, mais si je compose souvent les bases seul, je travaille avec mon pianiste et mon bassiste pour rarranger un peu tout a. Et puis ensuite on travaille avec les cuivres qui rajoutent les arrangements de cuivres, aprs on rpte tous ensemble, donc y’a un travail quand mme assez collectif qui existe.

G.G. : C’est dire que toi au dpart, t’es un peu comme un chansonnier qui amne...

Sgt. G. : Oui c’est un peu a, j’amne des ides, j’amne mes sons aussi, parce que faut dire que je travaille pas mal sur machine au dpart. Et puis aprs je refait jouer a par les musiciens et puis on rarrange a ensemble. Moi j’amne un peu la base, et eux des ingrdients...

G.G. : A l’image de ce festival, ton parcours a connu beaucoup d’volution, de Ludwig Sgt Garcia, y’a comme une mtamorphose quelque part, non ?

Sgt. G. : J’sais pas si y’a vraiment eu une mtamorphose, mais y’a eu une progression, une volution, ou c’que tu veux.... C’est sr qu’aujourd’hui, c’est pas... Mais en mme temps.... J’sais pas, des Ludwig au Sgt Garcia y’a eu plein d’autres projets qui ont fait que je suis arriv ce projet de Sgt Garcia, mais au dpart a a t un projet parmi d’autres, qui me branchait plus personnellement... c’tait l mon premier projet en solo, quoi. Mais y’a eu plein d’autres choses. Donc je suis pas non plus pass d’un groupe de punk salseros, ce qu’on est pas non plus d’ailleurs... On inclut la musique latine dans notre musique, mais on fait quelque chose de.... Je sais pas, aprs tout ce que j’ai entendu dire autour de a, il y a quand mme une nergie assez rock dans tout a, qui est assez proche de ce qu’il y avait dans Ludwig finalement. Donc l’esprit il est le mme, mme si la musique est diffrente. Avant on dansait comme a, maintenant on danse plus comme a.

G.G. : En fait la musique qui plait aux gens en ce moment, c’est du rock avec du soleil...

Sgt. G. : Non, mais je crois qu’il s’est pass, dans ces quinze dernire annes de musique en France, pas mal de changements, y’a eu beaucoup de nouvelles expriences, y’a eu beaucoup le public qui coute d’autres choses. Donc je crois qu’aujourd’hui on est, en tout cas en France, on est plus ouverts sur des musiques qui viennent d’ailleurs, sur d’autres cultures. C’est un peu tout a finalement, on est un peu le tmoin de tout a. Que ce soit des groupes comme Manu, ou moi, comme beaucoup de groupes aujourd’hui, pas seulement en France d’ailleurs, on mlange les musiques, a correspond au fait que la socit aussi chang aujourd’hui. Dans les villes il y a beaucoup de cultures qui cohabitent, et nous on est un peu le rsultat de a.

Vincent Aboucaya : Est-ce que tu gardes des contact tu as en ce moment avec l’Amrique Latine, Cuba en particulier ?

Sgt. G. : Cuba, oui. L’Amrique Latine, j’y suis pas encore all.

V. A. : Quels types de contacts, avec Cuba ?

Sgt. G. : Pas mal d’amis, pas mal de musiciens, des projets aussi l-bas.... Y’avait "Connexion Latina", un disque qu’on avait fait l’anne dernire Los Angeles, avec des musiciens du milieu hip-hop, avec Eric Bobo des Cypress Hill, avec les Delinquant Habits, un maxi qui s’appelait "Connexion Latina Paris-Los Angeles". Donc, l, le volume deux, a va tre Cuba. J’aimerais bien continuer a dans le temps, mais j’ai pas de date prcise pour la sortie de ces trucs l. C’est un peu au feeling, des collaborations comme a. Le but de ces disques l c’est un peu de dire qu’entre Compay Secundo et Ricky Martin, y’a quand mme une foule de musiques latines, de musiques diffrentes, et de gens qui font de la musique. Ce mouvement, il est p’ttr’un peu underground, mais il existe vraiment.

A. M. : Est-ce que tu es cout Cuba, est-ce qu’ils te connaissent ?

Sgt. G. : Oui, c’tait assez drle, parce que quand j’y suis all, la premire fois, c’tait en fvrier, et le disque tait dj pas mal pass, par la famille, les amis de ceux qui ont des amis cubains, donc y’avait dj pas mal de monde qui connaissait. Ils ont commenc mettre Amor pa mi en radio, et c’tait assez rigolo parce que personne ne me connaissait moi personnellement, on savait pas la tte que j’avais, mais les gens connaissaient la chanson. Il m’est arriv deux ou trois fois de chanter l-bas, et de chanter cette chanson, les gens taient tonns, il la connaissaient.

A. M. : a veut dire qu’ils croyaient que c’tait un groupe cubain ?

Sgt. G. : Hmm... quand ils entendent la musique, ils pensent que c’est un groupe cubain, aprs quand a passe en reggae, ils sont vachement surpris, donc ils se demandaient d’o a vient quand mme. Quand on leur dit que c’est un groupe franais, ils disent "non, mais le pianiste, il est cubain ?!"

A. M. : Pourtant l’accent, il est pas...

Sgt. G. : Ouais, mais force d’tre avec des latinos amricains... j’ai pris l’accent.

A. M. : Manu Chao dit que son dernier album est le moins politique de tous, toi par contre, tu revendiques plus...

Sgt. G. : Je le revendique pas... C’est pas forcment une premire lecture o tu vas te dire que c’est un truc vachement politique. Je pense que dj dans la musique le message il est politique. Le nouvel album s’appelle Sin Fronteras, sans frontires. Les chansons aussi sont pas mal axes sur le mtissage, l aussi on est dans le politique. Maintenant, mes chansons n’expriment pas que des choses trs politique, y’a des chansons d’amour, des chansons de fte, des chansons qui sont des petites chroniques. Aprs quand tu les situe, quand tu les ressors du cadre du disque... j’essaie toujours de donner un sens aux chanson... qui peut tre politique, mais qui est pas.... tu sais, la politique tu peux la retrouver dans beaucoup de choses. Aprs y’a une question d’attitude, y’a beaucoup de choses qui rentrent en jeux. L’album lui-mme, j’avais plutt l’impression qu’il tait moins direct que le premier. En Italie, les gens qui avaient dj reu le disque me disaient "il est vachement plus politique que le premier". C’est pas la mme perception des choses quoi.

Harry O’Hara : Y’a de nouvelles influences sur ce nouvel album ?

Sgt. G. : Oui, enfin, on a essay de... comme la musique qui nous inspire, c’est cette musique des carabes, on a trouv a assez rigolo de faire un voyage un peu l’envers de... des influences qui taient venues de la culture africaine, de la culture hispanique l’poque... de Cuba. Donc on a fait le voyage l’envers, on a fait un morceau avec des musiciens maliens, Amadou & Mariam, on a fait un morceau avec un guitariste gitan qui s’appelle Balbino, donc on retrouve un peu tout a dans l’album. On retrouve tous ces styles dans les carabes.

A. M. : Avec ce nouvel album, as-tu conserv la mme formation ?

Sgt. G. : Non, c’est les mmes musiciens depuis la sortie de l’album prcdent, c’est la mme quipe. On avait fait un plateau un peu spcial pour les Francofolies, avec Amadou & Mariam, Balbino et d’autres invits (malheureusement, on a pas pu jouer).

G.G. : Pourtant Amadou & Mariam, ils ont un ton qui est plutt dans la douceur, dans une certaine forme de gentille navet. Est-ce que pour vous, par rapport la machine rythmique qui se met en place dans votre musique, les muscles et la sueur... est-ce que a vous rafrachi un petit peu ?

Sgt. G. : Ouais, c’est une autre nergie ! C’est quelque chose de plus doux dans un monde de brutes ! (rire) Non mais a fait du bien, c’est vrai. Mais Amadou & Mariam, c’est aussi rythmiquement vachement riche, ils ont aussi un son trs rock quelque part, c’est presque du rythm&blues quelque fois.

G.G. : Vous avez fait beaucoup de festivals, est-ce qu’il y a toujours cette volont comme ici au Summer Festival, d’avoir une programmation ouverte sur d’autres continents ?

Sgt. G. : Ouais ouais. Depuis quelques annes on voit beaucoup de groupes qui viennent d’un peu partout dans les festivals, parce que c’est vrai qu’il y a en France un bon rseau de festivals dont la programmation s’est beaucoup ouverte depuis quelques annes. C’est pas pareil entre festival et concerts. En solo, tu peux jouer plus longtemps. En festival, t’as une heure, une heure et demi maximum, a te laisses un peu sur ta faim des fois. Ici on joue en derniers, donc c’est pas pareil. Mais les festivals c’est bien, parce que a nous permet de voir d’autres groupes, ce qu’on peut pas toujours faire quand on est en tourne tous seuls.

A. M. : La musique cubaine, c’est une musique de rue.... comment a se passe pour vous ?

Sgt. G. : Ben, on essaie de faire la mme chose. C’est dire qu’en studio, on prend deux jours. On met les musiciens, les instruments, on fait le son, on installe tout le monde, et on enregistre live, comme si on tait sur scne ou dans la rue. C’est important pour nous parce que quand on est dans un orchestre o y’a dix musiciens, y’a forcment des... ce qu’on appelle des conversations entre les instruments, et si tu fais piste par piste, que t’enregistres pas tout le monde ensemble, tu perds un peu cette nergie, cette spontanit de faire ta prestation. a, on essaie de la garder au maximum. Mais en fait c’est le problme que... quand tu passes de jouer devant chez toi dans la rue, jouer sur une scne, ce que tu cherches avant tout, c’est de recrer cette bonne ambiance qu’il y a devant chez toi quand tu joues pour ta cousine (rire). Donc aprs quand tu joues sur une scne, c’est moins difficile quand elle est petite, mais dans des festivals, c’est cette force qu’il faut essayer de retrouver, essayer de faire comme si c’tait dans ta rue.

A. M. : Parce qu’en Europe c’est moins naturel de jouer dans la rue...

Sgt. G. : Ouais c’est vrai, Cuba c’est naturel, quoi.

A. M. : Il y a des albums cubains qui sont enregistrs dans la rue.

Sgt. G. : Oui, tu mets des micros d’ambiance...

Pierre : a n’a jamais t important d’enregistrer Cuba ?

Sgt. G. : Ben coutes, on a hsit, mais j’ai estim que c’tait trop dangereux, parce que... on aurais fait la fte tout le temps (rire). Donc j’ai prfr.... on est all dans les Landes, dans la foret, au milieu, y’avait rien autour, mais rien du tout ! Comme a j’avais tous les musiciens, tout le monde tait l.... Paris aussi, a aurait t pareil...

A. M. : Les cigares et le rhum...

Sgt. G. : Ouais, justement... alors piano...

H. O. : Une version live de Sgt Garcia, c’est dj prvu ?

Sgt. G. : Ouais, l’anne prochaine peut-tre. C’est sr qu’on a envie de faire un album live un jour ou l’autre. On attendait un peu pour avoir deux albums, pour avoir un album plus complet. Donc, oui, srement l’anne prochaine je pense. On est invit au festival Beni More Cuba en septembre, mais on a pas encore la confirmation officielle, avec les dates, les salles et tout a, mais bon, priori a devrait marcher, et puis une fois qu’on sera l-bas, on va essayer de jouer un petit peu partout, on va rester une semaine. L’Amrique Latine est prvue, mais pour la fin de l’anne 2002, parce que a aussi, a met vraiment beaucoup de temps mettre en place. On est 18 sur la route, donc...

A. M. : Les cubains aiment bien que les petits europens viennent jouer chez eux ?

Sgt. G. : Ben ouais. Non mais les cubains, ils sont trs curieux de tout ce qu’il se passe en dehors, hein ? Et mme pas seulement... Nous on fait de la musique qui vient un peu de l-bas, mais ils sont curieux aussi vis vis de tout ce qui est rock, musiques lectroniques, hip hop. Ils n’ont pas du tout un ct chauvin vis vis de leur musique. Au contraire ils sont super gnreux. Moi, tous les musiciens que j’ai rencontr l-bas, c’tait vraiment super ouvert et gnreux.

A. M. : Ils sont conscients de l’influence de leur musique ici ?

Sgt. G. : Oui, ils savent qu’en Europe... D’ailleurs beaucoup de groupes cubains cherchent aller jouer en Europe ds qu’ils peuvent. Parcequ’il savent qu’en Europe y’a des conditions vachement bien pour les musiciens.

G.G. : Justement, quel est l’tat de la production musicale Cuba ?

Sgt. G. : Y’a normment de groupes, mais c’est plus compliqu parce que c’est trs organis. T’as des... a marche un peu comme des corporations, donc t’as celle des musiciens avec diffrentes classifications... Si tu sors de l’cole, ou non.... Et selon que t’es dans tel ou tel cas, tu joues pour tel ou tel truc, et t’es pay par l’tat pour jouer... donc c’est assez spcial quand mme. A cot de a, il y a d’autres avantages, c’est dire que quand tu rentres dans une cole de musique cubaine, tu rentres 10 ans, et t’es sr que quand tu sors vingt ans, c’est bon quoi ! Tu peux aller n’importe o...

H. O. : J’aimerais bien avoir ton impression sur la collaboration que tu as eu avec les musiciens de Cypress Hill.

Sgt. G. : Ben, a a t super en fait, a a t vachement marrant, parce que moi j’ai envoy un disque Eric Bobo qui est le percu des Cypress, donc l’album Un Poquito Quemao, en lui demandant s’il ne voulait pas faire des remixes. Il m’a rappel, je m’y attendais vraiment pas, en disant qu’il adorait le disque et que a l’intresserait vraiment de bosser avec moi. Entre temps j’avais rencontr les Delinquent Habits, un groupe de Los Angeles qui font du hip hop, ils sont mexicains. On avait aussi parl de faire des morceaux ensembles, du coup a s’est un petit peu mis en place, alors je me suis dit "on va aller Los Angeles", avec des bandes de l’album. L-bas j’ai donc rencontr Eric Bobo, qui est venu en France faire une session avec nous, une version d’Amor pa mi avec des programmations, il est rest avec moi quelques jours en studio, c’tait assez fort. Puis on est retourn l-bas, on a fait une tourne aux tats-Unis l’anne dernire, on a jou Los Angeles, ils taient l aussi sur scne... trs cool, quoi... trs trs simple.

V. A. : Tu as d’autres projets d’changes dans ce style ?

Sgt. G. : Ben, normalement Cuba, y’a un deuxime disque qui sera prvu d’ici un an ou deux, je pense... a prend du temps ! Enfin, j’prends le temps parce que la tourne va nous en prendre pas mal, et quand on retournera Cuba, je prendrai du temps pour prparer ce projet. Mais c’est trs informel encore, j’ai quelques personnes avec qui je sais que je vais travailler, des morceaux en prparation, des choses comme a, mais, pour l’instant, a n’en est que l.

propos recueillis par Gilles Gouget, Ariane Melazzini, Pierre, Harry O’Hara, Vincent Aboucaya...


 
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