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samedi 15 février 2003, par
Personnellement, j’ai toujours pas compris quel est le vrai titre de son dernier spectacle, mais la pensée de Romain Bouteille ne s’encombre pas de ces détails, elle fuse dans des contrées parfois oniriques sans pourtant perdre le fil d’une revendication drôlement actuelle. Homme libre, libre penseur qui connaît les conditions de sa liberté. C’est Rodolphe Gayrard qui recevait l’artiste.
R.G. : Alors j’ai l’honneur de recevoir, dans les studios de Divergence, euh... Romain Bouteille. Bonjour Romain Bouteille...
R. B. : Bonjour, eh eh.
R.G. : Et Serge Godoffe, du Thtre de la Plume, bonjour Serge.
S. G. : Bonjour.
R.G. : Alors, on est l pour parler du Compas dans l’il, c’est une cration, LA dernire cration de Romain Bouteille, qui se joue...
R. B. : Une horreur...
R.G. : Une horreur qui se joue au Thtre de la Plume. Alors a s’appelle... C’est un spectacle qui a un sous titre... Est-ce que vous pouvez nous parler du sous-titre ?
R. B. : Alors oui (rire). C’est Le compas dans l’il, mais le compas dans l’il, en fait, il s’agit d’un sous-titre, mais provisoire, parce que c’est l’histoire d’un acteur qui veut pas jouer la pice pour laquelle on l’a fait venir, voil. Alors le titre, qui deviendra petit petit dfinitif, peut-tre (d’ailleurs rien n’est sr) : Le retour de la fuse porteuse.
R.G. : D’accord, Le retour de la fuse porteuse. Alors, Serge m’expliquait que des fois vous changez le titre, vous jouez pas le mme spectacle, dans des endroits, et tout.
R. B. : Ouais...
R.G. : ...vous faites des blagues, comme a. Alors y’a un sous-titre au Compas dans l’il, c’est : Spectacle suicide d’un comdien qui en a marre de truquer les cartes...
R. B. : ...d’un comdien du troisime ge.
R.G. : Du troisime ge...
R. B. : Oui, pour lui faire plaisir (rires).
R.G. : ...du troisime ge qui en amarre des truquer les cartes en apprenant son texte par cur. Qu’est-ce que a veut dire, a ?
R. B. : Hooa, a veut dire : je l’fais avec des choses que je sais par cur depuis trs longtemps et qu’elles sont rejointes par de l’improvisation.
R.G. : Est-ce que c’est une sorte de... de dfi, comme a, que vous vous lancez vous-mme, et pour pas tromper le public, en fait
R. B. : Ah non, j’ai... Non non, l’histoire de pas tromper le public en sachant par cur... Non, c’est pour me changer la tte. Je suis... oblig, pour crire un texte, un nouveau spectacle, de trouver une nouvelle mcanique. J’me suis aperu un moment donn que je ne pouvais plus trouver une mcanique dont je ne me suis pas servi. J’tais devenu incapable.
R.G. : C’est dire que vous avez tout utilis dans votre parcours ?
R. B. : Mais... Les mcanismes, tu vois, par exemple : Discuter longtemps avec une bande enregistre toute vitesse, a, c’est pour moi une mcanique. C’est la mcanique qui va donner lieu l’histoire que j’vais raconter. La mca... Bon. Celle l, je l’ai trop utilise, cette mcanique du dialogue avec... Ensuite y’a des mcanismes... J’ai pens que j’allais me faire un spectacle sans paroles. Mais, mim. Mais bon, j’ai pas assez de souffle, pour me lancer dans un mime, qui aurait t un mime trs spcial, enfin bon, j’ai pas assez de souffle pour a parce que... point d’vue mouvements, j’fatigue un peu, quoi. J’ai une... espce de bronchite chronique qui me...
R.G. : Vous fumez pas, bien sr...S. G. : Non.
R. B. : Je fume jamais en...
S. G. : non, non.
R. B. : ...hors scne, hors de scne, j’veux dire.
R.G. : Alors, vous dites...
R. B. : Alors, j’tais oblig, pour avoir une nouvelle mcanique, de faire... un truc comme a. Y’a une roue de secours qui quand... elle tourne, je lance une flchette pour choisir un sujet. Mais j’me sens d’moins en moins oblig de faire le sujet qui est choisi... c’est truqu... Je... j’essaye que les choses soient le plus improvises possible, encore que a me met en tat d’inscurit, pour une raison simple, c’est que... si je me lance sur un truc que je sais par cur, je m’aperois que aprs j’ai beaucoup plus de mal improviser que si j’tais rest sur l’improvisation. Et, rciproquement quand j’improvise, j’ai des trous de mmoire, aprs, sur le par cur. Alors, y’a une espce de dosage qui se fait tout seul.
R.G. : Vous avez besoin d’improviser, dans vos spectacles ? Dans Le Rire du Yeoman...
R. B. : Il n’tait pas question d’improviser, l d’dans, hein !
R.G. : Oui. Y’avait pas d’impro, l d’dans, c’tait du... carr, quoi.
R. B. : De mme dans la... dans le...le... la fuse porteuse il est pas question d’improviser, c’est des alexandrins, euh... Et prcisment, effectivement, une fois j’me suis mis improviser et j’me suis dit que... que y’avait un trucage, c’est dire qu’j’avais une vieille habitude de faire le mec qui improvise en disant des textes par cur. Et cette habitude l, ehb... elle encombre, aprs.
R.G. : Dans Le compas dans l’il, vous tirez sur la roue, donc, des sujets coups de flchettes... Et vous parlez de quoi ?
R. B. : Oh, d’une espce de philosophie gnrale sur... on va pas dire tout, mais sur le systme montaire...
R.G. : Vous balancez quand mme pas mal, quand mme...
R. B. : Ah oui. C’est pas gentil. En particulier les spcialistes de l’obissance. C’est dire comment un bonhomme arrive obtenir un poste en obissant depuis tout p’tit, et... Et qu’sa seule motivation, c’est la rcompense l’obissance, sa vocation c’est d’obir, et puis... Il passe son diplme assez facilement, y pourrait apprendre le Bottin... Et puis il se prend, aprs, pour un intellectuel, et puis on lui donne un poste dans lequel il est suppos commander. Et il peut pas commander. Commander, a s’apprend en naissant. C’est pour a que les aristocrates commandaient tellement bien, malgr un rgime pas possible, c’est qu’ils apprenaient commander depuis qu’ils avaient 20 ans, quoi. Et a c’est une autre notion des choses.
R.G. : Vous trouvez qu’on obit beaucoup dans notre socit, l, qu’on est tous vou obir, tre domin ?
R. B. : Mais plus on monte dans la hirarchie, plus on est obissant, c’est a qui est extraordinaire. Donc c’est la certitude, quelque apparence du contraire qui puisse avoir lieu, c’est la certitude qu’un bonhomme qui a pass des diplmes n’est plus du tout fait pour commander, puisqu’il a prouv que sa capacit tait avant tout l’obissance. Euh, il faut qu’il... chaque fois qu’il passe un examen, il faut qu’il mette de ct tout ce qui est raliste, c’est dire tout ce qu’il est interdit de dire. Tout ce qui n’est pas convenable. Mais il n’a pas de mal le faire puisqu’il est amoureux de tout ce qui est convenable de dire. Donc, c’est... Il plat au truc d’au-dessus. Quand il est au sommet, on s’demande pourquoi a peut pas marcher. Mais il n’y a aucune chance pour que a marche !
R.G. : Donc le but de chacun, c’est de monter dans l’obissance, finalement.
R. B. : Le but, la ncessit pour passer un examen, c’est d’tre motiv. Et pour tre motiv passer l’examen, il faut tre amoureux de ce qui est suprieur soi. C’est pas compliqu, cet amour, voil, a entrane la motivation qui donnera la mmoire, et tout c’qui fait, cet amour un moment donn, ben il va tre coup net, et va laisser le mec dans l’incapacit de commander. On se demandait tout l’heure pourquoi les thtres subventionns n’marchent pas, tu vois ? Eh eh, le mec, il a t choisi et il a eu le poste pour commander, prcisment parce qu’il n’tait pas artiste. S’il avait t artiste, c’est pas compliqu, il aurait jamais eu le poste. L’artiste, c’est quelque chose qui n’obit pas, parce que... Bon, c’est un mgalomane, par ailleurs a peut tre le pire des bonhommes, a peut tre une basse ordure... Mais artiste, a veut dire qu’il est pas capable de passer un examen, puisqu’il ne peut pas liminer la majorit de la ralit qu’il faut liminer pour pouvoir tre aim par l’examinateur.
R.G. : Alors a, c’est un thme qu’on trouve dans Le compas dans l’il, mais il y en a d’autres... La roue est grande, je suppose. Ah ? Elle est pas si grande que a, 20 30cm ? M’enfin y’a de quoi mettre pas mal de choses dessus...
R. B. : Voil. Bon, ben c’est la base. Y’a... y’a 120 pays dans l’monde, 120 sont montaires et hirarchiques, et les 120 s’demandent pourquoi a marche pas, quoi. C’est dire que bon, le niveau intellectuel de nos... des gens qui nous enseignent est ... il est catastrophique. Ils tablissent pas d’rapport... c’est compltement religieux, quoi.
R.G. : Religieux ?
R. B. : Ah oui. C’est dire que c’est tout... fond sur la foi, euh... Puisque lui il a russi, alors c’est qu’il est fort. Alors que ce qui s’passe c’est tout fait l’contraire.
R.G. : Vous pensez qu’c’est a qu’on apprend aux enfants dans nos socits ?...
R. B. : Ah ! on leur apprend pas penser, non, surtout pas. La pense dmarre avec la dsobissance, autrement a peut tre trs bien, mais c’est artisanal, et c’est technique. Il s’agit, dans l’autre cas, d’admettre les postulats que l’enseignement vous envoie, de les admettre vraiment et d’y adhrer fond, et surtout sans les remettre en question ! Parce qu’il y a ehh... Parce que si tu t’pointes au bac philo remettre en question que Descartes a lch une grosse connerie, euh...L’examinateur y te dit Ah ! ben arrtez d’faire votre intressant, ou c’est zro, l, pour la question.
R.G. : Tout le systme est bas l-d’ssus, en fait.
R. B. : Ah oui, exactement. C’est un systme de foi totale, quoi.
R.G. : Et ceux qui s’en loignent sont ou des artistes, ou des... Des oublis...
R. B. : Ou des gnies.
R.G. : Des gnies, ouais...
R. B. : Mais... Einstein, il est typique, pour a, parce qu’il est... C’est un gnie des maths, et c’est un mauvais mathmaticien. Il a pas pu passer d’examen, voyez, srieux, et c’est lui, donc, fatalement, qui trouve, donc, la thorie en question. Et c’est tout l’temps comme a. Chaque fois qu’une invention est faite, chaque fois que... il apparat un Coluche, ou un n’importe quoi, Depardieu... Chaque fois c’est un mec qui a une absence totale de culture, de culture officielle, mais qui est pas all l’cole, mais... il y a trs trs peu d’exceptions.
R.G. : Oui quelqu’un qui...
R. B. : Qui est simplement oblig d’inventer ses propres systmes mentaux parce qu’il peut pas choper les formules algbriques, quoi.
R.G. : Voil pour le spectacle. J’aimerais aborder avec vous un sujet... propos du thtre. D’une manire plus gnrale, qu’est-ce que vous pensez du thtre aujourd’hui ? Comment vous le voyez ? Est-ce que vous pensez que le thtre aujourd’hui est... tiens sur ses deux jambes, ou ?...
R. B. : Il est extrmement handicap, quoi.
R.G. : Handicap ?
R. B. : Ben oui ! Il... il est subventionn....
R. B. : Tu peux pas faire de.. de miracle, tu peux pas... confier grer euh... neuf milliards un vritable artiste. Parce que a serait foutre les milliards en l’air directement, l... tu vois ?
R.G. : Vous pensez que a vient de l le problme ? Que l’on confie de l’argent des administrateurs qui sont pas des artistes ?
R. B. : Y’a une autre raison. Depuis le temps... parce que : Un bonhomme, quand c’est la mode... de faire du grand art... Par exemple en Italie, au moment d’la fin d’la guerre quand ils taient dans une misre noire, ils ont fait les noralistes, ils ont fait des choses... poustouflantes, etc. Mais pourquoi ils pouvaient les faire ? Ils avaient pas un rond, ils avaient aucun moyen d’se distraire. C’qui fait que quand un Felini tournait une squence dans la fontaine de machin, y’avait 3 metteurs en scne qui s’pointaient toute la nuit pour le plaisir pour le plaisir d’aller bouffer tous ensemble quand il aurait fini le... machin du tournage. Ils r’gardaient... des tournages ! C’est fa... C’est tout bte ! Du coup la mode se rpandait d’une manire... d’une manire de tourner qui tait inspire, quoi, tout btement inspire. a, en c’moment c’est pas la mode. La comdie elle-mme n’est pas la mode... Le genre grand acteur, c’est un genre qui ne rsonne pas, c’est un....Maint’nant si tu dis aux gens " Ben, oui vous tes bien sympa, mais pour voir monter des belles pices... d’abord il faut que vous connaissiez fond la misre ", c’est un clat de rire quand tu dis a, tu vois ? Et pourtant c’est des paroles de Jouvet, quoi, tant que le thtre aura besoin de beaucoup d’argent pour dmarrer, ben il fera jamais de l’art, c’est euh... pfft ! C’est automatique.
R.G. : Vous, vous avez mont le Caf de la Gare, tout le monde le sait, avec Coluche etc...
R. B. : C’est un bon exemple.
R.G. : Et vous aviez pas de rond du tout, justement... et a a trs bien march trois mois aprs l’ouverture.
R. B. : Oui. Et y’a une anecdote...
R.G. : En fait, finalement, c’est de l’insouciance : On a pas d’sous, alors vogue la galre.
R. B. : Ah non. C’est pas d’l’insouciance, non. C’est, c’est autre chose. J’vais vous donner un exemple qui est caractristique. On avait des copains qui taient architectes, qui s’taient occups d’faire le centre Beaubourg etc. Et on s’apprtait construire le deuxime Caf d’la Gare, c’tait un gros thtre de 400 places.
R.G. : Dans le Trou des Halles ?
R. B. : Pas dans l’trou, m’enfin, c’est ct de Beaubourg. Eh ben, eux, ils ont dit en copain, pour faire le moins cher possible, on va vous faire des plans. Et on leur avait d’mand, bon ben en mettant... c’est dire on va vous faire des plans, et on va vous... faire...comment dire, on... faire les donnes administratives qui permettent de construire etc. Le prix qu’ils nous demandaient pour le faire, en tant que bons copains, a a t la moiti du prix qu’ cot le caf de la gare, construit.
R.G. : Rien que pour les plans.
R. B. : Pour le plan. Le plan faisait la moiti. Donc, on a construit sans plan. Et le fait de construire sans plan a apport des trucs extraordinaires. Bon, on a gaspill un peu d’matire mais c’est rien. On dessinait par terre, directement, comment on allait faire le gradin, le toit, enfin tous les.... C’est dire qu’on construisait pas un thtre depuis le dpart, mais fallait tout refaire, c’tait un capharnam...
R.G. : Est-ce que a veut dire que le fait de ne pas avoir d’argent autorise plus de libert, ou ?...
R. B. : Ben, si on avait eu du fric, on avait plus aucune raison de construire a comme a. Bien entendu il aurait t en bton, on aurait eu des... on avait rien inventer de nouveau pour le construire. Tandis qu’l on a t oblig d’inventer comment faire un lieu recevant un public dans les normes CN1500, avec donc 21 membres de la commission d’hygine et de scurit qui va v’nir la fin ; comment le faire sans sortir de fric...
R.G. : Comment vous avez fait, alors ?
R. B. : Ben dj tout l’monde tait patron, c’est dire qu’ils co-construisaient un thtre... pour moi, chacun construit pour soi. Ensuite, ils avaient confiance, ils avaient dj t patron pendant un bon moment. Ensuite ben... chaque fois qu’on tait devant la contrainte... Imaginez un moyen de construire ce mur l sans mettre rien qui dpasse les 250 balles, eh b... les pavs fallait les trouver. Alors tu t’retrouves finalement avec un mur fait en pav de la rue, quoi... dont pas mal ont t vols, quoi (rires).
R.G. : Alors va p’tt falloir les rendre ?
R. B. : Mme l’outillage. L’outillage, c’est le... INNO d’ ct qu’y a fourni TOUT. Mais tout, videmment qu’a a t vol. He he !
R.G. : Alors videmment a suscite la dbrouillardise, le manque d’argent. Mais est-ce que a suscite pas aussi la cration, parce qu’il faut trouver d’autres solutions etc...
R. B. : Ben, a suscite surtout une confiance les uns dans les autres, tu vois ! Et la puissance d’un groupe, o pour huit personnes, t’as huit cerveaux, c’est dire un groupe compltement dhirarchis. Normalement pour huit personnes, t’as qu’un cerveau.
R.G. : Justement est-ce que a a march, a ?
R. B. : Et les gens, plus... moins ils ont travailler, comme cerveau, c’est dire commander, plus ils ont tendance s’endormir, et ils s’endorment totalement.
R.G. : Et est-ce que a a march longtemps, a, le fait d’avoir huit cerveaux, huit patrons, comme a ?
R. B. : Ah ben a a march de 69, en gros 85-90, quoi. Aprs pour nous enfoncer il a fallu des procs, il a fallu un dcret interdisant de dire qu’on est tous patron. Parce qu’videmment... on truquait tout. En tant que patrons, on tait suppos n’tre imposable que sur du bnfice, puisqu’il n’y avait pas de charges de salaires. Mais a, eux ils le savaient pas, aux impts. Mais pour ce qui est des impts, on avait... il restait pas d’argent, parce que fallait bien qu’on paye les gens, hein ? Bon, alors a c’tait une chose pour les impts. Mais pour les charges sociales, c’tait l’contraire. Bien entendu qu’il n’y a pas de charges sociales, puisqu’on est patron. Alors une fois qu’il y a eu ce procs pour sept cafs-thtres, procs qui tait d’ailleurs assez juste pour les autres, puisqu’ils n’taient pas en anarchie, mais pour nous ils taient pas justes puisqu’on tait effectivement en anarchie. Alors l, euh, on a gagn contre les charges sociales, on a commenc par gagner, et l-dessus, notre avocat... Il s’est fait rayer du barreau et ils nous a pas dit qu’il tait ray du barreau. Comme on est all en appel, il a envoy sa petite secrtaire, qui elle tait avocat mais ne connaissait absolument rien au dossier, et nous on savait pas qu’on a pas le droit de parler en appel, donc on s’est fait enfoncer avec effet rtroactif, c’est dire 200 briques de charges sociales payer.
R.G. : Donc finalement le prix payer...Au niveau public, qu’est-ce que vous pensez du public aujourd’hui ?Est-ce que vous trouvez pas qu’il a un petit peu chang. On parlait de tomates... il ne vient plus avec ses tomates, quoi. Le public est prt, finalement, accepter tout et n’importe quoi ?...
R. B. : Le public il est toxico. C’est dire, a veut pas dire qu’il prend des drogues dures, a veut dire que... Il est dans un climat qui est de prparation aux drogues dures. C’est dire que tout ce qu’on lui vend, n’est-ce pas, sont des produits rpertoris comme tant prparatoires la drogue dure. Et a, on connat a par les enseignants... Non, pas les enseignants, les... mecs qui s’occupent de... de soigner des groupes de drogus. Il savent que si dans la communaut o ils soignent les mecs... s’il apparat des chips, s’il apparat des fromages cuits, comme la vache qui rit, qu’il apparat des... y’a une srie de produits qui prouvent au moniteur que a y’est, y’a quelqu’un qui est raccroch la drogue. Ils le savent automatiquement. Or, le principal produit, qui accroche la drogue, c’est un cran qui s’appelle la tlvision. Ceci indpendamment d’ailleurs de l’mission qu’on prsente, d’ailleurs a peut tre un trs bon film... Indpendamment. La passivit, rception sans participation, c’est dire sans tre oblig d’tre en foule et d’avoir une opinion, cette rception l est toxique. C’est pas compliqu, hein.
R.G. : Alors comment elle se reporte sur le thtre ? Quel effet elle a sur le...
R. B. : Pour les toxi... le thtre a un dfaut, c’est qu’il n’est, en principe...encore qu’maint’nant c’est fini, m’enfin... En principe le thtre n’est pas toxique, c’qui fait que pour un client de tlvision, c’est un produit ingrat, c’est un produit qui est dur, tu vois.
R.G. : Qui rclame un effort.
R. B. : Ouais. Mm... Une fois qu’ils sont sur place, a rclame pas des fois. Mais le systme exhibiteur de l’action, c’est dire la mise en marche pour aller au thtre suppose qu’il faudrait qu’ils aient la garantie d’avoir sur scne un petit peu de produit toxique.
R.G. : a se manifesterait comment ?
R. B. : Oh, ben par exemple, l o on a beaucoup moins de souci, c’est quand y’a de la femme trs dshabille, voyez ? Ou bien de l’rotisme, a va beaucoup mieux, dj. a fait venir les gens, etc. Mais la... a se complique du fait qu’on prsente comme de la culture quelque chose qui n’en est pas du tout. La culture c’est un monde de... de dsobissance et de preuve, il faut donner la... la preuve de ce qu’on avance, il faut dcortiquer les choses, c’est d’la mcanique, et eux ils veulent pas que ce soit d’la mcanique. Donc y’a dj toute une partie de la culture officielle qui est toxique.
R.G. : Parce que justement elle apporte ces choses l ?
R. B. : Ben tu vois quand t’entend un acteur faire euh... " Les fleurs de calabras dans la campagne fleurie, overdoseoverdose critique, art, mon dieu, chadadata dadata ", c’t’espce de discours compltement zdleap !... Il est parfaitement toxique. Et c’est pour a qu’il a lieu.
R.G. : Oui. Il est lnifiant, mme.
R. B. : Ah oui oui. Mais il attire une partie des toxicomanes, enfin, des futurs candidats la drogue dure.
R.G. : Si je comprends bien votre pense, vous dites que la tl amne une dpendance que le thtre est oblig de suivre pour continuer fonctionner, sinon... Si par exemple le thtre se dgage de a, est-ce que a peut fonctionner, ou pas, selon vous ? Est-ce que les toxicos dont vous parlez vont venir, au risque de... de s’ennuyer finalement ?
R. B. : C’est dire que... en systme montaire, le cas est exclut. Le thtre n’a aucune chance de se dgager de a. Si, mais uniquement dans des pices qui ne cotent rien, videmment. C’est dire que, on voit, en Avignon, de temps en temps un one man show qui est extrmement nourrissant, et qui est pas du tout toxique. Mais a ne peut venir que de cette base, qui il est pas question, videmment, de donner un centime. Tu rigoles !
R.G. : On dirait que c’est un systme qui se maintient en s’ignorant.... Il est peut-tre pas aussi mauvais que a, parce qu’il permet ce qui n’ont pas d’argent de ne pas tre toxique et de continuer donner quelque chose de bon vers le public et de d-toxifier un petit peu le public, et le thtre, quoi. Quelque part a...a s’quilibre, tout a.
R. B. : Ah mais en systme montaire, euh... comment te dire. C’est comme des cagettes de pomme de terre. S’il t’en as une qui est pourrie... Y’a une faon de s’en sortir ; ben... elle commence : c’est de russir, sans aucune faille, massacrer tous les pauvres. Mais c’est difficile russir, parce qu’il faut avoir l’approbation globale des riches pour le faire. Mais c’est ce qu’on cherche faire.
R.G. : Mais les riches ne peuvent pas tre d’accord. S’il n’y a plus de riches, y’a plus de pauvres.
R. B. : Mais si si si.
R.G. : Y’a moyen d’tre riche tout seul, ou riche parmi les riches ?
R. B. : Oui, en perfectionnant les machines, enfin tu vois ? Oui, on leur fait croire en tous les cas qu’y’aurait moyen de s’en sortir sans les pauvres. Alors bon, alors on est oblig, carrment d’envoyer le sida en Afrique, de faire un tas de choses comme a, dans l’espoir... Personne ne le veut, hein, c’est vraiment la partie inconsciente de la socit, qui revient au mme que si on voulait le faire. Et c’est automatique. Si y’a un hpital... je sais pas, au Soudan, qui a dcouvert un moyen de faire le vaccin anti sida prix bas, et qui va pouvoir le divulguer chez les pays pauvres, eh bien il est bombard. Automatiquement. Alors les prtextes sont les prtextes.
R.G. : Parce qu’il remet en question l’quilibre ?
R. B. : Ben oui. Il a piqu le brevet. Alors le brevet est absolument sacr, c’est la loi de la proprit. Et il est hors de question de dire qu’il existe plusieurs sortes de proprits, celles que l’on doit protger, c’est dire celle qui est ncessaire l’individu, et celle qui faut absolument pas protger, c’est dire la proprit superflue et inutile. Il est scandaleux que quelqu’un soit autoris avoir deux appartements pour une seule famille. C’est l’hystrie quand on en arrive l, y’a plus d’limites. Il est scandaleux que dans un Carrefour, le bb... La maman arrive la caisse, le bb se retrouve devant des objets qui sont l, et on va jouer sur les pleurs du bb avec sa maman pour obliger la maman soit engueuler le bb brutalement devant tout le monde, soit cder et acheter l’objet. Quand t’en es l, les camps de concentration ils sont dj... absolument possibles, y’a plus de problme, tu vois. Il suffit que a se passe discrtement, secrtement dans un coin.
R.G. : En fait c’est une manire de canaliser les gens, les envies, les motivations etc. D’obliger, en fait.
R. B. : Dans le systme montaire y’a pas d’me, c’est pas compliqu.
R.G. : Vous pensez que tout est sur ce modle montaire dont vous me parlez, le thtre y compris ?
R. B. : Ah ben tout est en systme montaire, hein. a permet tout, a permet l’administration, a permet tout c’qui nous fait perdre tout... tout intrt la vie, toute...
R.G. : Est-ce qu’il y aurait un moyen pour le thtre d’y chapper, cette...socit montaire ? De continuer ne pas avoir de subvention, d’tre toujours... misrable et de continuer faire du thtre ?
R. B. : Ben par exemple (rire). Ben oui, quoi, La Plume y arrive. Encore, t’es subventionn, toi, t’as...
S. G. : Quoi ?! Quoi ?!
R. B. : Toi t’es RMI. Et il touche quelque chose comme 1800 francs par mois.
S. G. : C’est une honte !
R. B. : Hihihi. C’est scandaleux. C’est trs dangereux !
R.G. : Donc le prix payer pour tre hors de ce systme montaire, pour... garder son me, il est cher, ce prix. En fait il oblige les gens ... Un peu faire comme vous quand vous avez dmarr le Caf de la Gare, faire a avec... rien, quoi.
R. B. : Et encore, moi, si je m’amuse des considrations comme a, c’est que par hasard, j’me suis pas r’trouv subventionn.
R.G. : Si vous aviez trouv de l’argent quand vous avez mont le Caf de la Gare, qu’est-ce que ce serait devenu, comment a aurait tourn ?
R. B. : Ben y’aurait pas eu de Caf de la Gare. L’argent aurait t remis l’un d’entre nous, et on se s’rait retrouv en hirarchie, puisque l’argent n’aurait pas... Il aurait fallu qu’ la rigueur, elle soit distribue entre les huit membres, chacun ayant droit sa part, et investissant videmment dans la construction. Mais a, a aurait t compltement utopique. C’est dire qu’une fois que les gens auraient eu de l’argent, oh ben... Avant de jouer, il avaient pas envie de faire de la comdie. C’est uniquement quand ils ont jou, quand ils taient obligs, parce que sinon : Ou tu jouais, ou en tant que patron t’tais oblig de te payer un acteur qui jouerait ta place. Alors ils ont compris trs vite o tait leur intrt. Mais parce qu’on a eu la chance de tomber sur des mecs qui n’avaient aucun espoir devant eux. Parce qu’aucun diplmes, rien. Ils taient vous soit tre... En, tout petit employ de banque, le plus bas possible, plutt balayeur. Coluche, qui tait vou tre gangster, et il tait mme pas dou pour tre gangster. C’est dire que son avenir, il tait noir. Mais vraiment sortir les poubelles, ou...p’tt’ pas les poubelles, mais euh... Un boulot d’ouvrier d’une tristesse infinie, quoi.
R.G. : Aprs, a s’est ensoleill, quand mme.
R. B. : Ah ben aprs, videmment. C’est... Mais le hasard a fait beaucoup. Parce que la thorie tait l, hein. Si on veut faire quelque chose de bien, et c’est la thorie que j’ai impos Coluche. Parce que c’est lui qui voulait faire un Caf de la Gare. Moi j’ai dit j’veux pas dev’nir patron d’une boite ! Et moi j’tais un peu connu l’poque. Alors j’ai dit ah ben oui, mais attention, moi je suis Garde des Sceaux. C’est dire qu’il y a 12 lois qui instituent de l’anarchie, et ces douze lois, je les impose. Comme on peut pas punir, euh.. c’est une faon de parler. Mais moi, ou le thtre se fait avec les douze lois respectes (toutes des lois qui empchent d’interdire), ou moi alors, je... j’en fais pas partie, j’me tire.
R.G. : Et a a fonctionn avec ces douze lois ?
R. B. : C’est automatique, a. Alors une fois qu’t’appliques les douze loisd’anarchie, que t’as des mecs pauvres etc, les gens se ruent ! Rooaaahhr !
R.G. : En fait la chance que vous avez eue, c’est de pas avoir d’argent, quoi.
R. B. : Eh ouais.
R.G. : C’est terrible comme constat, je trouve.
R. B. : Mais l’argent change l’me ; mais compltement ! Je sais pas si l’me est mieux ou moins bien, mais l’me... Mais elle change forcment.
R.G. : Est-ce que a a chang le Caf de la Gare ?
R. B. : Ah ben depuis, il a chang. C’est devenu un bon thtre normal, maintenant.
R.G. : Non, mais je veux dire que c’est l’argent, un moment, qui est intervenu la priode Dewaere, Coluche, de tous ces gens l. a a quand mme un peu modifi, parce qu’aprs, a a boug. Coluche est parti...
R. B. : Aprs, pour un metteur en scne de cinoche, il se pointait et puis il prenait...Oh ben j’vais prendre celui l, il est bien. Moi j’prend ces trois l... Ils venaient sur le march, tranquilles, alors videmment l... Arrgg. M’enfin c’est pas vrai parce que chaque fois qu’une vedette de la troupe partait (parce que les rles taient gaux, il pouvait pas y avoir des rles de faire-valoir, et c’est vrai que c’tait un problme pour l’criture), eh ben quand une vedette se tirait tu t’apercevais que toute la troupe remontait en qualit. C’tait automatique, tu vois, parce que une vedette c’est chouette, parce que a marche bien et tout a, mais, en mme temps a occupe de la place, et cette place, les autres peuvent pas l’occuper.
R.G. : Et donc quand ils partaient...
R. B. : Cette place se r’trouvait...Y’avait une respiration. Et tout coup, chaque fois...Dewaere, qui tait fabuleux, comme clown (pas du tout le mme acteur qu’on voit au cinma), c’est vraiment un personnage, HEUREUX, qui tait l. Chaque fois que... Guibet est parti, Dewaere est parti, Miou-Miou est partie, Coluche est parti, et ben chaque fois, le succs, le lendemain a t augment, et non pas diminu.
R.G. : a motivait en fait les comdiens qui restaient.
R. B. : Eh oui, parce que y’avait panique sauvetage ! Il fallait russir sans le rle de.. etc, raconter la mme histoire, quoi.
R.G. : Pour revenir au public, est-ce que vous voyez une solution pour dtoxifier le public, pour qu’il arrte de se nourrir de la tl et revienne au thtre ?
R. B. : Y’a une solution, c’est la fin du systme montaire. C’est dire que pour que les gens admettent la fin du systme montaire, faut qu’il y ait une panique plantaire totale, totale. Mais ils vont tre obligs de... enfin, mon avis on va tre oblig d’y passer.
R.G. : La fin du systme de l’argent, en fait. Alors a serait remplac par quoi, on changerait ?
R. B. : Ben dj, a foutrait la hirarchie en l’air, quoi. On s’retrouverait dans un systme d’change, un systme de prisoutat, ils appellent a, les anarchistes ; les vieux appellent a comme a, qui est systme compliqu, mais qui demande beaucoup de temps pour tre mis en place, etc. Et l, videmment on pourrait parler de rgnrscence de quelque chose mais alors autrement, y’a pas de mthode, puisque nous, tout ce qu’on peut faire est forcment montaire, y compris si on a pas d’argent. Y’a pas de mthode qui puisse faire entrer dans la tte des gens une envie qui est biologiquement teinte, quoi. On peut pas rveiller le systme exhibiteur d’une personne qui est en tat d’interdiction permanente, quoi.
R.G. : Vous pensez qu’il n’y a aucune issue, sinon la fin du systme montaire. Est-ce que le thtre a pas quelque chose faire l-dedans, a pas sa carte jouer ?
R. B. : Tout, dans tous les secteurs, tout le monde demande des amliorations, dans tous les secteurs. Jamais on a vu quelque chose s’amliorer d’aucune faon, jamais. Sauf en cas d’extrme violence, c’est dire les grves de36, les lendemains de guerre o y’a eu des ombres de libert, l’avnement... comme le tout dbut de Mitterand, mais c’est... toujours sanglant. Jamais les ouvriers n’ont obtenu une faveur d’un gouvernement quel qu’il soit sur terre, jamais ils ne l’ont obtenu autrement que par la violence. a, y’a que la violence ; c’est malheureux, parce que a... La prochaine violence elle risque de faire un nombre de morts !Monstrueux, quoi.
R.G. : Ouais, elles sont dj en route.
R. B. : Elles sont dj en route.
R.G. : Le thtre lui-mme a-t-il encore sa lgitimit ?
R. B. : Oh ben, le bateleur a sa lgitimit. Il faut...
R.G. : Est-ce que c’est pas mis en danger ?
R. B. : Non non.
R.G. : Vous pensez qu’il y aura toujours des scnes avec des acteurs...
R. B. : Oui oui. a c’est immortel. Parce que a cote rien. Alors tant qu’il y aura pas l’interdiction de parler en public (ce qui risque de venir), mais le...a sera clandestin, mais on continuera, y’a rien faire. On a jamais pu empcher a en URSS, on a jamais pu empcher les gens de parler en public.
R.G. : Peut-tre que le seul moyen d’arrter a serait de faire couler des flots d’argent sur le thtre, peut-tre que l, on le tuerait vraiment.
R. B. : Ce qu’on tuerait, c’est pas du thtre qui a de l’importance, il n’a aucune importance. Mais on pourrait par le mme biais, avoir une chance d’amliorer les programmes tl. Mais c’est dj du thtre toxico, le thtre pay. a, la seule chose qui est pas toxico, c’est le bateleur qui est au coin de la rue, c’est des gens qui font du thtre prcisment parce qu’ils sont dans la misre.
R.G. : Alors vous, ce que vous faites dans Le compas dans l’il, c’est pas du thtre toxico. R. B. : J’essaye de faire a le moins possible. Mais faire qu’il ne le soit pas du tout... a, c’est pas possible dans le systme montaire. J’essaye, j’essaye ce que a soit pas toxique, j’essaye de raconter ces phnomnes la, mais... j’suis quand mme pay pour le faire, c’est pas du vrai. C’est un ersatz de non-toxico (glousse-ricane).
R.G. : Vous pensez que tant qu’il y a de l’argent dans les enjeux, y’a de la toxicit ?
R. B. : L’argent est toxique. Y’a rien faire. Avant on disait l’argent est l’humiliation de l’humanit... Non, simplement il est forcment toxique. L’argent te tire chaque individu, et il rsiste comme il peut, vers la consommation de drogues dures, a, y’a rien faire !
R.G. : Et les drogues dures dont vous parlez, qu’est-ce que a peut tre, part celles qu’on connat tous ?
R. B. : C’est pas une image. C’est la recherche de sensations pour des gens qui ont cass leur systme exhibiteur de l’action. C’est dire qu’il y a deux systmes, y’a un systme qui dsire quelque chose, voyez ? a, c’est ce qui a t mis en place par Laborie. Laborie est assez propre puisqu’il n’a jamais touch de subvention alors qu’il avait fait les plus grosses inventions contemporaines... Y’a un systme qui dsire, qu’il amis en place et dmontr cliniquement. Mais ce systme ne bouge pas pour aller vers l’objet qu’il peut dsirer. Pour qu’il se mette en marche pour aller prendre l’objet de son dsir, il faut que un produit scrt dans le sang rveille le systme exhibiteur de l’action. Alors a, c’est indispensable. Ensuite, si le systme exhibiteur se met en marche, la personne va vers l’objet dsir. Mais s’il se prsente une interdiction entre lui et la personne, le produit scrt reste en suspension dans le sang et s’attaque au thymus. Autrement dit, chaque fois qu’un bonhomme est contraint l’obissance, ou est contraint par un tabou ou un interdit, il prpare une maladie, il dmolit son systme immunitaire. C’est pas compliqu, et c’est absolument inavouable, parce que avec la sacralisation du travail, on peut pas admettre a.
R.G. : C’tait Romain Bouteille, merci Romain, merci Serge.
R. B. : Alors, qu’on fasse quand mme pas trop trop confiance cet aspect un peu scientifique. L’aspect scientifique que j’donne, c’est un canular parce que dans la... le langage qui a des apparences scientifiques, y’a du toxico, faut s’mfier aussi d’a.
R.G. : Mfiez-vous du toxico-.
Propos recueillis par Rodolphe Gayrard.
P.-S.
Toujours lui, mais ce coup ci sur boodu.com










