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- Pascale Toureille
lundi 24 mai 1999, par
Pascale Toureille est photographe, elle tient aussi le pinceau, réalise des bijoux. Elle intervient aussi en milieu hospitalier où elle transmet des méthodes d’expression et de création, vecteurs de la transformation de soi. Beaucoup de ses images sont prises au cours de voyages dont elle ne pourrait se passer...
Extraits de l’interview de Pascale Toureille, au micro de Gilles Gouget.
G. G. : En voyant votre exposition on se rend compte d’un travail de ce qu’il y a dans le cadre mais aussi du cadre lui-mme.
P. T. : On pourrait dire un travail sur le rapport du cadre l’image. Je trouve que les photos seulement encadres par un sous-verre, c’est un peu vide, et c’est intresant de travailler le cadre par rapport l’image, et parfois l’image par rapport au cadre. Le cadre est un peu ce qui matrialise l’image : pour moi l’image est du domaine du rve, le cadre, c’est ce qui l’inclut au mur, ce qui l’asseoit dans la ralit, c’est pourquoi a vaut le coup de le travailler aussi de faon artistique.
G. G. : Aprs "Morceau choisis de ralit 97", puis "98" et maintenant "99", une explication de ce titre ?
P. T. : Je trouve que c’est un titre qui correspond bien mon travail, tant donn que je fais beaucoup de macro et que je choisi souvent des dtails, des morceaux.
G. G. : ...des dtails architecturaux qui reviennent, je pense notament une porte marocaine, une aligement d’encadrements de portes italien, il y a aussi des barreaux. Est-ce que ce sont des choses qui vous inspirent plus que de prendre un paysage, ou des gens ?
P. T. : J’essaies plutt de toucher ce qui porte des traces du temps, et les matires en gnral. a peut-tre un morceau de rouille, ou aussi bien des portes. Je n’ai pas d’apriori de quoi photographier. Tout peut-tre beau, et pas plus l’architecture qu’un bout de plastique pourri au fond d’une ruelle.
G. G. : Y’a-t-il parfois plus de travail, plus de rflexion sur le cadre que sur la photo elle-mme ?
P. T. : Oui, a peut arriver. Quand on a des photos simple, pourquoi fare un cadre simple si on peut le faire compliqu ?
G. G. : Vous prenez en photos des morceaux de lieux, des objets inanims que vous ne mettez pas forcment en scne. Mettre en scne la photo par le travail sur le cadre, est-ce que cela vient renforcer l’absence de mise en scne qu’il peut y avoir dans le fait de prendre une porte, une fentre, une tagre, des lieux ou des objet qui vont tre l dans qu’on ait besoin de les mettre en scne ?
P. T. : C’est une faon de voir les choses, chacun les voit comme il veut. Je n’y avais pas pens. Je prfre ne pas trop analyser ce que j’ai fait. C’est l, et chacun peut aprs l’analyser s’il en a envie...
G. G. : Vous me disiez hors antenne que l’on vous reproche parfois un ct "bricol" ou ’imparfait" dans votre travail. Vous ragissez comment par rapport ce genre de commentaire ?
P. T. : L’imperfection est quelque chose de trs vivant, mme s’il ne faut pas que a nuise au ct artistique. Pour moi, cela ne nuit pas, et mme s’il y a une question de moyens, je crois que si je les avais (les moyens), volontairement, je ferais des choses vivantes et donc un petit peu... aproximatives, un peu dcales par rapport un art un peu... snob.
G. G. : Le voyage est aussi un ingrdient important de votre travail, vos photos sont prises dans plusieurs pays, notament l’Italie...
P. T. : J’ai vcu deux ans en Italie, il y a donc pas mal de photos de l-bas. Il y a aussi un ct dlabr en Italie, sur l’architecture, les peintures, qui me plait beaucoup. Les marques du temps encore une fois, qui me fascinent peut-tre plus sur les objets que sur les gens. (...) Il y en a une du vnzuela, mais on ne le voit pas trop. C’est un morceau de bateau rouill. C’est vrai que quelquefois, le fait de choisir des morceaux... ce que j’aime par dessus-tout, c’est quand les gens regardent et disent "mais qu’est-ce que c’est ?". Alors, l, je trouve que mon objectif est atteint, de ne pas montrer les choses telles qu’on les voit. La macro a aussi trait l’enfance. Les enfants regardent de prs, voient de prs, regardent des dtails par terre, c’est une spcificit de l’enfant que de regarder trs en dtails des petits morceaux...
G. G. : Quels sont vos projets ?
P. T. : a va virer dans un autre got, c’est dire que je n’ai plus envie de faire des objets, compme des tableaux. J’aimerais ne faire plus que de la diapo, sous forme de projection pour animer un lieu, lors d’vnements, musique, ou autre... peut-tre plus la rencontre des gens.










