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One size fits all - Le Sofa cosmique - Le requin barjot 085/160

ven 25 fev 2011 - 16h30


vendredi 25 février 2011, par Gilles Gouget (Date de rédaction antérieure : 18 janvier 2007).

Citation : « Si on considère le processus de faire de la musique orchestrale normale, qu’ils appellent classique, comme une espèce d’église orthodoxe, et si on a comme théorie que la composition est l’art d’organiser des événements sonores dans le temps – le processus de décorer le temps – on a un canevas sur lequel travailler. Puis si on étend ces limites à inclure des mots parlés, des effets sonores que les gens considéreraient comme non musicaux, et si on structure ces événements sonores avec des événements sonores joués par des violons, et ainsi de suite, puis qu’on fait une pièce de musique là-dessus, c’est un événement iconoclaste ».

LE REQUIN BARJOT N°85 - 21’35’’

Le tour que prend la production musicale de Frank Zappa autour de cette année 74-75, le son des albums et la féroce productivité de Bizarre productions est du à une qualité extra-musicale de Zappa : une aptitude à s’entourer de collaborateurs de plus en plus nombreux, quitte à être assez directif. Il y a aussi une raison supplémentaire et de taille : outre son manager Herb Cohen (qui soit dit en passant est en sursis sans qu’il ou que quiconque n’en sache rien en cette année 75), c’est son épouse, Gail, qui s’implique de plus en plus dans la gestion de la carrière de son moustachu. Il faut aussi souligner que Barry Keene est progressivement remplacé par Kerry Mc Nabb depuis quelques années au poste d’ingénieur du son maison, ainsi Frank Zappa a les mains libre pour d’autres entreprises.

Entre les 20 et 21 mai (date de l’enregistrement de Bongo Fury), et la sortie de ce même Bongo Fury le 2 octobre, Frank Zappa écrit, arrange, répète et enregistre Orchestral Favorites, au Royce Hall de l’UCLA à Los Angeles, avec trente-sept musiciens. Cet album ne sortira qu’en 1979 pour de sombres histoire que nous verrons plus tard. Tout ceci, en plus de la sortie de One Size Fits All, notre album du moment dont nous ne pouvons passer sous silence ce gros sofa marron suspendu au sein de l’univers… que l’on voit sur la pochette. Un titre du répertoire de Frank Zappa depuis au moins 5 ans, mais dont je vous ai réservé l’écoute. Il apparaît en deux courtes parties sur notre album : l’une instrumentale et l’autre non. Le texte paraît assez étrange :

Je suis le ciel
Je suis l’eau
J’suis la sal’té en d’sous d’tes rollers
Je suis ton vice secret & tes pièces de monnaie perdues
Dans tes fentes
Je suis tes écorchures & et tes entailles
Je suis les nuages
Je suis brodé
Je suis l’auteur de tous ourlets & damassures
Je suis la dînette chromée 2x
Je suis les œufs de toute persuasion
Je suis tous les jours & les nuits
Je suis là
Et tu es mon sofa
Je suis là
Et tu es mon sofa
Je suis là
Et tu es mon sofa

Il s’agit en fait de la version Zappa de la création de l’univers, comme en témoigne cette introduction donnée dès 1970, sur scène. Nous écouterons dans la foulée les enregistrements de 1975, mais c’est plus explicite, et puis… nous sommes à Londres le 10 décembre 1971, lors de ce fameux concert de la désastreuse tournée hivernale qui inspirera aux Deep Purple ‘Smoke on the water’ pour l’incendie de Montreux, puis qui vaudra à Frank Zappa sa voix d’une tierce plus bas et les quelques fractures que lui inflige le fan-fou Trevor Charles Howell, à la fin du concert.

Il était une fois, il y a très longtemps, quand l’univers ne consistait en rien de plus élaboré que mark Bolan…

Oh oh, merci Frank, et ne l’prononce pas d’travers, c’est pas Mark Bolan, c’est Mark Wolman. Salut, les amis ! J’ai envie de venir vous rencontrer tous, et vous dire ce soir : Je m’sens super ! J’veux dire, j’me sens super bien ! Partout où je vais, les gens viennent toujours vers moi et disent Mark, Mark, Mark, Mark, Mark, Mark, est-ce que tu rigoles ? Laissez moi vous dire ceci les amis : Je ne rigole pas. J’veux dire, je suis massif, et je suis marron. Ouais… Combien de personnes ici ce soir peuvent deviner ce que je suis ?

Euhhhh, j’peux pas d’viner c’que tu es…

Bon, ben j’vais vous donner des indices. Et le premier indice est : je suis massif. Est-ce que ça aide ?

Pas très, non… j’sais pas c’que tu es…

Ok, j’en ai un. Indice n°2 : je suis doublé. Est-c’que ça aide ?

Non, pas beaucoup / qu’est-ce que tu veux dire ?

Hrm, bon je vais devoir vous donner un indice de plus, je sais que ça va vous faire trouver, et je déteste, vraiment, vous dire ceci… Mais indice n°3 : je suis marron !
Aaaah, tu es un sofaaa !

Il était une fois, il y a très longtemps, quand l’univers ne consistait en rien de plus élaboré que Mark Wolman, essayant de convaincre chacun des membres de ce public extrêmement branché, ici ce soir, qu’il n’était rien de plus et rien de moins qu’un gros sofa marron suspendu au milieu du grand vide, une lumière tomba des cieux. Et le voilà qui arriva, mesdames et messieurs, le bon dieu. Et il jeta un, il regarda ce sofa, et il se dit à lui-même : « quel sofa attirant, ce sofa pourrait être commercial !… avec quelques margaritas de plus dans la bonne compagnie »… mais je m’égare. Ce dont ce sofa à besoin, dit le Grand D, est d’un peu de sol en dessous, et alors, pour rendre ce projet de construction possible, il commanda l’assistance du corps des ingénieurs célestes, et, au moyen d’une mignonne petite chanson dans la langue allemande, qui est sa façon de parler dès qu’il s’agit de gros business, le bon dieu, fit un peu comme ça : allez, Jim Pons (…)

Et bien sûr mesdames et messieurs, cela veut dire « donnes moi un peu de sol en dessous ce gros sofa flottant ». Et sans doute, des planches de chêne apparurent dans l’immensité vide, du plus loin que la vision le permettait, couvrant tout de Belfast jusqu’à [Bagnorigious]. Et le seigneur posa son énorme cigare, et entreprit de délivrer sur le sofa la substance de son message, avec l’assistance d’une petite clarinette électrique, et ça donna à peu près ceci.
titre album durée
Once upon a time +sofa (intro clarinette) One Size Fits All 4’38’’ + 2’41’’
Andy One Size Fits All 6’04’’

P.-S.

Diffusion précédente : lundi 19 février 2007 13h30, rediff. samedi 24 - 14h00

liens :
- Zappa in france (incontournable)
- http://www.zappa.com/ (officiel)
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Frank_Zappa
- http://nasalretentive.free.fr/ (fameux coverband français et plus...)
- St. Alphonzo’s Pancake Homepage (incontournable, les notes and comments on été très utiles à la rédaction du Requin Barjot)
- http://www.djouls.com/frankzappa/ (discographie commentée en Français)
- Le Castor Astral (quelques ouvrages à lire)



Animateur(s) :
Gilles Gouget
Réalisation Technique :
Gilles Gouget
Licence de l'article :

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