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- Marco G.
mardi 10 juin 2003, par
Allez, et un photographe de plus qui tente de s’échapper de la pub et du nord de la France ! Pour Marco G., la tentative a l’air d’avoir réussi, et ses photos partagent les avis. C’est Jeff qui tend son micro hardi au photographe arty.
Jean-Franois Fernandez : Marco G. bonjour, on te reoit pour une exposition de photos grand format, des photos retravailles... Mais avant de parler des photos, parlons de celui qui les prend, le photographe. Comment es-tu arriv la photo, pour commencer ?
Marco G. : Les tous dbuts ? Alors, mon premier appareil, 17 ans, club photo dans une amicale laque, et c’est parti... Et aprs a m’a bien plu, et j’ai continu comme a, et de fil en aiguille, je suis arriv professionnel, et j’ai suivi des cours de dcoration, de photographe... Tout a sur Lille, puisque j’en suis originaire. Et ensuite, photographe publicitaire, depuis maintenant... ffou, a va faire, depuis 89, 90 quelque chose comme a. Beaucoup de publicit, beaucoup de boites de conserve prises en photo. Et puis un moment donn, un ras le bol de faire un peu tout a, et puis essayer de partir sur d’autres pistes, en ayant des techniques photographiques... Et voil. Je me suis lanc sur ce projet l il y a pas longtemps, des projets de portraits, et puis je travaille a. Ce sont des photos numrises, retravailles, etc. Parce que je trouve que c’est intressant de faire aussi non pas que de la photo, mais de faire des choses aussi comme... enfin, bon, c’est un complment, je dirais, le numrique, puis de retravailler aprs. J’ai essay de peindre, et puis j’ai pas russi, j’ai fait des crotes de dix centimtres d’paisseur marron fonc, et a, bon, a me plat bien... et je sais pas, aprs, voir si c’est bien, si a plat, ou quoi que ce soit, enfin bon, je pense que a doit tre sympa, voil.
J.-F. F. : Y’a-t-il une photo en particulier, un photographe qui t’a amen la photo, ou est-ce que c’tait par curiosit ?
M. G. : C’est par curiosit. Je pense que j’ai pas forcment une trs grosse culture photographique. Je... je pense que j’ai dcouvert, aprs m’tre lanc dans la photo, j’ai dcouvert aprs, les photographes. C’est vrai qu’aprs, il y a tous les noms des photographes importants, franais, trangers, ou quoi que ce soit... Et je pense que j’ai pas t inspir par des photographes pour faire de la photo. Peut-tre parce que j’aimais le ct technique aussi, le ct... l’objet photographique. Aprs j’ai dcouvert des choses qui m’intressaient.
J.-F. F. : quel moment tu t’es dcid devenir photographe professionnel ?
M. G. : Un moment charnire ? J’ai commenc la photo trs tt, mais c’tait toujours un petit peu alatoire, et tout a. Et c’est vrai qu’au dbut, on connat pas trop le travail de photographe. Bon, ben, le travail de photographe publicitaire. Je sais que dans le sud de la France, a se trouve un peu... c’est un peu plus compliqu, on travaille diffremment, etc... Mais tout ce qui est dans le Nord de la France, a travaille beaucoup sur la VPC, tout ce qui est catalogues, et bon... et tout ce qui est grande distribution, tout est l-bas, donc y’a un trs grand ple photographique l-bas, et on ne connat pas forcment les ficelles quand on arrive, et le fonctionnement. Et puis aprs, bon, au fur et mesure, on apprend, puis on grimpe comme a. Mais le plus intressant... Quand je suis arriv Montpellier il y a trois ans, a m’a ouvert un peu plus l’esprit sur des choses qui sont plus cratives...
J.-F. F. : Justement tu parlais de diffrence de faon de travailler dans le nord et le sud de la France... au niveau gnral, au niveau de la pub ?
M. G. : Au niveau gnral, je pense, mais au niveau conomique aussi. Au niveau conomique, tout se traite, enfin, la plupart des choses se traitent sur Lille, tant donn que Lille est le deuxime ple, aprs Paris, pour tout ce qui est photographie, publicit, grande distribution, etc...
J.-F. F. : Donc c’est plus difficile pour toi de travailler dans le sud de la France ?
M. G. : Ben ici, je dirais que... en tant dans le sud je peux plus travailler pour moi, pour mes crations personnelles. a s’est peut-tre un petit peu plus dvelopp, et j’ai t normment plus productif en tant ici, sachant que quand j’tais Lille, avec le travail que j’avais, j’tais un peu submerg par moments, et je pouvais pas... le cerveau s’appauvrit, on fait beaucoup de choses, de photos publicitaires, etc... Et on arrive dans une espce de mcanisme, et on sort plus de l, on est compltement bloqu, et tout ce qui est le ct artistique... se dveloppe pas, et un moment donn on... soit on passe le pas, on pars, ou... Moi j’ai choisi de partir gographiquement, partir zro sur d’autres bases... c’est trs intressant, quoi.
J.-F. F. : C’tait un besoin, une envie ?
M. G. : Un besoin, oui, un besoin, un besoin de s’retrouver. mais j’pense que c’est parti aussi euh... comment dire ? Je dirais que la photo c’est... pour moi, c’est une chappe, pour pouvoir exprimer des choses que j’ai en moi, et... Bon, aprs, vous dire, en regardant une photo "l j’ai voulu faire a, et l j’avais a comme pense, etc", je pense que je serais pas capable de le faire, je suis pas psy. Mais je pense que c’est une bonne chappe, et c’est librateur, quoi. C’est une partie de moi-mme qui s’en va, ce que je n’avais pas l’poque, puisque je ne faisais que de la pub... mcanique industrielle...
J.-F. F. : Aujourd’hui a fait trois ans que tu es sur Montpellier, est-ce que tu envisages trs concrtement de laisser tomber la photographie publicitaire ?
M. G. : La photo publicitaire, pour l’instant je vais pas la laisser tomber, parce que c’est a qui me fait vivre, c’est a qui me nourrit. Ce serait un v ?u, mais... Ou alors que ce soit de la photo publicitaire, mais que ce soit d’une photo dont j’ai envie.
J.-F. F. : En tant que cratif ?
M. G. : En tant que cratif. Bon, y’a des choses qui viennent, y’a des choses qui commencent se concrtiser, par rapport ... y’a une avance depuis les cinq dernires annes, y’a une progression dans ce domaine l. Aprs, a peut tomber, on sait pas. Alors faudra que je me dbrouille, que je trouve une solution. Mais c’est mon v ?u... pour tous les gens qui veulent investir, c’est mon v ?u (rire) !
J.-F. F. : Tu te dcris aussi comme infographiste.
M. G. : Oui, oui. Bon, je dis infographiste, mais je suis pas vraiment un infographiste. Je travaille sur Photoshop, c’est vrai que les autres logiciels je les ai laisss un petit peu tomber... (...) de toute faon c’est des moyens techniques, quels qu’ils soient... Avant a, les gens faisaient des collages. Est-ce que c’est infographie ou pas ? Enfin, je... j’arrive pas vraiment me dfinir. Quels que soient les moyens... enfin c’est avec a que je travaille. Y’a plusieurs supports, que ce soit photographie, peinture, collage, quoi que ce soit, et aprs on adapte un petit peu. Moi j’ai trouv mon outil, l’outil qui me plaisait, en partant plus de photographies que je ralise. C’est dire que toutes les images que je compose, ce sont des matires, des choses que je rcupre droite gauche, des dcors aussi que je fais, bien que je reviens un petit peu tout ce travail informatique, et j’en reviens actuellement, et je vais retravailler les prochains travaux sur des choses beaucoup plus, beaucoup plus travailles la prise de vue, au dpart, en dcor etc... Parce qu’ un moment donn on s’chappe dans un domaine, et on se perd, et a part un peu dans tous les sens. Et c’est un peu dommage, il faut un fil conducteur au dpart.
J.-F. F. : Aujourd’hui quand on parle photographie, on ne peut pas s’empcher de parler de photographie numrique. Dans ton travail les prises de vues sont numriques, puis tout est retravaill numriquement. Comment as-tu fait ce choix ? Est-ce que c’tait un besoin d’exprimenter de nouveaux outils ?
M. G. : J’dirais que pour les prochains travaux ce sera toujours du numrique, mais ce sera moins travaill au niveau bidouillages et retouches informatique. Mais bon, j’en suis venu l... C’est assez curieux parce qu’il y a des gens qui n’aiment pas a, le numrique, pour eux, c’est hors de question. Moi je trouve que c’est intressant, c’est un autre outil... Moi j’tais un puriste du noir et blanc, j’ai fait de la couleur, j’ai trouv a gnial, je me cantonne pas quelque chose. Ds qu’il y a un outil utiliser, s’il y’a un outil intressant, qui me plat, qui me permette de faire autre chose, j’le prends. J’dis pas que la photographie n’est pas photographie... C’est comme quelqu’un qui fait de la musique, et qui va faire du jazz, et qui aura horreur de mettre des composants... des sons lectroniques dans ses compositions... Moi, je suis pas comme a. Je trouve que c’est un peu dommage, parce que a peut crer d’autres ouvertures, d’autres choses.
J.-F. F. : regarder ces photos, on se dit que seul le numrique aurait pu donner ce rsultat.
M. G. : Ben, peut-tre qu’un jour je ferai du collage, je sais pas. Parce que je trouve a intressant, le collage. Peut-tre que je peindrai, que je dessinerai, que j’crirai sur les photos par la suite... Pourquoi pas, parce que je trouve que c’est intressant. Je m’arrterai pas. Bon, dj, chaque photo est plus ou moins diffrente. Sur des techniques diffrentes, sur des coloris, sur tout... Je suis toujours admiratif quand je vois un photographe qui va travailler, pas forcment un photographe, un artiste, que ce soit un peintre, un sculpteur qui va travailler sur un thme bien prcis toute sa vie, qui va focaliser dessus, et qui va faire tout un... un driv d’une premire image, ou d’une premire sculpture... et j’trouve a... j’suis admiratif, parce que moi, je peux pas, parce que je passe toujours du coq l’ne, tout en gardant plus ou moins les mme outils, mais... je vais pas rester sur un domaine bien prcis. Bon, l je me suis fix une base : les portraits. Bon, les portraits, c’est vaste... bon.
J.-F. F. : Cette srie de portraits est termine ?
M. G. : Non, pas franchement. Elle sera pas termine... j’ai l’impression qu’elle pourra ne jamais se terminer.
J.-F. F. : Pourquoi le portrait ?
M. G. : Parce que je trouve a intressant, quand on prend quelqu’un en photo, de faire ressentir quelque chose, bon... Je, je... des fois, moi c’que j’aime aussi c’est le rapport avec les gens. Des fois y’a des complicits qui s’instaurent, pendant la prise de vue, au moment de la photo, enfin, au moment de la prise de vue y’a des choses qui s’instaurent, et y’a des choses qui ne s’instaurent pas. Et on peut le ressentir sur l’image, aprs. Bon, aprs j’essaye de bonifier, mais bon, c’est tout, un sourire est comme a, une expression est comme a, on peut pas forcment bonifier l’expression sur une photographie, aprs. On peut le faire, bien sr, mais c’est pas mon but. Et moi, j’aime ce rapport, je trouve a intressant de pourvoir travailler comme a. C’est vrai qu’aprs, il y a beaucoup de matires travailler, je travailles aussi des matires...
J.-F. F. : Peut-tre ce ct ’peintre’ dont tu parlais tout l’heure...
M. G. : Tout fait, oui.
J.-F. F. : ...un petit peu refoul comme tu le disais tout l’heure, tu n’arrives pas ...
M. G. : Ah non, la peinture, c’est terrible. C’est pas la peine ! J’ai ma s ?ur qui est peintre, qui fait des choses admirables, mais... Bon, elle m’a dit "vas-y, c’est une bonne psychanalyse", j’ai essay... et j’ai dis "non, c’est pas vraiment terrible" (rire).
J.-F. F. : Tu l’as remplace en utilisant la matire dans la photo, quoi.
M. G. : Hmm. Oui, c’est dire que je recr des matires, pour moi qui sont beaucoup plus simples, parce que d’une part, quand je suis photographe de publicit... on photographie des objets, des gens, et on essaye de restituer normment la matire, on travaille la matire. Et cette matire, j’aime a, c’est dire que par exemple, la peau, le sable, la roche, quoi que ce soit, l’eau, etc... Toutes ces matires l sont pour moi intressantes, et j’aime bien retravailler a. Des fois, faire des choses qui ne sont pas forcment naturelles avec une matire qui est tout fait, tout fait naturelle. Aprs, a se ressent sur des photos, sur d’autres non, moins. (...) C’est vrai que quand je regarde une image, je me dis pas "tiens, je vais essayer de faire a", je fais quelque chose et j’me dis "tiens ! a a fait a".
J.-F. F. : Tu laisses faire, un petit peu...
M. G. : Je laisse faire, compltement. J’ai ma petite ide au dpart, mais cette petite ide peut se transformer, peut changer...
J.-F. F. : En voyant tes photos, on se demande si tu as pens au rsultat en faisant la prise de vue.
M. G. : Des fois oui, et des fois non. Parce que des fois on cr des choses qui sont vraiment trs intressantes, et des fois c’est un peu au p’tit bonheur la chance, et on y arrive. Moi, je crois pas que quelqu’un fasse automatiquement quelque chose parce qu’il veut a. Moi, personnellement je me laisse porter, c’est dire qu’ un moment donn, je fais a, puis il y a une couleur, et je fais a, je change compltement mon ide sur la photo, et puis sur l’image, et je repars autre part. a m’est arriv des fois de dire "tiens celle l, je la veux noir", et puis j’la r’trouve, la fin, blanche. Je pense qu’on se nourrit au fur et mesure d’informations, le cerveau tourne en mme temps, et l’inspiration change, y’a des jours on est bien, des jours o on est pas bien, et quand on est pas bien on voit les choses autrement, et quand on est bien on les vois autrement aussi, et donc forcment le travail suit son cours comme a.
J.-F. F. : C’est peut-tre la diffrence entre des portraits classiques et ceux que tu ralises. Un portrait classique est pris un temps t, alors que les tiens sont raliss en plusieurs tapes. Tu mets combien de temps pour travailler une photo ?
M. G. : a dpend. Il y en a certaines que je commence, et que j’abandonne pendant un mois, puis aprs je les reprend parce que j’ai plus d’inspiration dessus, y’a quelque chose qui fonctionne pas... je trouve pas... je trouve pas la clef. Et puis des fois y’en a certaines, a va trs vite, une demi journe, une journe, a peut tre boucl. Mais par contre c’est vrai qu’on attend l’instant t quand on fait la photo. C’est un plaisir qu’on peut avoir, que j’ai encore, que j’essaye d’avoir, la prise de vue. J’ai pas envie de faire des mauvaises images, puis de les retravailler pour les bonifier, c’est pas mon rle.
J.-F. F. : Donc il y a encore vraiment cette dimension de prise de vue...
M. G. : C’est dire que a fait six ans que je travaille en numrique. Je me disais "c’est gnial, on peut faire n’importe quelle photo, on peut rater ses photos, et puis aprs la fin les retravailler, on a quelque chose d’exceptionnel". En effet c’est possible, mais moi j’y arrive pas, il faut absolument que je me dbrouille pour faire un beau portrait, quelque chose qui soit bien, une expression, quelque chose qui me... enfin, un leit motiv, quoi. Sinon, a fonctionne pas. Aprs je retravaille ces photos mais...
J.-F. F. : C’est plus pour dvelopper l’univers du sujet...
M. G. : C’est pour dvelopper un univers, je pense aussi. C’est vrai que quand je fais des photos, j’installe l’clairage, je place les personnes, et j’leur dis "ben voil, y faut que a dure le minimum de temps", parce que si on bloque quelqu’un pendant une demi journe, aprs la fin, y’a rien de bon, puisque c’est toujours les premires photos qu’on prend qui sont les meilleures. Et donc j’essaye de minimiser a. Donc j’essaye de capter le moment, l’instant, et puis la fois, y’a peut-tre un lien qui se... Y’a une histoire qui se passe entre le photographe et le sujet, c’est intressant, et a me permet de dvelopper quelque chose derrire.
J.-F. F. : Comment est-ce que tu choisis tes sujets ? Je crois que ce sont toutes des photos d’artistes, beaucoup de musiciens.
M. G. : Oui, aprs c’est le hasard des rencontres, mais y’a pas que des musiciens. Y’a des gens aussi... C’est des rencontres que je peux faire, et des personnes qui m’interpellent aussi, qui marquent en fait un passage de ma vie, je pense, quel qu’il soit, petit ou grand. Gnralement c’est des personnes que j’aime, des personnes qui m’ont marqu. Par exemple, la photo Afrique 1, c’est une personne que j’ai photographie Madagascar, et j’ai eu un choc quand je l’ai vue, c’tait un plan serr, et cette photo elle a quand mme sept huit ans, et aprs je l’ai retravaill trois ans aprs, quoi. C’est une intensit, un regard, un moment, un moment magique, un moment... Je pense que mme si c’est pas des moments magiques, mais cauchemardesques, je pense que je pourrais aussi travailler a, quoi.
J.-F. F. : Comment les sujets ragissent-ils quand tu leur montre le travail que tu as ralis ? Parce que, disons le franchement, au sein de la rdaction de Divergence, et des gens qui passent, les avis sont assez partags. Y’en a qui adorent, et y’en a qui n’aiment pas du tout.
M. G. : Oui. Mais moi j’aime bien savoir qu’y en a qui aiment pas, et qui y’en a qui aiment a, parce que bon, a serait dommage d’avoir toujours les mmes avis. Mais bon, je pense qu’au niveau des artistes c’est un peu la mme chose. Enfin, des artistes,... Des gens que j’ai photographi. Des gens trs tonns, des gens qui ne se retrouvent pas... Et aprs d’autres qui trouvent a extraordinaire. Mais les avis sont trs partags.
J.-F. F. : Certains avis sont trs positifs, pour prendre l’exemple de cette chanteuse anglaise de jazz, Delphi Newmann. Je crois savoir qu’elle n’aimait pas trop les photos...
M. G. : C’est vrai, les photos de base... on a le grain de peau qu’on a... c’est vrai qu’elle a t photographie avec un clairage trs brut, et forcment quand il y a une lumire trs brute, tous les dfauts ressortent, a c’est clair. Donc, c’est vrai qu’ la base y’a eu un peu de "non non, c’est pas gnial, a le fait pas", et aprs quand j’ai retravaill un peu les images (c’tait prvu que je retravaille l’image), a lui a vraiment plu, l’avis a chang totalement, et d’ailleurs j’ai eu beaucoup de remerciements de ce ct l. C’est gratifiant, c’est bien.
J.-F. F. : Parlons de la photo qui est juste derrire moi. C’est une photo de Lena (chanteuse du groupe Juice, ndr), une photo trs glamour, mais que certains on trouv trs violente.
M. G. : Je pense qu’on est aussi rceptif suivant son tat d’esprit du moment. C’est dire qu’on voit quelque chose, si on est pas bien lun ou qu’on s’est lev du pied gauche, je pense qu’on va pas aimer, et puis si on est bien lun, on va peut-tre voir a diffremment. Bien que, quand mme, y’a des limites, faut aussi... C’est assez curieux. Pour Lena, je l’ai vue chanter y’a deux ans, deux ans et demi au Jam. Et un moment donn comme j’tais parti sur cette ide de portrait, puis il ma fallu un an pour la rencontrer, et au bout d’un an, suite la rencontre, on s’est dcids de faire la photo, enfin, je me suis dcid au bout d’un certain temps. C’tait surprenant, c’tait assez amusant, quoi, ce rapport... Aprs on est arriv au rsultat final, qui ne ressemblait pas franchement au dbut, et... c’est une partie intressante, que dire d’autre ?
J.-F. F. : Ce sont de grands formats, pourquoi ?
M. G. : J’aime les grands formats, comme a on les voit de loin (rire). Non, je sais pas... Je fais pas a non plus pour remplir les murs, c’est sr. Y’aura des formats plus petits, je travaille sur d’autres choses, mais c’est pas encore... c’est encore dans la tte. Mais c’est vrai qu’il y en a certaines qui auraient pu tre plus petite... une notamment d’aprs les avis... c’est marrant parce que je l’avais faite plus petite, et puis j’ai voulu la retirer en grand.
J.-F. F. : Les tirages sont faits sur une toile.
M. G. : Oui, c’est une toile imprimable.
J.-F. F. : Encore le rapport avec la peinture.
M. G. : Oui, oui oui. C’est un support... j’ai dcouvert ce support il y a quelques annes, puis je trouvais a extraordinaire, d’avoir une espce de grain, une matire. J’avais assez peur, en fait, avec cette matire, de perdre une dfinition, mais non, pas du tout. Je trouve que c’est intressant.
J.-F. F. : Moins fragile aussi ?
M. G. : Je l’ai pas vu du point de vue pratique. L c’est des toiles. Y’en a certaines sur lesquelles je suis en train de travailler en ce moment, qui vont sortir en... sur une espce de plexi par transparence, etc... Aprs c’est des supports diffrents, je pense, par rapport chaque photo. Je pense que chaque photo doit avoir un support diffrent. On a la possibilit d’en avoir de diffrents, autant les utiliser.
J.-F. F. : Marco G., merci.
propos recueillis par Jean-Franois Fernandez.










