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- "Les Français parlent aux Français" !
En public et en direct de "chez Jean sur la place"
lun 28 juin 2010 - 18h30 en direct de la place St Jaumes, rediff. mar 30 - 9h30
mardi 29 juin 2010, par , (Date de rédaction antérieure : 23 juin 2010).
Dernière émission de la saison pour le loup le renard et la belette, qui auront tout l’été pour fourbir leurs micros et préparer la rentrée politique ! Et pour marquer le coup, c’est Jean, sur la place, qui nous accueille pour la seconde fois !
Thème de l’émission : quelques jours après la mobilisation contre la réforme des retraites, les responsables syndicaux régionaux (CGT, CFDT, FO...) s’adressent aux représentants des partis politiques et ce devant les citoyens.
Les invités :
Syndicalistes : Serge Ragazacci (CGT), Jacques Artières (CFDT), Alain Cwich (FO), Laurent Martin (SNES), ?? (MEDEF)
Politiques : Michel Passet (PCF et Front de Gauche), Serge Desseigne (PCF), Anne-Yvonne le Dain (PS), Emile Proust (PS), Nicolas Cadène (PS), Béatrice Négrier (MRC), Jean-Louis Roumégas (Vert), Boris Chenaud (NPA), Jean-Claude Favier (ATTAC), Thierry Salvador (société civile), Philippe Saurel (PS), Patrick Vignal (PS), Michaël Delafosse (PS), Marc Dufour (MoDem)
L’émission se passe en public sur la terrasse du resto "Sur la place", place Saint Jaumes, sur la rue de la Méditerranée.
Emission spéciale, déroulement spécial : Seuls les syndicalistes sont à la table ronde, les politiques, eux, dans le public, répondront au cours de la 2ème partie de l’émission !
Les politiques invités sont tous ceux qui sont venus à Provoscopie durant la saison radiophonique, et s’ils répondent tous présent, il faudra barrer la rue !
Présentation
Provoscopie, l’émission politique de Divergence. Aux commandes, Le loup, le renard et la belette !
Et, avec nous pour vous, le monde syndical dans ses plus beaux costumes. Ils sont tous là : cégétistes, céfédétistes, forcistes ! et snésistes. De tout, je vous dis … En face d’eux, un parterre de politiques, d’élus et de gens de la société civile comme on dit. Et quelques grands absents : les élus de la majorité municipale qui ont été priés par Madame le Maire d’arrêter d’aller faire “les zouaves” à la radio le lundi, jour de bureau municipal. Alors, ces pauvres hères ne nous rejoindront que très tardivement tout à l’heure lorsque dame Hélène aura bien voulu leur ouvrir la cage !!! Bref…
Durant 90 minutes, nous allons déterrer les pavés montpelliérains pour vérifier si vraiment sous eux, les pavés… il y a la plage !
Nous divergerons ensemble sur la réformite aigüe du Petit Nicolas notamment en ce qui concerne les retraites. Mais encore et surtout, nous revisiterons la charte d’Amiens, celle de 1906, qui émancipait les syndicats du monde politique. Pour finir, les uns et les autres seront conviés à débattre de la re-création d’un Front uni : syndical et pourquoi pas politique !
Ce soir, pour la dernière de Provoscopie avant la trève estivale, les Français parleront aux Français en espérant que la flamme de la résistance ne s’éteindra pas durant l’été… !!!
Bref ! de quoi passer un bon moment citoyen, vous en conviendrez !
Et maintenant, place aux palabres...
L’Uchronique : « Vive la politique ! »
Laissez-moi vous conter l’histoire d’un peuple qui s’est fourvoyé dans les limbes de l’histoire voilà un peu plus d’un siècle…
Nous sommes en 1889 à la veille du centenaire de la Révolution française alors qu’en Allemagne, au coeur du IIème Reich, les émules de Engels s’apprètent à trahir Marx en fondant la Seconde Internationale socialiste réformiste. L’échec de la Commune de Paris est digéré par une République opportuniste qui a su marginaliser les radicaux pour qui le rouge et le noir ont encore un sens ! Depuis 1864, les survivants de l’Association Internationale du travail, l’AIT, se débattent dans les ateliers qui ne sont pas encore des usines pour que le Grand Soir arrive un jour ! Et, dans ce contexte, en 1895, les bourses du travail se fédérent avant de devenir en 1902, lors du congrès de Montpellier, la confédération Générale du Travail : la CGT. Une association pervertie par la loi de 1901 qui revendique pourtant l’anarcho-syndicalisme. La grève générale. Dans la série : on arrête tout et on réfléchit ! Tout cela tandis que les caciques républicains fondent le parti radical et que les socialistes se perdent dans des courants centriguges… C’est sans compter avec l’ineffable Jaurès, l’homme qui parvient, en 1905, à additioner les diviseurs pour multiplier les voix [V.O.I.X] malgré les nombreuses voies [V.O.I.E.S.] plus ou moins réformistes. Tout un programme !!! Il a pour nom : la SFIO. Fort d’un dernier sursaut salvateur, mes syndicalistes se fendent d’un congrès mémorable à Amiens en 1906 : les syndicats refusent toute emprise des partis sur eux. Deux mondes se cotoient dorénavant : celui des révolutionnaires et celui des réformistes. Mais la chose se perd en 1909 avec Léon Jouhaux, l’homme qui abandonne la Révolution au profit de la négociation… On a vu où cela mène en 1914 au lendemain de l’assassinat de Jaurès lorsque Jouhaux appelle les soldats de l’An II à combattre les Allemands, rendant par ce discours la guerre possible et le divorce probable entre socialistes et ceux qui allaient devenir bolchevique avant d’être communiste.
Durant le XXème siècle, l’affaire suit son cours … On négocie partout, nulle part : à Matignon en 36, à Grenelle en 68, au stade de France depuis quelques années !!!
Certes, les conditions de vie de la classe moyenne se sont améliorées même si la vie des salariés reste laborieuse !
Mais, grâce au professeur Barre, Raymond de son petit nom, depuis 1979 la lutte des classes est sabordée avec la complicité des réformistes. Si bien qu’il ne reste plus au salarié qu’à muter en électeur pour que sa vie change… 1981 produit tous les déçus imaginables qui croyaient, CROIRE ! , à la démocratie indirecte.
Depuis, depuis, rien ne va plus… Les syndicats ne représentent plus qu’eux-mêmes et les politiques sont au mieux un placébo sociétal.
La division conduit à la soustraction ; c’est l’échec mathématique de Jaurès et de ses amis ! L’addition n’engendre pas la multiplication. On ne quémande pas la Révolution, on la décrète !
Et alors ? Et alors !!!
Il se murmure le long des trottoirs qui voient passer manifestants et manifestations que quelques syndicalistes inspirés auraient contacté des politiques attentifs et que se dessinerait une union, un Front… peut-être même populaire ! Quelque chose qui tiendrait d’une osmose syndicalo-politique pour que cesse la casse de la société française initiée par les tenants de tous les pouvoirs et que naisse un autre monde fondé sur les valeurs qu’avaient nos ancêtres : ceux qui lors de la Commune de Paris avaient cru en l’homme !
Bien sûr, encore une fois, tout cela n’est qu’uchronie ! Mais, comme d’habitude, si tout n’est pas entièrement vrai, rien n’est vraiment tout à fait faux !!!
1er débat : A quand la révolution populaire ?
La réformite sarkozienne : y a-t-il des limites à la tolérance ?
Certes, si Sarkozy joue dans la rupture c’est que 53% des votants l’ont voulu !
De plus, 62% des ouvriers avaient cru dans le “travailler plus pour gagner plus” ! On a vu où cela menait !!!
La réformite se répand dans toutes les sphères de la Cité : et jusqu’à présent, personne n’a bougé réellement : pourquoi ?
- Parce que les salariés ne sont plus prêts à faire grève ? Faudrait-il inventer d’autres formes de lutte ? Lesquelles ?
- Parce que, quoi qu’il arrive, le pouvoir ne cède jamais : voir 2003 !
- Parce que les Français seraient résignés et que le seuil de tolérance ne serait pas franchi ?
- Parce que les Français seraient entrés dans la réformite considérant qu’il faut réformer la Cité ?
- Prenons les grandes réformes sarkoziennes les unes après les autres… Qu’ont à dire concrètementles syndicats ?
- La réforme de la justice : suppression des juges d’insctruction, des jurés d’assise, des avoués et le plaider coupable anglo-saxon…
- La réforme des polices : fusion gendarmerie/police et criminalisation de la société civile.
- La réforme territoriale : suppression des départements, refonte de l’intercommunalité et reprise en main de l’Etat vis-à-vis des collectivités territoriales.
- La réforme de la fonction publique : suppression d’un poste sur deux en fonction des départs à la retraite.
- La réforme de l’école : suppression des maternelles, demies-journées d’école, privatisation de l’enseignement supérieur…
- La réforme fiscale : bouclier fiscal et avantages pour les grandes entreprises ainsi que pour les restaurateurs…
- La réforme des retraites : … analyse de la manif de jeudi dernier (24 juin).
Le jour où le Peuple se réveillera…
Croyez-vous encore possible un réveil du Peuple contre le pouvoir en place ?
La démocratie n’a-t-elle pas atteint ses limites ?
Le pouvoir peut-il être dans la rue ? Le doit-il ?
Jusqu’où la légalité doit-elle conduire les actions populaires ?
Quel rôle les syndicats peuvent-iils encore avoir sachant qu’ils ne représentent que 8% maximum des salariés (diiférence par rapport à nos voisins !).
Revenons sur l’uchronie : et si les syndicats mettaient fin à la schyzophrénie entre le travailleur et l’électeur…
La désunion syndicale date de 1919 avec la création de la CFTC ; puis elle s’est accentuée en 1921 avec la CGTU : puis en 1948 avec FO ; puis en 1964 avec la CFDT ! Ne faudrait-il pas penser à une réunification syndicale avant tout ?
D’autre part, depuis 1909, Léon Jouhaux a transformé l’anarcho-syndicalisme historique en syndicat réformiste. Résultat, on améliore la condition de vie des salariés en oubliant la vie des travailleurs. On joue sur le quantitatif en lieu et place du qualitatif …
N’y a-t-il pas un besoin urgent de Grand Soir ? Jusqu’où les syndicats vont-ils accepter de négocier avec l’Etat et le patronat d’autant qu’ils ne sont plus représentatifs depuis longtemps : voir Mai 68, 1995…
2ème débat : Jusqu’à quand la désunion syndicale et politique ?
Et pourquoi pas un « big bang » syndical avec des Etats Généraux ?
Revenons sur la désunion syndicale qui fait, malgré tout, le jeu du pouvoir : Pourquoi ne pas provoquer un véritable « big bang » syndical comme Rocard avait voulu le faire en 1993 au lendemain des législatives pour la gauche politique ?
Pourquoi ne pas refaire 1935 et un véritable Front Populaire ?
Quel pourrait être un programme commun syndical ? A la mode du programme commun politique de 1972…
Ne devrait-on pas en finir avec le réformisme ? Doit-on encore s’asseoir autour d’une table sachant que depuis 1907 et Clemenceau chacun sait que le pouvoir l’emporte toujours (voir la révolte des vignerons en Languedoc).
Et pourquoi pas un véritable Front de Gauche unitaire ?
Et pourquoi ne pas pousser les partis de gauche à faire de même ?
La rupture doit-elle rester l’apanage de la droite sarkozienne ? A quand une vraie rupture à gauche ?
Et pourquoi pas un programme commun de gouvernement ? Et un candidat unique de la gauche en 2012 et même pour toutes les élections à venir ?
Quel pourrait être le contenu d’un tel programme politique ?
Et pourquoi ne pas reprendre la vieille idée : on arrête tout et on réfléchit ?
Et pourquoi pas une union des forces populaires ?
Au-delà, pourquoi pas un Front Populaire qui réunirait syndicats et politiques et permettrait aux salariès, aux travailleurs et aux citoyens qui sont aussi des contribuables de lutter ensemble pour une même cause : la cause du Peuple ?
« La mémoire ne doit pas être un droit mais un devoir : il faut aujourd’hui poser des questions au passé pour construire l’avenir. » Êtes-vous d’accord avec ce principe de base qui conduit la recherche historique ?
Pensez-vous qu’on peut éternellement demander gentiment au Capital d’accepter de répartir équitablement les profits générés par le travail ? Ne faudrait-il pas envisager de le faire par la force ?
Doit-on continuer à accepter d’être dans la légalité quand le Capital s’en dispense depuis si longtemps ?
3ème débat : Les Français parlent aux Français …
Partis de gauche et syndicats sont-ils encore l’élite de la classe laborieuse ?
Revenons-en aux pouvoirs intermédiaires qui sont les piliers de notre démocratie indirecte…
Les syndicats sont sensés être les représentants des salariés : est-ce encore le cas aujourd’hui ?
Même question pour les partis politiques… sachant que le vote contestataire est de plus en plus important (plus de 40% maintenant lors de toutes les consultations électorales).
Les responsables syndicaux et poltiques sont-ils encore l’élite du Peuple ou ne sont-ils plus que des apparatchiks qui défendent avant tout leurs privilèges ?
N’est-il pas temps que le Peuple se réapproprie le pouvoir ?
Doit-on suivre ou conduire le Peuple ?
Quel doit être le rôle des uns et des autres, syndicats et partis, vis-à-vis du Peuple ?
Doivent-ils suivre ou conduire le Peuple ?
Depuis 1968, au mieux, les syndicats suivent les humeurs populaires …
Quant aux partis politiques, cela fait très longtemps, à gauche, qu’ils ne sont plus en phase avec le Peuple : au moins depuis les lendemains de l’élection de Mitterrand à la présidence de la République en 1981.
La révolte : est-ce un droit ou un devoir ?
Dans une démocratie décadente comme la nôtre, la révolte redevient le mode d’expression le plus efficace : ne le pensez-vous pas ?
La révolte est considérée sous sa forme légale, grèves et manifestations, comme un droit et ce depuis 1884 au moins. Ne doit-elle pas devenir un devoir plutôt qu’un droit aujourd’hui ?
Ne serait-ce pas là le rôle que devraient jouer tant les syndicats que les partis de gauche : former le Peuple pour qu’il comprenne que seule la lutte, la révolte, permet l’obtention des revendications ?
Quelles devraient être, selon vous, les revendications ? Ne devrait-on pas enfin oser exiger l’impossible ?
Mesdames et messieurs, nous arrivons au terme de cette dernière émission de Provoscopie pour la saison. Nous nous retrouverons après la pause estivale pour moultes débats divergents sur le 93.9 ! Et que le débat continue maintenant entre syndicalistes et politiques ici présents et avec quelques gens du Peuple…
Merci de nous écouter encore et toujours. Bon été à tous ! Et souvenez-vous que la révolte n’est pas un droit mais un devoir !
Divergemment votre, l’équipe des belettes vous salue !
Animateur(s) :
Yves Le Bozec, Jean-François Giret
Réalisation Technique :
Gilles Gouget, Bruno Bertrand, Pascal Rullier










