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Parole d’âme, la chronique handicap a destination de tous
lundi 9 janvier 2006, 9h10, 12h40, 17h40
lundi 9 janvier 2006, par
L’Etat français accroît les disparités de traitement entre les différentes catégories de fonctionnaires. Le sentiment d’injustice existe chez les blouses blanches.
Il y a peu, j’entendais notre premier ministre annoncer que certains fonctionnaires, ceux de l’A.N.P.E. pour ne pas les citer, allaient recevoir une prime pour les ftes de fin d’anne, pour les encourager et les remercier pour l’excellence de leur travail.
Malgr les nouveaux chiffres plutt la baisse du chmage, l’augmentation des demandeurs d’emploi de ces dernires annes gnre un volume de travail supplmentaire, les rcents changements lgislatifs des contrats imposrent une ractivit instantane, de plus les agents doivent suivre de manire plus approfondie les dossiers traits, se montrer fermes ou rester positifs en permanence pour motiver les chercheurs de travail... bref, flicitations sans doutes mrites, tant mieux pour les fonctionnaires concerns.
Question : Pourquoi certains fonctionnaires sont depuis toujours exclus des primes et des flicitations ? Je pense au personnel hospitalier en particulier. En effet, pourquoi les personnels soignants hospitaliers n’auraient ils pas eux aussi le droit une prime et des flicitations ?
Les agents hospitaliers, aides-soignants, infirmiers, internes et mdecins trangers, eux qui travaillent des horaires et des conditions que peu de travailleurs accepteraient : travail de nuit (illgal dans d’autres secteurs) mal rcompens ici, embauche trs tt le matin, un week-end de repos sur trois, une charge de travail vraiment importante, une hirarchie pas toujours comprhensive...
Sans compter la charge motionnelle qu’il faut savoir grer, la mauvaise humeur des patients qu’il faut encaisser, et avec le sourire en plus. Faire comme si on pouvait rentrer chez soi et ne pas penser ceux qu’on soigne, des hommes des femmes, des enfants de tous ges, qui souvent meurent et qu’il faut accompagner jusqu’au bout, rpondre aux angoisses des soigns ou celle des familles parce qu’un mdecin n’a pas pris le temps de le faire, ou que la famille n’ose pas poser de questions.
Il faut parler des risques galement, parce que largement pris en considration dans certaines professions, ils sont trop peu voqus dans cette branche : un mdecin ou un infirmier qui se trompe de molcule, dans un dosage ou dans un temps d’administration peut entraner la mort du patient. Un geste mal accompli et c’est une plaie qui devient difficilement curable, sans parler des souffrances que ce personnel peut engendrer.
De mme les risques pour la propre sant des soignants sont bien rels : hpatites, sida, sans parler des dos en compote et des dpressions refoules, et pourtant, il faut venir travailler tous les jours sans se plaindre, faire preuve de compassion, d’humanit, de patience en tout cas.
Parlons salaires maintenant. Ils sont corrects en gnral mais disparates en fonction des lieux o vous exercez et surtout : pas du tout la hauteur relle des conditions de travail, des horaires, des comptences requises, des formations suivies, des risques en gnral, de la charge motionnelle. L’anciennet est mal rmunre et les salaires n’voluent pas au mme rythme que d’autres administrations.
C’est sr, les moyens de pression chez les routiers ou les cheminots sont autres que ceux des soignants. De mme une grve du personnel de l’administration fiscale sera beaucoup plus rapidement prise en compte. Les dernires grandes grves hospitalires datent de la priode Alain JUPP et ont laiss un mauvais souvenir puisqu’elles furent durement rprimes coups de CRS et de lance eau.
Pourtant les injustices sont nombreuses et flagrantes et ce, depuis toujours. Il n’est pas juste que ceux qui soignent soient moins considrs que les autres, jusqu’ quand notre socit les considrera t’ils comme des ecclsiastiques ? Les mtiers de sant sont parfois des vocations mais n’ont rien de religieuses dans le sens du sacrifice et du dvouement gratuit. C’est trop facile et c’est surtout injuste. Le temps des bonnes surs est rvolu !
S’il est un domaine o les politiques font preuve d’un manque de connexion avec la ralit, c’est bien celui de la sant, et de sa relation avec ses fonctionnaires hospitaliers. Les raisons semblent malheureusement videntes : l’argent.
Et oui, la considration a un prix : apparemment trop cher pour notre socit qui manque curieusement de courage s’agissant de la sant et de son personnel.
Christophe Roux.










