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Divergence Numérique 75

Jean-Luc Godard / Google / La voix du Libre / Andreia “Dacal”

jeu 20 mai 2010 - 19h, rediff. sam 22 - 18h

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samedi 22 mai 2010, par Anaël Navarro, Gilles Gouget, Pascal Rullier (Date de rédaction antérieure : 20 mai 2010).

Gilles Gouget, Pascal Rullier, Anaël Navaro pour une heure Libre

Avec nos amis de la Voix du Libre, ils nous emèneront sur l’ubuntu partée ;) du mois de mai 2010 avec des témoignages reccueillis sur place.

Des nouvelles du front, et un invité surprise qui nous parlera de ses activités professionnelles qui utilisent le logiciel libre


Jean-Luc Godard : "Je suis contre Hadopi. Il n’y a pas de propriété intellectuelle"

Interrogé par les Inrocks à l’occasion de la sortie de Film Socialisme, Jean-Luc Godard a livré un plaidoyer contre les dérives du droit d’auteur et l’idée-même de propriété intellectuelle.

Alors qu’il entrera bientôt dans sa quatre-vingtième année, et malgré une image de réalisateur vieillot dont on aime raconter les films sans jamais les regarder, Jean-Luc Godard est resté un cinéaste d’une grande modernité. A l’occasion de son dernier Film Socialisme, présenté au Festival de Cannes et déjà disponible en VOD, Godard envoie valdinguer la propriété intellectuelle en empruntant des extraits de films qu’il colle à ses images, sans l’autorisation de ses confrères.

Dans une longue et passionnante interview aux Inrocks, Jean-Luc Godard dit tout le mal qu’il pense des droits d’auteur tels qu’ils sont appliqués aujourd’hui. "Le droit d’auteur, vraiment c’est pas possible. Un auteur n’a aucun droit. Je n’ai aucun droit. Je n’ai que des devoirs", explique-t-il. "Je suis contre Hadopi, bien sûr. Il n’y a pas de propriété intellectuelle. Je suis contre l’héritage, par exemple. Que les enfants d’un artiste puissent bénéficier des droits de l’oeuvre de leurs parents, pourquoi pas jusqu’à leur majorité… Mais après, je ne trouve pas ça évident que les enfants de Ravel touchent des droits sur le Boléro…".

En plus du privilège façon ancien régime que son les droits d’auteur post-mortem, forcément incompatible avec ses idées politiques, Godard trouve sans doute très désagréable l’idée que ses films, réalisés pour éveiller la conscience, ne seront pas disponibles dans le domaine public avant au moins les 70 années qui suivront sa mort. C’est la loi. Le débat existait déjà, beaucoup plus virulent, il y a deux siècles.

Plus que le droit d’auteur, c’est l’abus du droit d’auteur qui le dérange. L’appropriation exclusive de l’oeuvre. "Il ne devrait pas y avoir de propriété des oeuvres. Beaumarchais (qui a défendu le droit d’auteur et créé la SACD, ndlr) voulait seulement bénéficier d’une partie des recettes du Mariage de Figaro. Il pouvait dire « Figaro, c’est moi qui l’ai écrit ». Mais je ne crois pas qu’il aurait dit « Figaro, c’est à moi ». Ce sentiment de propriété des oeuvres est venu plus tard. Aujourd’hui, un type pose des éclairages sur la tour Eiffel, il a été payé pour ça, mais si on filme la tour Eiffel on doit encore lui payer quelque chose."

Il estime que les artistes ont le droit de reprendre les images de ses films sans le demander. "D’ailleurs, des gens le font, mettent ça sur internet et en général c’est pas très bon… Mais je n’ai pas le sentiment qu’ils me prennent quelque chose". Godard lui-même a repris dans son film des images de Plages, d’Agnès Varda, sans lui demander l’autorisation, et même sans la citer. Une pratique totalement interdite par le code de la propriété intellectuelle, mais qu’il juge légitime. "Ce plan n’est pas une citation, je ne cite pas le film d’Agnès Varda : je bénéficie de son travail. C’est un extrait que je prends, que j’incorpore ailleurs pour qu’il prenne un autre sens". Il est d’accord pour le payer, mais pas au prix exigé par le producteur. "Si Agnès me demandait de l’argent, j’estime qu’on pourrait la payer au juste prix. C’est-à-dire en rapport avec l’économie du film, le nombre de spectateurs qu’il touche…"

"Quand la loi n’est pas juste, la justice passe avant la loi", dit l’avant-dernière citation du film. "C’est par rapport au droit d’auteur. Tous les DVD commencent par un carton du FBI qui criminalise la copie. Je suis allé chercher Pascal", explique Godard. C’est d’ailleurs sur cette image du FBI, qui prend le consommateur pour un coupable en puissance, qu’est dite la citation.

Ce qui est illégal est-il nécessairement illégitime ? Vous avez deux heures.

Guillaume Champeau : http://www.numerama.com/magazine/15...


Pause musicale


Données privées : les excuses de Google ne suffiront pas

Il faudra plus que des excuses pour que Google sorte indemne de la collecte illégale des données qu’il a interceptées pendant trois ans dans les rues de 30 pays sur les réseaux WiFi ouverts. La firme de Mountain View, qui était déjà dans le collimateur des gendarmes de la vie privée, devrait faire l’objet d’une enquête, à la fois en Europe et aux Etats-Unis.

Le Financial Times indique dans un article daté de lundi que la Commission Fédérale du Commerce (FTC) devrait décider d’ouvrir une enquête formelle sur l’enregistrement des données envoyées sur les réseaux publics. "Des défenseurs de la vie privée ont dit qu’une enquête pourrait regarder si la collecte des données a violé des règles sur l’accès non autorisé aux ordinateurs et aux communications privées", indique le journal. Certains y voient même un conflit diplomatique en puissance. "Pouvez-vous imaginer ce qui se passerait si une société allemande envoyait des voitures à travers les rues de Washington pour pomper toutes ces informations ?", demande ainsi Marc Rotenberg, directeur de l’Electronic Privacy Information Center (EPIC).

En Europe, c’est l’Allemagne qui prend la tête de la rébellion contre Google, qui parle d’une "erreur" pour justifier sa faute. Ilse Aigner, la ministre allemande en charge de la protection des consommateurs, a demandé samedi qu’un compte-rendu complet des informations prélevées par Google lui soit livré. Elle a jugé que la collecte était "alarmante et une démonstration supplémentaire de ce que les lois de protection de la vie privée sont un concept étranger à Google".

L’affaire devrait être à l’ordre du jour d’une prochaine réunion du G29, le Groupe européen des autorités de protection où siège notamment la CNIL.

Peter Shaar, le commissaire fédéral à la protection des données en Allemagne, qui avait déjà dénoncé la collecte des adresses MAC et des noms des réseaux WiFi (SSID), était extrêmement remonté ce week-end contre Google. Il ne croit pas une minute les explications de la firme de Mountain View. Et il est difficile de ne pas dire qu’il a raison d’avoir raison des doutes, au minimum.

"Donc tout ça n’était qu’une simple erreur", s’est-il étranglé sur le blog de la CNIL allemande. "Les données étaient collectées et stockées contre la volonté des directeurs du projet et d’autres directeurs chez Google. Si nous suivons cette logique, ça veut dire : Que le logiciel a été installé et utilisé sans avoir d’abord été testé proprement. Que des millions d’octets de données ont été collectés par erreur, sans que quiconque chez Google le remarque, y compris les propres directeurs de protection des données de Google, qui il y a deux semaines encore défendaient devant nous les pratiques internes de protection des données chez Google".

Il est vrai qu’il est étrange, pour ne pas dire plus, que personne n’ait trouvé bizarre chez Google d’avoir collecté pendant 3 ans plus de 600 Go de données sur les réseaux Wi-Fi, en ne recueillant en principe que des adresses MAC et des SSID.

Google a en tout cas commencé à procéder à la suppression des données qu’il avait collectées. Il a publié la lettre (.pdf) d’un cabinet indépendant, qui certifie avoir assisté à la destruction physique des quatre disques dur où étaient contenus les données collectées en Irlande. Une copie chiffrée a été réalisée pour les besoins des enquêtes.

Guillaume Champeau : http://www.numerama.com/magazine/15...


The Pirate Bay déjà de retour : "TPB ne peut pas être fermé, LOL"

Encore une victoire à la Pyrrhus pour les ayants droit. Alors qu’elle a obtenu du tribunal de Hambourg qu’il ordonne la suspension de la fourniture de bande passante aux serveurs de The Pirate Bay, l’association américaine des studios de cinéma (MPAA) ne peut que constater ce matin le retour en ligne du site de liens BitTorrent. La suspension n’aura pas tenu 24 heures.

C’est déjà la troisième fois que les majors du cinéma tentent de faire tomber The Pirate Bay en s’attaquant à ses hébergeurs, avec un succès très éphémère. Le site avait dû déménager en urgence vers l’Ukraine après les poursuites engagées contre son fournisseur d’accès suédois, puis il avait dû migrer vers un abri anti-atomique de l’OTAN, aux Pays-Bas.

Sa nouvelle destination n’est pas connue, mais depuis ses mésaventures suédoises, le site prévoit toujours un plan de secours pour basculer rapidement vers un nouvel hébergeur dans le cas où leur accès au net serait suspendu.

Fidèle à sa tradition, The Pirate Bay se moque donc ouvertement de la MPAA, cette fois dans un billet écrit en capitales et dans un langage SMS bourré de fautes digne d’adolescents prépubères (mise à jour : nemessa nous signale en commentaire qu’il s’agit en fait d’un langage emprunté aux lolcats), . Manière de montrer au lobby du cinéma et aux millions de dollars investis dans la lutte anti-piratage que des gosses seront toujours plus intelligents qu’eux, même quand ils n’en ont pas l’air. Limpide, le message signé d’un certain "Dr LOLCAT" est intitulé : "S’il vous plait, apprenez ceci : TPB ne peut pas être fermé".

"Notre hébergeur qui est vraiment très sympa a été menacé d’une amende vraiment très grosse, donc nous avons décidé de déménager le site pour qu’ils n’aient pas de problèmes, LOL. Donc la décision de déménager a été prise par nous, The Pirate Bay, LOL".

"The Pirate Bay est un navire insubmersible. Il naviguera sur les eaux des interwebs aussi longtemps qu’il le souhaitera. Souvenez-vous en, ok. Merci."

Le message se termine par cette signature : "TPB, présent depuis 2003, seulement pour les LOLs".

De quoi mettre une bonne ambiance avant le procès en appel, prévu vers la fin de l’année.

Guillaume Champeau : http://www.numerama.com/magazine/15...


Lancement de la StreamBox Tryphon

La jeune société Tryphon, spécialisée dans les solutions libres à destination des radios, lance sa StreamBox Tryphon : un boîtier prêt à l’emploi, bourré de logiciels libres qui permet créer les streamings d’une radio en quelques clics.

http://www.tryphon.eu/fr/produits/s...


Vidéos : « Qu’est-ce qu’Internet ? » Cycle de conférences à Sciences Po par Benjamin Bayart

Les vidéos du cycle de conférences donné par Benjamin Bayart à Sciences Po sur le thème « Qu’est-ce qu’Internet ? » sont disponibles. Vous pouvez dès à présent les visualiser, les télécharger librement et les diffuser. Il est important que la diffusion soit la plus importante considérant la portée pédagogique de ce cycle de conférences. Il est également important de regarder les parties dans l’ordre afin de bien comprendre. NdM : dans le même style, les vidéos de Pas Sage en Seine sont en train d’arriver.

http://www.libertesnumeriques.net/v...


A l’occasion de la sortie mondiale d’Ubuntu qui s’est déroulée le 29 avril 2010, un party à Québec a eu lieu le 6 mai 2010. La voix du Libre a réalisé quelques entrevues et sonder ainsi les utilisateurs ou futurs utilisateurs de cette distribution populaire sous Linux ! Nous vous diffusons les meilleurs passages qu’ils ont récoltés pendant cette soirée.


Invité surprise...


Pauses musicales extraites du dernier album de Andreia Dacal - Afirmativa

http://www.dogmazic.net/static.php?...

http://www.fresh-poulp.net/releases...

Après une première connexion brésilienne l’année dernière avec Dubalizer, Fresh Poulp traverse une nouvelle fois l’atlantique, cette fois-ci en direction de Rio De Janeiro, plus précisément à Niterói. Avec Andreia “Dacal”, brésilienne de 30 ans, chanteuse, instrumentiste, poétesse et aficionada de skateboard, nous vous proposons une ballade entre reggae, dub, rap et musique brésilienne. Afirmativa, son second album après Caos Roots Controle sorti en 2007, est rempli d’énergies positives, d’espoirs, d’engagements, de partages et de matières subtiles offrants une nouvelle perception poétique. Du partage, Andreia nous le prouve avec aux commandes d’Afirmativa pas moins de 8 producteurs (dont Lowcut de Dubzoic et Bandulu Dub) ainsi que 3 Mc’s.


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Réalisation Technique :
Elie Elkaïm ou Bruno Bertrand
 
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