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Jean-Paul BOCAJ


samedi 17 novembre 2001, par Gilles Gouget

Depuis 1978, Jean-Paul BOCAJ s’est imposé comme partie intégrante du paysage pictural local. Ses femmes extatiques, ses animaux, ses hommes d’opérettes se mèlent en une chair "jamais triste", dont les couleurs acryliques sont tantôt poussées par l’aérographe, tantôt par le pinceau. Rencontre avec l’artiste, qui partage son Atelier du Garage avec Isabelle Marsalla, peintre, et Raymond Salvage, des éditions Le Ventre et L’oeil.

G. G. : Une exposition qui a pas mal attir les regards des passants du bd. Pasteur, qui ont souvent t interpells par la couleur et les formes. La premire exposition c’tait en 1978, a veut dire que Jean Paul Bocaj est un peintre majeur et vaccin ?

Bocaj : Ouais, on peut dire a. Je vis et travaille Montpellier depuis une bonne quinzaine d’annes maintenant, et c’est vrai que j’ai fait pas mal d’expos droite gauche, dans les environs, Montpellier mme, dans la rgion... un petit peu partout, et mme l’tranger.

G. G. : Ce qu’il y a de particulier, c’est aussi le mlange entre le pinceau et l’arographe, c’est une technique que tu as toujours utilise ?

Bocaj : a fait un bon moment que je peins selon ce procd, depuis une bonne vingtaine d’annes. Je me sers de l’arographe, je me sers de plusieurs techniques, le pinceau, le crayon, le feutre, mais essentiellement l’arographe, oui... mlang avec plein de couleurs.

G. G. : L’arographe est plus connu pour des travaux de carrosserie d’art, ou de bande dessine. Est-ce que c’est un outil qui est utilis par beaucoup d’artistes, ou qui est considr comme quelque chose d’un peu mcanique ?...

Bocaj : J’imagine que c’est un outil qui est utilis par pas mal de gens, mais, c’est selon comment on s’en sert, c’est comme le pinceau, comme diffrents objets. Moi je m’en sers de cette faon... d’une faon un peu diffrente des hyper ralistes, ou... bon c’est quand mme trs figuratif ce que je fais.

G. G. : Figuratif, oui. Ce qui a aussi attir l’attention des gens, c’est ce petit clin d’oeil qu’il y a toujours dans tes toiles. La peinture "srieuse", c’est pas ton truc ?.. Enfin, "srieuse", dans le sens o on a souvent envie de sourire sans trop savoir pourquoi devant tes tableaux, alors qu’il y a des muses dans lesquels... on s’fait chier.

Bocaj : Ouais, c’est ce que je pense aussi. C’est une certaine faon de voir les choses, les gens, c’est un clin d’oeil... La peinture c’est pas forcment triste non plus... a peut tre aussi quelque chose d’amusant.

Raymond Salvage : Et puis l’humour est quelque chose de trs srieux.

G. G. : Les femmes aussi... les animaux aussi... mais les hommes... o sont-ils ?

Bocaj : Y’en a de temps en temps qui se baladent, au fond...

G. G. : Ils sont un peu "entre parenthses".

Bocaj : Oui, ben moi, mon sujet principal, c’est la femme, j’le cache pas. D’ailleurs on le voit bien. Et puis de temps en temps j’y glisse de petits animaux un peu... malins, un peu...

G. G. : Des animaux de ferme... des cochons, des chiens, des taureaux...

Bocaj : Oui, mais c’est pas vraiment des taureaux de ferme, c’est des taureaux de combat, de feria, quoi.

G. G. : Y’a une racine familiale dans le taureau ?

Bocaj : C’est dire ?! Ah oui, ma tante Lucienne ! Oui, elle fait des rillettes dans le Mans, oui.

G. G. : Cette proximit avec les animaux, c’est quelque chose que tu as connu tout petit ?

Bocaj : Tout petit oui, parce que comme j’ai toujours vcu dans des grandes villes, j’ai toujours vu des animaux partout, des chiens, les crottes sur les trottoirs, donc a m’a toujours intress (rire).

G. G. : Le premier jeudi du mois, l’Atelier du Garage ouvre ses portes au public, ce coup ci ce sera l’occasion de voir aussi les peintures d’Isabelle Marsalla, et de dcouvrir "Soleil de nuit", la nouvelle policire de Sergei et Marion Dounovetz, dit par Le Ventre et L’oeil, que Raymond Salvage a cr voici quatre ans.

R. S. : Voil. C’est une petite maison d’dition, une micro dition. Mais on grossit... on va bouffer Gallimard !! Non, j’ai pas dit a. Demain c’est donc l’occasion de dcouvrir cette nouvelle illustre par Marion Dounovetz, une jeune fille de quinze ans. On attaque la littrature jeunesse avec cette nouvelle, Sergei est lui mme connu et reconnu dans le milieu. Il publie au Fleuve Noir, au Dilettante, etc...

G. G. : C’est un pari difficile de monter une boite d’dition. Depuis 4 ans, est-ce que la difficult de le faire s’est confirme ou... pas spcialement ?...

R. S. : Non, pas du tout. C’est trs difficile plein de niveaux, d’une part par rapport aux cots... Un livre a cote cher... c’est trs difficile. La diffusion aussi, on travaille tout a. Pour le reste, on ne manque pas d’auteurs en rgion et dans toutes les rgions.

G. G. : Les grosses maisons ont peut-tre plus de moyens de diffusion... Le pouvoir d’imposer un livre dans toutes les librairies, et d’y mettre un bandeau rouge histoire que les gens se persuadent qu’il s’agit de la dernire merveille...

R. S. : T’as tout dit.

G. G. : Ah. Bon, ben on va se taire alors... Cette formule des jeudis, elle existe depuis quelque temps dj...

Bocaj : Depuis trois ans. On accueille des gens qui viennent de partout, ce sont des collections... Pas uniquement des gens de la rgion, ils viennent de partout. Dans des styles compltement diffrents. a peut tre des conceptuels, abstraits, figuratifs, sculpteurs, a peut tre de tout.

G. G. : Beaucoup d’artistes se sont fait trs rapidement fort d’avoir un site internet, est-ce que c’est un truc dans lequel tu comptes te lancer prochainement ?

Bocaj : Certainement quand j’en aurai les moyens, oui. Et puis, est-ce que a sert vraiment quelque chose ? Faut voir... faut y rflchir.

G. G. : Est-ce que les peintres sont souvent sollicits par des web-designer, style "viens chez moi, j’te fais un site 100.000 balles ?"

Bocaj : a arrive souvent, oui.

propos recueillis par Gilles Gouget.

P.-S.

ATELIER DU GARAGE, 7 rue Belmont, 34000 Montpellier.

0683603296

bocaj@wanadoo.fr


 
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