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J.O. Tessier (Montpellier Journal) : "L'indépendance de la presse, avant tout financière"

mer 7 déc 2011 - 11h

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mercredi 7 décembre 2011, par Simon Morin

3ème volet de notre focus sur les médias indépendants. Après Edwy Plenel, ce sont deux (jeunes) journalistes indépendants qui franchissent la porte des studios pour évoquer avec nous leur métier, l’un sur internet, l’autre sur papier.

- Nous évoquerons durant cette première partie d’entretien les questions "basiques"... Comment définir un journaliste indépendant ? Comment fonctionne t’il ? A travers les expériences de ces bonhommes, nous essaierons d’entrevoir quelques touches d’espoir... Ou pas. Notre premier invité reviendra en fin d’émission sur la relation difficile que peuvent entretenir les journalistes indépendants du Languedoc-Roussillon avec les institutions, en écho au Forum national des médias indépendants organisé en octobre dernier à Montpellier et chapeauté par la Région...

Jacques-Olivier Tessier est journaliste et fondateur du site d’informations Montpellier Journal.

Avec un "intérêt particulier pour l’environnement, le social, les médias, la politique, Montpellier et l’Hérault", il traite l’actualité locale avec affront, va chercher là où ça dérange dans les conférences de presse (quand on daigne l’inviter) et contribue à un journalisme local indépendant, sans publicité, sans dogme, si ce n’est sa propre déontologie... Le tout, -presque- gratuit : "Dans Montpellier Journal, comme il est rappelé en haut de chaque article, "vous allez lire des informations que vous n’aurez pas lues ailleurs". Un soutien permanent, par le biais de don est demandé, une sorte de contribution responsable en quelque sorte... On vous invite bien évidemment à aller voir ce qu’il se fait de ce côté-ci du Midi, libre...

Nicolas Sené en plus de signer pour L’Humanité et Politis, est également depuis 2005 collaborateur régulier du bi-mensuel Fakir. Fachés avec tout le monde, ou presque since 1999, Fakir, dirigé par François Ruffin et basé à Amiens, est un journal d’enquête et de critique sociale, entièrement rédigé et illustré par des bénévoles. Mais de qualité...

Dixit leur site internet, car on ne pourrait mieux résumer :

"Depuis le premier numéro, en 1999, cet avertissement s’affiche à la Une de notre canard : Fakir n’est lié à aucun parti, aucun syndicat, aucune institution, il est faché avec tout le monde ou presque. C’est qu’on aime bien la castagne. Et qu’elle nous le rend bien : on passe notre temps au tribunal (contre un patron du CAC 40, un journaliste aux ordres, un politicien imbus). Tous gagnés, pour l’instant, les procès. On les remporte, parce qu’on n’aime pas trop les éditos, ni les chroniques. Nos dossiers s’appuient sur des reportages, des recherches dans les archives. Ça prend du temps, de l’énergie, mais qu’est-ce qu’on ne ferait pas vos beaux yeux ? (Et vos euros…) On n’aime pas trop « l’actualité », non plus. C’est « le bruit des vagues en surface », répète notre rédac’chef. « Nous, ce qui nous intéresse, il poursuit (un peu grandiloquent), c’est la réalité : le mouvement des plaques tectoniques en profondeur. » On a donc consacré des dossiers à l’intérim, à la psychiatrie, aux contrats emploi solidarité, à un accident du travail, à une salle de muscu dans un quartier popu. Ou même à « la métaphysique du tuning ». C’est qu’on aime bien, enfin, cette variété, cette surprise. Que le lecteur ne sache pas trop sur quoi il va tomber au prochain numéro, ou même à la page d’après. Comme un cadeau surprise. Qu’on évite le côté « militant chiant », avec la litanie des violences policières, des sans-papiers maltraités, avec toujours les mêmes photos de défilé, de gens alignés à la tribune. Et tant pis si les purs et durs se plaignent de nos impostures, ou de nos papiers culs. Bon, tous ces « On aime / On n’aime pas », ça fait pas une ligne bien droite. Plutôt tordue. Tant mieux ou tant pis."

Ouf !

Revenons rapidement à notre invité du jour. Nicolas Sené sera donc avec nous pour nous parler de Fakir, mais aussi de son expérience de journaliste qui tire la pelote d’une information, d’un phénomène, qui s’engage, qui soulève des problèmes et les place devant le questionnement du public. Son livre-enquête "Derrière l’écran de la révolution sociale", autour de la précarisation du statut de cadre dans les Sociétés de service en ingénierie informatique (SSII), a fait son petit chemin et a même conduit à des débats et des justifications entre industriels sur des grosses radios de business (hmm...) (voir ici). Il continue à animer un blog à partir de ses nouvelles recherches, où se croisent également de nouveaux témoignages et de nouvelles pistes. A conseiller donc, une enquête de qualité, avec des mots simples, et qui peut parler à beaucoup de monde.

P.-S.

Image : Aurel, dessinateur de presse, qui collabore avec Montpellier Journal, entre autres...(Le Monde, Siné Hebdo, CQFD, Politis...). Son site, .



Animateur(s) :
Simon Morin
Réalisation Technique :
Bruno Bertrand
 
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