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- Interview de Johnny Moore (The Skatalites)
jeudi 13 mai 2004, par
Johnny Moore fut membre des Skatalites, le fameux groupe de ska jamacain.
tienne Bezard : Johnny Dizzy Moore, vous tes trompettiste mais vous tes aussi un des membres originels des Skatalites...
Johnny Moore : Oui, je suis un des membres fondateurs, mme si je ne travaillais pas vraiment avec les Skatalites cette poque. Mais je suis quand mme un des membres fondateurs.
E. B. : Vous avez fait vos tudes l’Alpha Boys School, pouvez-vous nous expliquer quelle sorte d’cole c’tait, et qu’elle a t son importance dans l’histoire de la musique jamacaine ?
J. M. : Ben, Alpha est un peu une Comprehensive High School, et concernant la musique jamacaine on peut considrer que cette cole a contribu 100 % son dveloppement.
E. B. : Pouvez vous nous dire comment sont ns les Skatalites ?
J. M. : Les skatalites sont ns grce aux musiciens des studios de musique. On s’est rencontrs et on s’est rassembl pour former le groupe.
E. B. : Avec les Skatalites, vous avez travaill avec Dodd, Clement Coxsone Dodd, le producteur du Studio One, comment a s’est pass ?
J. M. : Ben, on a beaucoup apprci de travailler la-bas, et on s’est bien amus. Mme aprs tout ce temps et tout ce qu’on a fait, on reste en bons termes parce qu’on ralise combien les gens apprcient ce que l’on a fait.
E. B. : Aprs Man In the Street, Guns of Navarone, et d’autres succs, Don Drummond, le trompettiste, est mort en 1969 au Belview Asylum. Ce fut la fin de la premire priode des Skatalites.
J. M. : Non, a n’a pas t la fin de la premire priode des Skatalites, mais seulement la fin de Drummond. Les Skatalites continurent aprs a. Ce fut different aprs cela bien sur, non pas cause de la mort de Don Drummond, mais plutt cause de problmes internes au groupe.
E. B. : Qu’elle tait l’influence de Drummond au sein du groupe ?
J. M. : Drummond ? Son influence tait forte car il tait l’un des plus cratifs au sein du groupe. Il tait certes un peu excentrique mais vraiment un trs bon musicien.
E. B. : La reconstruction du groupe se droula au Reggae Sunsplash Festival en 1983. Vous avez enregistr aprs cela plusieurs superbes albums comme The return of the big gun et Freedom songs. tes vous toujours au sein du groupe actuel ?
J. M. : Non, je ne fais plus partie du groupe, mais j’ai travaill avec le groupe qui tourne maintenant. J’ai fait aussi quelques apparitions en concert avec eux. J’ai aussi t avec eux aux USA.
E. B. : Vous tes toujours en contact avec eux ?
J. M. : Oui, de temps en temps on se contacte, mais c’est dlicat...
E. B. : Vous avez aussi enregistr un album solo avec Sly et Robbie, et Earl Chinna Smith, cela a t il t une bonne exprience ?
J. M. : Oui, ce fut une bonne exprience. Musicalement oui, mais pas financirement.
E. B. : Aprs tout cela, est-ce que vous pensez que ce sont les Skatalites qui ont invent le ska ?
J. M. : Bon, les Skatalites ont normment contribu au dveloppement du ska, mais je ne dirais pas que les Skatalites ont invent le ska. Le ska est apparu avec Clue John and the Blues Blasters, ensuite il y a eu diffrentes influences qui ont t ajoutes pour en faire ce qu’il est actuellement. Donc je ne dirais pas que les Skatalites ont invent le ska, mais plutt qu’ils y ont normment contribu.
E. B. : Pour vous, quel est le meilleur souvenir de votre carrire de musicien ? C’est une question difficile, je sais...
J. M. : Oui, c’est assez dur, j’ai eu tellement de bons moments...
E. B. : Oui, vous vous souvenez peut-tre d’un moment trs spcial de votre carrire...
J. M. : J’ai de tellement bons souvenirs, mais ce que j’ai beaucoup aim c’est quand j’tais enfant l’Alpha Boys School. On a jou pour la princesse... Je ne me souviens pas quel tait son nom l’poque, mais maintenant c’est celle que l’on appelle la reine Elizabeth. On a jou devant elle... Elle s’est approch de moi, et m’a serr la main. Ce fut un moment extraordinaire. Et encore maintenant je me souviens de ce moment.
E. B. : La religion rasta est trs lie avec la musique reggae. Pouvez vous nous expliquer comment et pourquoi vous tes devenu un rasta ?
J. M. : Je ne suis pas devenu rasta, je suis n comme a. Ce n’est pas quelque chose qu’on peut devenir...
E. B. : Encore trois questions. Qu’est ce que vous pensez de la nouvelle gnration de chanteurs de ragga, comme Capleton, Sizzla, ou Elephant Man ?
J. M. : Bon, ben, il font ce qu’il ont a faire. Ils ont leur message et leur but est de faire passer ce message. Ils essaient de continuer ce qui a t commenc et de l’exprimer...
E. B. : Mais tes vous un peu du par l’absence d’une relle recherche musicale ?
J. M. : Oui, bien sur. La musique n’est pas aussi puissante qu’elle tait, et la direction qu’elle prend est parfois bien loigne de ce qu’il a t fait dans le domaine de la musique en Jamaque. Mais la musique est l, et tt ou tard ils reviendront aux sources...
E. B. : Vous vivez toujours Kingston. Quels sont les liens que vous entretenez avec les musiciens locaux de la vieille cole, comme les Mystic Revelation of Rastafari.
J. M. : Ben, nous sommes amis. On se rencontre de temps en temps pour partager notre musique, chanter et prier pour notre empereur Hail Slassi.
E. B. : Enfin dernire question. Avez vous en projet de faire de nouveaux albums ?
J. M. : Oui, quelque chose que je viens de terminer en partenariat avec quelqu’un de France. J’ai fait un album pour lui, et je cherche aussi faire un album ici, en Jamaque.
E. B. : Ben vous nous direz de quoi il s’agit une prochaine fois. Merci beaucoup mister Johnny Dizzy Moore, pour la seconde fois.
J. M. : Oui, j’espre que cette fois ci, a a bien enregistr...(Rires).
Johnny Moore est actuellement en tourne avec la formation Jamaica all stars, www.jamallstars.com
Interview ralis Kingston, Aot 2003.









