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Araponga 105

Hommage à Johnny Alf

jeu 11 mars 2010 - 20h, rediff. dim 14 - 17h


jeudi 11 mars 2010, par Marta Marinho (Date de rédaction antérieure : 9 mars 2010).

Hommage au pianiste, compositeur et chanteur brésilien, Johnny Alf, disparu le 04 mars 2010.

Johnny Alf (1929 - 2010), Alfredo José da Silva de son vrai nom, était considéré, sans conteste, comme fondateur de l’esprit de la bossa nova. Dans les paroles du journaliste et écrivain brésilien, Ruy Castro, " si tous les artistes qu’il a influencé se tenaient la main, le courant humain irait de Rio de Janeiro, où il est né, à São Paulo, où il a décédé ". Néanmoins, il est mort dans une quasi misère ; sans maison, sans retraite, sans soins de qualité, avec à peine quelques sous qu’il recevait de ses droits d’auteur. Lui, pourtant l’auteur de divers standards de la musique brésilienne (" Rapaz de Bem ", " Ilusão à toa ", " Eu e a Brisa "...)

Johnny Alf, influencé au départ par les comédies musicales, par le jazz, par son homologue Nat King Cole, était un pionnier. Son piano, sa voix et ses compositions laissaient présager, dès le départ, les changements à venir dans la musique brésilienne. Son premier 78 tours date de 1952. Il jouait dans les night-clubs à Rio et était écouté avec beaucoup d’attention par les futurs pères de la bossa nova, Tom Jobim, Joao Gilberto. Carlos Lira, Roberto Menescal. Sa composition "Rapaz de Bem", de 1953, a été considéré comme le coup de pied initial de la bossa nova, avant " Chega de Saudade ". Mais en 1955 alors que la bossa nova germinait à Rio, il part travailler à São Paulo. Timide et réservé, il préfère les nuits froides de Sao Paulo aux nuits agités de Rio. Si bien que, quand la bossa nova a explosé, avec le concert du Carnegie Hall à New York, en 1962, il n’était même pas présent.

A nouveau, en 1964, il sort un disque qui surprendra à tous avec des arrangements très originaux, des mélodies étonnantes, une manière de chanter imprévisible. Le disque a été considéré génial mais il n’a presque pas été vendu. Johnny Alf n’était peut être pas destiné à la gloire. C’est alors qu’en 1967, sa chanson " Eu e a Brisa", initialement composée pour le mariage d’un copain, a été présentée dans un festival de musique. Là encore, la chanson n’a pas été bien acceptée. Mais, peu de temps après, " Eu e a Brisa " devient, comme par miracle, un grand succès médiatique et Johnny Alf est alors découvert par des pointures internationales comme Oscar Peterson et Lalo Schifrin. Malgré cela il continuera à jouer dans les night-clubs, sans beaucoup d’impact, sans trop profiter de la vague emportée par la Bossa Nova.

Pourquoi cet étonnant artiste est toujours resté sur le carreau ? D’après le musicien Ed Motta, cité dans la presse, les préjugés de couleur de peau y sont pour beaucoup. Johnny Alf serait "l’antithèse de la musique brésilienne" " son ultra sophistication a passé de mode, en même temps que les pianos étaient laissés du coté". Aux préjugés dont parle Ed Motta, se rajoutent les préjugés en relation à l’homosexualité de Johnny Alf. La chanteuse Joyce, qui l’a connu de prés, en parle dans son Blog : " Notre génial Johnny Alf, gay noir, trop moderne et en avance par rapport à son temps, a opté pour l’ostracisme ; Au moment où la bossa nova, qu’il avait aidé à créer, explosait dans le monde, Johnny a fait le chemin inverse, en préférant les nuits de São Paulo. Un musicien de sa stature méritait plusieurs tournées et hommages par tout dans le monde. Mais lui, il vivait pratiquement caché, par modestie, mais aussi par crainte des barrières posées à ceux qui se montrent trop." Ensemble ils ont composé "Plexus " qui évoque le sujet des complexes.

Johnny Alf n’a composé qu’environ 80 titres, mais il a été largement repris par une centaine d’interprètes, de Wilson Simonal, Joyce, João Gilberto, Hermeto Pascoal à Alaide Costa, Leny Andrade, Caetano Veloso, Chico Buarque, Lalo Schifrin et tant d’autres. Son morceau " Eu e a Brisa " a connu, a lui seul, plus d’une quarantaine de versions. Cependant, mis à part quelques concerts organisés à la fin de sa vie par quelques uns de ses compères et admirateurs (Toquinho, Filo Machado), Johnny Alf est mort dans l’indifférence, sans avoir eu un hommage à sa auteur ; pas de DVD, pas de documentaire, pas de Songbook et très peu de ses disques réédites. Mais on peut être sur que, sans son piano un peu tordu, ses compositions mélangeant la samba au jazz, ses textes d’un lyrisme parfois sublime, sa voix phrasée, la bossa nova ne serai pas la même.

Playlist

titreinterprètealbumannéelabeldurée
Rapaz de Bem Johnny Alf (part E Santiago) Olhos Negros 1990 BMG 3’02
Desejo do Mar Johnny Alf Diagonal 1964 RCA 2’37
Eu e a Brisa Johnny Alf (part G Gil) Olhos Negros 1990 BMG 4’51
Termos de Canção Johnny Alf Diagonal 1964 RCA 2’07
Sidarta Johnny Alf Desbunde Total 1978 Warner 2’18
Seu Chopin, Desculpe Johnny Alf (part C Buarque) Olhos Negros 1990 BMG 2’29
Vejo a Tarde Cair Johnny Alf Diagonal 1964 RCA 2’28
Plexus Joyce & Johnny Alf Bossa Duets 2005 Sony 3’46
Podem Falar Johnny Alf O que é Amar 1988 RCA 1’52
Eu pretendo não chorar Johnny Alf Desbunde Total 1978 Warner 2’11
O que é amar Johnny Alf Nós 1974 Odeon 4’28
Olhai Johnny Alf Desbunde Total 1978 Warner 3’01
Olhos Negros Johnny Alf (part C Veloso) Olhos Negros 1990 BMG 3’47
Illusão à Toa Rosa Passos Curare 1991 Deckdisc 3’09
Nós Johnny Alf Nós 1974 Odeon 4’12
Luz Eterna Fernanda Cunha & Johnny Alf Interpreta Johnny Alf & Sueli Costa 2004 Independent 3’17
Com voz de plenitude Johnny Alf Desbunde Total 1978 Warner 2’50
Eu e a Brisa (extrait) Baby Consuelo Baby Consuelo ao Vivo Montreux 1980 WEA 5’01


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