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Expo Bonnard, Voix de la Méditerrannée, tous à Lodève ! / Journée nationale des Cercles de silence à Montpellier

mar 26 mais 2009 - 12h10, rediff. - 17h10


mardi 26 mai 2009, par Gilles Gouget

- Lodève présente ses deux grands rendez-vous culturels de l’été : L’exposition BONNARD du Musée de Lodève et l’édition 2009 des Voix de la méditerrannée. Hadj Madani, Hadj madani (premier adjoint Modem au maire PS, en charge de la communication) et Maïte Valles Bled (conservatrice du Musée Fleury à Lodève et directrice du festival) répondent à nos questions
- Jean-Paul NUÑEZ, le responsable régional de la Cimade, au micro de Pierre Louis Chevalier, évoque les Cercles de silence... Un cercle se tiendra ce soir de 18 à 19h place de la Comédie.

Le Musée de Lodève présente, du 20 juin au 1er novembre 2009, une importante exposition intitulée « BONNARD Guetteur sensible du quotidien ».

Cette exposition propose un regard d’ensemble sur l’itinéraire de cet artiste depuis ses premières recherches avec ses amis du groupe des Nabis jusqu’à l’extrême liberté d’expression qui, par la suite, marquera son œuvre jusqu’à la fin de sa vie, libérant des audaces qui, à certains égards, ne seront pas éloignées de l’art abstrait.

L’exposition rassemble prés de soixante-dix œuvres – peintures, aquarelles, dessins... parmi lesquelles on peut citer : Fiacre, 1898, collection particulière, Londres (jamais exposé) ; L’Omnibus, 1895 , Collection particulière ; Dans la rue (La Devanture), 1898, Collection particulière, Suisse ; Marthe Bonnard et son chien Black, 1906, M. Kiyoshi Taménaga , collection particulière Japon ; Autoportrait à contre-jour, 1923, Collection particulière ; Nu aux babouches rouges, 1932 collection particulière, Etats-Unis.

http://www.lodeve.com/index.php/art...

Créé en 1998, le Festival des Voix de la Méditerranée s’appuie sur une triple identité méditerranéenne de la ville de Lodève : identité historique, géographique et sociologique.

Une identité historique, forte depuis la période gallo-romaine.

Une identité géographique en pays méditerranéen.

Une identité sociologique due à la mixité méditerranéenne de sa population.

Pendant 9 jours, plus de 80 poètes venant de tous les pays méditerranéens investissent les rues, les places, les cours, les cafés… toute la ville, pour célébrer la poésie.

Au gré d’une trentaine de manifestations quotidiennes, leurs voix se joignent à celles de conteurs, de comédiens, de chanteurs, de musiciens, en un foisonnement de rencontres concertées ou fortuites.

Chaque jour propose des lectures, des performances, des débats, des tables rondes auxquels répondent de nombreux spectacles, concerts, dans une ville tout entière ouverte à la vibration des mots.

http://www.voixdelamediterranee.com/


Les cercles de silence : Mouvement non-violent, ou nouvelle forme de manifestation sans violence ?

Jean-Paul NUÑEZ

CIMADE Languedoc

L’engouement pour les cercles de silence est incontestable. Il n’y a pas une réunion publique concernant l’immigration où ils ne soient pas évoqué comme action possible face à la politique du gouvernement actuel à ce sujet... Le nombre d’articles de presse et de reportage est impressionnant...

Parti de Toulouse en octobre 2007 à l’initiative des frères franciscains il est possible d’en dénombrer désormais une centaine sur tout le territoire.

Partout, il y a cercle (au moins un parfois plusieurs) et toujours silence.

Mais, de fait, ces cercles n’ont que cela de commun : ici on marche en cercle, là on porte des masques blancs, ailleurs il y a une lampe tempête au centre du cercle, mais là se trouve un mime... Dans certaines villes des tracts sont distribués ans d’autres les participants au cercle portent des panneaux, parfois ils sont à coté avec des gens qui expliquent le sens du cercle... Ailleurs, comme à Strasbourg, le tract est traduit en plusieurs langues... Partout des passants s’arrêtent... cherchent à comprendre... critiquent ou participent... Ici, comme à Toulouse c’est les derniers mardis de chaque mois, mais selon les villes tous les jours de la semaine (rarement le dimanche) sont touchés, et ce, toutes les semaines du mois.

« On ne sort pas indemne d’une heure de silence. Il faut tenir, surtout aujourd’hui dans notre monde de blabla. Sur Toulouse, la benne-à-ordures passe en général entre 18h45 et 19h et fait un boucan du tonnerre. Mais l’agressivité des conditions extérieures tend à renforcer la détermination intérieure. « Voilà ce qui est important pour moi ».

Le silence des cercles n’est pas habituel. Nous savons tous, qu’il y a des tas de silences : des froids et durs, des silences qui divisent, des silences qui nient, d’autres qui rendent suspect ou qui jugent... Des silences dont ont a peur. Il y a ceux qu’il faut se garder de bousculer, des lourds de sens, absolus. Il y a le silence de l’amitié ou de l’animosité...

Mais le silence des cercles est particulier. Il est de ceux qui éclairent, expliquent, critiquent contestent...

Le silence des cercles est un de ceux qui disent alors que tout a déjà été dit et que les mots ne disent rien ou plus grand chose... « Le silence ne peut pas se substituer à la parole. Il est le dernier recours quand toute parole est devenue impossible, quand les décisions restent en deçà de la gravité d’une situation ».

Au fond tout ce silence est superbe. Tout ce silence pour un peut-être. Tout ce silence, hic et nunc, qui inonde de réalité l’événement de la politique migratoire... Il y a dans ce silence, où on retrouve simultanément du refus mais aussi du don, une percée réelle, flagrante et incontestable d’espérance.

Parce que justement espérance, cet événement des cercles n’est pas et ne peut être une fin en soi. Rien n’est en effet plus pénible et atroce que l’accoutumance. Avec le temps, elle transforme en évidence ce qui n’est qu’une habitude. Et, il n’y a plus d’espérance là où il n’y a plus que des regards blasés.

Mais alors, qu’elle est donc la finalité, le but, l’orientation des cercles de silence ?

Cette question en appelle une autre. Une question qui se pose et a laquelle il serait opportun de répondre pour que ces cercles ne perdent pas, rapidement, leurs intérêts : les cercles de silence sont-ils une action non-violente (comme ils aiment se décrire) ou sont-ils devenues une nouvelle forme de manifestation sans violence ?

Ce qui n’est évidemment pas la même chose.

En corollaire, l’objectif des cercles de silence se pose. Mais au fait, quel est-il ? N’est-il pas trop « ambitieux » et vaut-il la peine d’être poursuivi ? Le moyen des cercles de silence en soi permettra t-il de l’atteindre, du moins en partie ?

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