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« C’est pas moderne, c’est contemporain »

Entre caresses et coups de gueule, le re-retour : 15 spectacles, 11 lieux de la culture montpelliéraine, passés au crible par nos deux escogriffes

ven 1er avril 2011 - 12h30, 18h30

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vendredi 1er avril 2011, par Florent Robin

Florent Robin et Yves Gurcan, dans une perspective critique, font la revue des spectacles proposés à Montpellier le mois dernier. Sans compromis, ni langue de bois.

Encore une fois, un programme chargé dans ce vendredi théâtre critique avec 13 spectacles passés au peigne fin et divisés en 5 plateaux :

Art lyrique, oeuvres orchestrales

- Rigoletto à l’Opéra Corum (Orchestre National de Montpellier, mise en scène de René Koering) Cet opéra repose sur les escapades amoureuses du Duc de Mantoue et sur la complicité de son bouffon, Rigoletto, un bossu. La fille de Rigoletto, Gilda, tenue à l’écart par son père, est remarquée par le duc qui ignore sa véritable identité. Le comte Ceprano, que les railleries du bouffon exaspèrent, organise l’enlèvement de Gilda avec la complicité involontaire de Rigoletto. Celui-ci, qui a compris qu’il a livré sa propre fille au Duc, décide de le tuer et engage à cet effet le spadassin Sparafucile.

- The Young Person’s Guide to the Orchestra + L’amour masqué à La Vignette (Opéra Junior) L’amour masqué : « Elle » a vingt ans et se fait entretenir par deux amants, le Baron d’Agnot et le Maharadjah, que, bien entendu, elle n’aime pas. « Elle » est tombée amoureuse d’un jeune inconnu dont elle a dérobé le portrait chez un photographe. « Lui » a quarante ans ete rend chez « Elle » pour récupérer son bien et l’invité à un bal masqué et vont passer la nuit ensemble. Une opérette libertine, on l’aura compris.

Des vers pas solitaires (poésie)

- Paysage moral à la salle Saint Ravy (Compagnie Amadis) Une pièce qui regroupe plusieurs poèmes de Carlos Drummond De Andrade, qui nous font plonger dans une recherche pénétrante et solitaire de la vie quotidienne.

- Monsieur Monsieur Tardieu à la salle Saint Ravy (L’Acte Chanson) Spectacle-hommage au poète et homme de théâtre Jean Tardieu, mort le 27 janvier 1995, est conçu comme une succession d’escales parmi les mots, les choses, les êtres enfantés par le poète – un des plus grands du 20ème siècle – un voyage dans les pitreries de langue française.

Rions... un peu (comédie et jeune public)

- J’existe (foutez-moi la paix) au théâtre des Treize Vents (une création de Pierre et Marie Notte) Un hommage amoureux aux cabarets déglingués, aux genres un peu approximatifs. Tout se fait en dialogues, en surprises et en chansonnettes. Le personnage de Marie veut être Catherine Deneuve, mais la place est déjà prise. Il est question également de David Douillet.

- La planète aux bonbons au théâtre de la Plume (de Brice Depoortère) Dans cette représentation de magie sous la forme d’une pièce de théâtre, un voyageur étourdi cherche à retrouver le chemin de la planète aux bonbons. Un conte gourmand où la fantaisie du propos se mêle à la poésie des images.

- Veuillez essuyer vos plaies avant d’entrer au théâtre Pierre Tabard (par "les Déplaisants") Ces acteurs-auteurs ont trempé leurs plumes dans l’humour noir à travers quelques saynètes à réveiller les mornes. Une balade humoristique en tandem parmi les tracas et les travers de la vie. En treize étapes mouvementées, ces railleurs infatigables proposent un tour de table des sales manies, des mauvaises manières et des drôles de moeurs.

-  Burlingue au théâtre de la Plume (Compagnie Les Ebourriffées) Une comédie qui tourne au désastre, où 2 secrétaires vont peu à peu se révéler féroces, cruelles, manipulatrices et délicieusement ridicules pour une simple gomme.

« C’est pas moderne, c’est contemporain »

- Intendance – Saison 1 au théâtre Jean Vilar (mise en scène de Gilbert Rouvière) Trois univers clos – Bagdad, les Etats-Unis, le tournage d’une série – sont reliés à un même engrenage. Et tournent à vide : les personnages partagent les mêmes codes, les mêmes idoles, les mêmes mythologies. Tous sont à bout, au bord de l’implosion. une comédie méchante qui parle des névroses de notre monde américanisé.

-  Comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer le réchauffement climatique au Domaine d’Ô (Compagnie Vertical Détour) Sur le pont d’un paquebot en croisière au Pôle Nord, quelques privilégiés s’extasient de leur voyage. La beauté des paysages, la qualité du service, le luxe de la décoration. Le Groenland est revenu à l’origine de son nom, la Terre Verte. Les glaces se sont rétrécies, les paquebots de luxe glissent dans les eaux polaires métamorphosées en une somptueuse méditerranée. Un raisonnement scientifique, à travers une conférence factice, poussé à l’extrême et tourné au ridicule.

- Les rêves de Margaret au théâtre des Treize Vents (Florence Giorgetti) Margaret, la petite ouvrière se désole. Ses voisins, la parentèle, se désolent aussi. Privés de l’essentiel, ils vont, viennent, chez les uns, les autres, et s’entre-volent, s’empruntent, et se piègent, et se courent après. La fresque dessine le visage de personnages égarés, des amoureux déçus, des voleurs, des avares, des fous... tous victimes d’une société inconfortable.

-  L’heure du bain au théâtre de la Baignoire (Karin Espinosa et Catherine Nespoulous) Karin Espinosa et Catherine Nespoulous mettent bout à bout des fragments d’existence et racontent la vie par le petit bout de la lorgnette à l’heure du bain. Grâce à des percussions industrielles, des instruments sortis tout droit du quotidien, elles déplient un univers d’eau et d’air, des mots, des ébauches de vie, des petites histoires de corps et d’âmes.

Un personnage, des histoires (biopics)

- Ma peau sur la table (féerie) au théâtre du Hangar (David Alaya) Un spectacle contemporain, une Féerie, au croisement de l’homme – Louis Ferdinand Céline - et de son oeuvre, mêlant création sonore et vidéo.

- Stimulant, amer et nécessaire au Carré Rondelet (Cie Alcantara) Paquita, une femme comme tant d’autres est fonctionnaire au ministère. La routine quotidienne et l’ennui la conduisent dans une salle de bingo afin de provoquer la chance. Sa vie s’enchaîne à trois hommes. Le premier homme le conduit au second et le second au troisième...

- Marilyn Monroe – Entretiens à La Vignette (Stéphanie Marc) Inspiré par la lecture du roman “Marilyn dernière séance”, le spectacle raconte les deux dernières années de la vie de Marilyn et son analyse avec l’un des psychanalystes vedette d’Hollywood. De toutes les facettes de Marilyn Monroe, c’est, entre autres, la plus sombre, et la plus méconnue qui est mise à nue : Marilyn, la patiente accro à Freud et à la psychanalyse autant qu’aux barbituriques qui la tuaient lentement.

P.-S.

Cette semaine, c’est Florent qui a assuré la programmation musicale.



Animateur(s) :
Florent Robin, Yves Gurcan
Réalisation Technique :
Bruno Bertrand
 
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