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- Décès de Georges Frêche ; un an après.
lun 24 oct 2011 - 12h30, 17h30
lundi 24 octobre 2011, par ,
Invités de la semaine :
Jean-Pierre Foubert.
René Lévy.
Thierry Salvador.
Raymond Dugrand.
T’en souvient-il ? C’était un dimanche, il était près de vingt heures... Les portables se mirent à résonner : Georges Frêche, de retour de Chine, venait de décéder alors qu’il travaillait dans son bureau à l’hôtel de région. Un choc ! Le choc ?
Quelques mois plus tôt, il venait de remporter, pour le seconde fois, la présidence de la région Languedoc-Roussillon. Et ce malgré le parti socialiste conduit par Martine Aubry et ses relais locaux. La bataille avait été âpre, c’est le moins que l’on puisse dire... mais le résultat sans appel : la liste conduite par Hélène Aubry- Mandroux s’était prise une veste mémorable, n’atteignant pas le seuil des 10% pour se maintenir. Une augure pour les temps à venir ? La division de la gauche qui avait mis en concurrence les Verts, le Front de Gauche et les Socialistes officiels avait ouvert un véritable boulevard à l’ancien maire de Montpellier. Et chacun, ici ou là, d’en sourire !
Juste retour des choses, Martine Aubry vient de prendre une gifle électorale lors des primaires citoyennes. Une gifle d’autant plus sévère dans la région.
Mais revenons à nos moutons...
Ce dimanche automnal de l’an dernier fermait le ban à plus de trente années de pilotage frêchien tant à Montpellier qu’en Languedoc. Les cartes se redistribuèrent plutôt rapidement laissant la place à une véritable gauche molle quoique aubriste. Hélène Mandroux pensa prendre son envol poussée par son mentor, l’autre Navarro ; Jean-Pierre Mourre s’empara des commandes agglomérées tandis qu’André Vézinhet achevait son complexe oedipien. C’est sans parler du petit meurtre entre amis qui eut lieu au coeur de l’Hôtel de Région... permettant, à terme, la prise de pouvoir de Christian Bourquin poussé par son mentor, l’autre Navarro !
Voilà ! C’était il y a un an... déjà !
Où, diable, en sommes-nous maintenant ? Un bateau ivre dans la métropole et un navire sans pilote dans la région. L’adage dit : « personne n’est irremplaçable ». On peut en douter...
Et si chacun , aujourd’hui, s’interroge sur l’avenir de Montpellier comme sur celui de la région, tout laisse à penser que la Surdouée tend à devenir la sous douée. Pire, les Français comme les Montpelliérains ou les Languedociens n’ont pas de mémoire... Qui se souvient vraiment de Frêche ? De ce qu’il a fait pour la ville, de ce qu’il s’apprêtait à faire pour la région ? Et dans dix ans qui se souviendra de l’homme ?
C’est le rôle de l’historien de traiter du passé. De s’interroger aujourd’hui en cherchant dans le passé des réponses pour l’avenir. De l’homme et de son action, qu’en retenir pour demain ?
90 minutes pour y réfléchir ... sur Divergence, dans Provoscopie !
Une équipe divergente est partie sillonner les ruelles du Clapas et interroger au hasard des rencontres une brochette de piétons. Entre vieux Montpelliérains et néo-Montpelliérains, entre gens d’ici et gens d’ailleurs, que leur inspire le nom de Georges Frêche ?
Ecoutez un instant, c’est édifiant…
12h35 : Illicoscopie…
Présentation de « l’actualité de la semaine ».
Interview et débat sur l’actualité des invités.
Permettez-moi de vous présenter nos belettes de la semaine...
Nous sommes en présence d’un personnage ostracisé qui se fait très rare sur les médias depuis un an. Il fut le chef de cabinet de Georges Frêche au temps de la Surdouée. Mais il quitta, dans des conditions qui restent à éclaircir, la mairie pour le département en intégrant le cabinet d’André Vézinhet. Pourtant, il revient dans le giron frêchiste une fois que ce dernier s’est installé dans le fauteuil régional. Depuis, depuis... il est SBF, sans bureau fixe. Le pôvre ! Bienvenue à Jean-Pierre Foubert, l’homme de l’ombre !
Notre seconde belette est habituellement si discrète que les médias ne connaissent que sa tête lorsque des élections ont lieu à la CCI de Montpellier. Sa voix ? Seuls les restaurateurs et les gens de bouche la connaissent. Bien sûr il a croisé le Grand. Comment a-t-il vécu ces années-là ? Aujourd’hui, arrivé à l’âge canonique de la retraite, il parle ! Mais pas aujourd’hui, car il n’a pu répondre à notre invitation pour des raisons de santé, aussi nous ne pourrions lui en vouloir.
Le suivant est de nos belettes favorites. Sarkoziste malgré les tempêtes médiatiques, homme de droite qui voit des gauchistes partout, il fut amené à croiser les pas de Georges Frêche. Au point de regretter presque sa disparition… Mes hommages à Thierry Salvador, le promoteur de Montpellier 2020 !
Quant au dernier, géographe il est de son état. Il architecturise à la mode de celui qui fut son maître, Raymond Dugrand. Combien de fois cet homme de « gôche » a-t-il croisé le chemin et le fer avec le Grand ? Là est la question ! Quoiqu’il en soit, c’est avec un plaisir non dissimulé que nous accueillons Jean-Paul Volle.
Donc, une belle équipe de belettes : de « gôche » comme de droite, pour diverger sur le pas de celui qui fut le guide de Montpellier et de la région durant tant d’années.
13h00 : Rétroscopie…
Présentation du « retour sur info ».
Chronique de la Renarde : J’y pense et puis j’oublie !
Interview et débat sur la morgue dans les infos…
Telle une fouine, la renarde est encore une fois partie en quête d’événements passés aux oubliettes de l’Histoire. Qu’a-t-elle retenu ? Des statues !... Lesquelles ? Celles qui firent tant débat lorsqu’elles furent installées au coeur de Odysseum. Et alors ? Ecoutons la voix sortie de l’antre des belettes. A toi la renarde ! "Georges Frêche aura sa statue. Et pas le buste en carton pâte de Septiman 1er que lui avaient érigé les militants du NPA. Non, une vraie, en bronze ou en marbre – ça on ne le sait pas encore – qui sera dressée au cœur du Millénaire, en face du futur lycée professionnel qui portera également son nom et plus celui de la belle Marianne. N’en déplaise à l’adhérente de l’association en honneur de l’ancien président de Région, qui réclamait samedi une statue sur la place de la Comédie, regardant l’opéra de toute sa hauteur. Il aurait pourtant eu fière allure, l’empereur de Septimanie, au milieu des Trois Grâces.
N’en déplaise à cette pasionaria donc, c’est quand même un bel hommage qui sera rendu à celui qui avait élaboré un plan pour disséminer une centaine de statues dans tout Montpellier. Jusqu’à en implanter dix dans son chef d’œuvre personnel inspiré, il s’en vantait, des grands centres commerciaux américains. Sur la place des Grands Hommes, Georges Frêche a voulu mettre à l’honneur ceux qui ont "marqué" l’histoire. Marqué de leur empreinte, ou au fer rouge, peu importe. Aux côtés de Jaurès, De Gaulle, Roosevelt et Churchill, il s’était fait un malin plaisir d’arracher le drap recouvrant Lénine. Il n’aura pas l’occasion d’inaugurer Mao, qui viendra compléter la collection en janvier prochain avec Golda Meir, Nasser, Mandela et Gandhi. Glorifier Mao, au milieu d’un temple de la consommation, il aurait pourtant adoré ça.
Forcément, sans le maître d’œuvre qui avait réussi à imposer aux Montpelliérains un mausolée grandeur plus que nature de sa propre collection de statuettes fièrement exposée sur le bureau des différentes institutions qu’il a dirigées, la cérémonie aura moins de gueule. Une pâle copie du formidable coup de pub que le projet lui avait procuré lors de son annonce. Et même en ayant renoncé à la statue de Staline, par égard "pour les familles des Russes qu’il avait envoyé au goulag", sa galerie restera dans les anales pour un dernier coup d’éclat dans le jeu que Georges Frêche maîtrisait à la perfection : la provocation.
Interview
Que dire de l’aménagement sur Montpellier en terme de fontaines, de statues et de places stylisées ?
Quelles sont les statues incriminées ? Jaurès, Churchill, de Gaulle, Roosevelt et Lénine. Gandhi, Golda Meir, Nasser, Mao et Mandela.
Senghor, Pancho Villa, Deng Xiaoping, Lula… Staline. D’autres propositions ?
Et de l’aménagement de la ville en général...
Que n’a-t-il pas fait ? En terme d’aménagement…
En matière de politique économique… Tourisme, commerces…
Est-ce une réussite urbanistique ?
Quels aménagements Frêche s’apprêtait-il à faire dans la région ?
Question à Jean-Pierre Foubert… et à Jean-Paul Volle.
Que dire de l’inexistence de la communauté urbaine de Sète à Nîmes ?
Quelle politique devrait être menée en matière de viticulture et de tourisme ?
Controverse sur la « morgue » dans les Infos.
Du passé, peut-on, doit-on vraiment faire table rase ?
Montpellier et la Région ont-elles un avenir après 30 années de frêchisme ?
Il a fallu une génération pour que la droite digère la disparition de De Gaulle ! Il a fallu une autre génération pour que la gauche digère la disparition de Mitterrand ! Comment faudra-t-il de temps à Montpellier et au Languedoc pour digérer celle de Frêche ? La ville et la région ont-elles les moyens de prendre tout ce temps ?
Qu’est-ce que la gauche sectaire ? Qu’est-ce que la gauche molle ?
Foubert : dévoilez-nous la stratégie hollandaise… A-t-il des « couilles » ?
Faut-il un pouvoir gestionnaire ou un pouvoir qui fait rêver ? Vrai pour la gauche comme pour la droite : cf. Mitterrand et Sarkozy qui engendrent des « déçus » !
S’il y a deux droites comme le dit Hollande, combien y a-t-il de gauches ?
N’est-ce pas réducteur de ne distinguer que deux droites : UMP et FN ?
L’UMP n’est-elle pas traversée de courants contradictoires ? Entre droite populaire, droite sociale et droite dite républicaine sans oublier les radicaux…
Alors… combien de gauches ?
13h30 : Futuroscopie ou du passé faisons table rase…
Présentation d’avenir ! ou les bonheurs de la Futuroscopie…
Chronique du Loup : Fais-moi peur !
Interview et débat sur les futurs hypothétiques…
Indiscutablement, les futurs s’apprêtent à se télescoper dans les mois et les années qui viennent, ici comme ailleurs, à Montpellier comme à Paris. Nos élus datent des décombres de la Guerre Froide. Il sera bientôt grand temps « qu’ils s’en aillent » comme le professe Jean-Luc Mélenchon. Probablement François Hollande l’avait entrevu en cherchant à persuader ses électeurs potentiels que seule la jeunesse a réellement un avenir... Chirac l’avait aussi laissé entendre en son temps, c’était à la fin du siècle dernier alors que la fracture n’était encore que sociale.
Ici comme ailleurs, chacun comprend qu’une période est bientôt révolue, que le monde tourne et les temps changent... Les trentenaires, on l’a déjà souvent dit, trépignent d’impatience. Ce quinquennat qui se profile sera inéluctablement le dernier de la longue lignée des baby boomers. Place sera faite, de gré ou de force, aux forces vives de la Nation : les jeunes !
A Paris... la jeune droite se prépare déjà tandis que les impétrants de gauche prennent leur mal en patience.
A Montpellier, c’est déjà une autre histoire. Qui succédera en 2014 à Hélène Mandroux, à André Vézinhet, à Christian Bourquin ? Là est la question ! Les héritiers ? Trop vieux à moins qu’ils ne soient issus de la jeune garde ! D’autres... mais qui ?
Un peu comme dans les brumes tibétaines, il faudra partir à la recherche des futurs leaders politiques, ici comme ailleurs...
Ah ! Et s’il était encore là, le Vieux... Cela me donne comme une envie d’uchronie... Ecoutez un instant...
La chronique du loup : « Fais-moi peur… »
Dimanche 24 octobre 2010, vingt heures, les portables restent muets. Seuls quelques appels personnels résonnent dans les appartements. Ce sera un dimanche comme les autres...
Georges Frêche rentre de Chine après un périple digne de Tintin ou de Corto Maltesse dans des trains transsibériens en compagnie de quelques uns de ses potes dont Louis Nicollin et Jean-Claude Gayssot. Jean-Pierre Foubert aurait fait le quatrième à la belote. Tout va parfaitement bien ! Certes, les médecins lui ont conseillé d’éviter les grands déplacements ; mais, pour la Chine éternelle, une petite entorse au règlement n’est pas mortelle !
François Delacroix remet les clés de la région au Grand. Tout va bien. Derechef, le Président s’en prend une fois de plus à Solférino et à sa souffre-douleur Hélène Mandroux. La guerre des socialistes ne s’éteindra que lorsque Martine Aubry et ses sbires auront fait amande honorable.
Quelques mois plus tard, les primaires citoyennes se profilent. Et, lorsque DSK est contraint de jeter l’éponge, le Président se tourne immédiatement vers François Hollande. Il lui propose son soutien... vainement.
C’est alors que la donne change. Et, lorsque Martine Aubry laisse entendre à la fin de l’été que les choses pourraient se régler entre frêchistes et parisiens, le Président annonce qu’il lâche Bob, son Navarro. Et Georges Frêche d’entrer en campagne en faveur de la député-maire de Lille. Le Président aime les femmes. Il la soutient sans état d’âme.
La campagne est rude. Par l’intermédiaire de Paul Alliès, il favorise le rapprochement entre Arnaud Montebourg et Martine Aubry. Par l’entremise de Philippe Saurel, il facilite le ralliement de Manuel Valls. Il calme encore les ardeurs de madame Royal et la réconcilie avec Martine contre la promesse de récupérer en 2012 le Parti Socialiste. Il part en campagne dans toute la France sous le prétexte de la promotion du film qui a été tourné sur lui et son équipe par Yves Jeuland.
Et, après un premier tour prometteur, il pèse de tout son poids dans la campagne. Tant et si bien que le 16 octobre à 20H30 les projections ne laissent aucun doute. Martine Aubry emporte la primaire citoyenne avec plus de 65% des suffrages. Georges Frêche est immédiatement nommé directeur de campagne.
Déjà, dans les milieux dits informés, on parle de lui comme futur Premier Ministre !
Mais, mais, mais... il est mort ce dimanche 24 octobre 2010. Et François Hollande a été élu candidat des socialistes. A quoi tient l’Histoire ! A la vie... d’un homme...
Interview.
Comment se serait déroulée la primaire citoyenne en présence de Georges Frêche, selon vous ?
Il l’avait promis : la présidentielle de 2012 ne se ferait pas sans lui ! Qui aurait été son favori ?
Qu’aurait-il apporté à la campagne des primaires ?
N’est-ce pas une bonne chose pour la gauche qu’il ne soit plus là ?
Aura-t-on jamais un jour un ministre issu de Montpellier ou de la région ?
Dans la répartition des postes ministériels, tout entre en compte : les courants du parti majoritaire, les têtes des partis alliés, les cercles du président mais aussi les provenances géographiques. Sauf, peut-être, pour Montpellier et la région. Si peu de ministres en sont issus depuis près d’un siècle… Louis Barthou, Léon Blum ou Jules Moch, Edgar Faure ou François Delmas, Georges Fontès ou Jacques Blanc. Guère plus ! Il serait temps que cela change… Mais, sans Frêche ! Qui donc ?
Serait-ce important d’avoir un ministre ?
Ne pensez-vous pas que la ville comme la région risquent fort de tomber à droite en 2014 ?
Heureusement la droite locale est « la plus bête du monde »... A moins que cela ne change !
Quant à la gauche… Qui, en son sein, ici, aurait un avenir ?
Controverse avec les invités.
Quels sont les futurs probables à Montpellier comme en Languedoc ?
Faute de communauté urbaine, Montpellier et la région ont-elles un avenir ? Cf. les plans de la DATAR…
Que restera-t-il de Frêche (l’homme) et du frêchisme (les idées) d’ici 2014 ?
Qualifiez l’un et l’autre d’un mot…
La région comme la ville ont-elles un avenir sans leader ?
Si oui, quel avenir ?
Donnez-nous quelques idées pour le Montpellier de demain…
13h55 : Mais encore…
Une conclusion provisoire.
Pour conclure, l’adage dit que « la nature a horreur du vide ». Pouvez-vous commenter cette affirmation ?
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P.-S.
Remerciements à la technique en la personne de Gilles Gouget.
Semaine prochaine, l’équipe de Provoscopie part se ressourcer en prenant des congés afin de reconstituer sa force de travail.
Et donc, dans quinze jours, changement de décor. Nous jetterons l’ancre dans les ports de droite, voir un peu ce qu’il s’y passe. Sont-ils au courant que la campagne pour les présidentielles a démarré sur les chapeaux de roue ? A voir...
Le tout, toujours en direct depuis les studios de Divergence et sur le 93.9
En attendant, BONJOUR CHEZ VOUS...
Et n’oubliez jamais que, tout compte fait, la révolte n’est pas un droit mais un devoir !!!
Animateur(s) :
Yves le Bozec (le loup - Divergence FM), Marine Desseigne (la renarde - l’Hérault du Jour)
Réalisation Technique :
Gilles Gouget









