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lun 14 nov 2011 - 12h15
lundi 14 novembre 2011, par ,
Le billet hebdomadaire d’Olivier Nottale. Aujourd’hui la sortie de Berlusconi.
C’est une très grande perte pour l’Europe... Comment allons-nous faire pour nous en passer ?
Quelle ironie de l’histoire ! C’est contraint et plus ou moins forcé par les marchés économiques que ce chantre du libéralisme va quitter la scène politique. Le marchand d’aspirateur devenu l’homme le plus riche de son pays a dû remettre sa démission et quitter par une porte dérobée le palais présidentiel. En effet, une foule hostile (mais festive) s’était massée au abord dudit palais pour lui signifier la porte et même le coup de pied au cul qu’elle avait une furieuse envie de lui administrer.
« Primavera » scandaient les inconnus rassemblés pour fêter la fin du règne du « Cavaliere ». C’était le printemps en novembre en effet.
Silvio Berlusconi que je nommais déjà il y a longtemps Berluscanaille quitte la politique comme un voleur, ce qui est normal pour ce bonimenteur, cet arnaqueur qui fit de l’Italie sa chose, sa putain... Alors les cris de « mafieux », « va te faire... » et autre insultes qui sortaient hier des bouches des italiens étaient la juste récompense pour cet homme qui s’est vautré dans les scandales politiques, financiers et sexuels.
Mes amis italiens, comment avez-vous pu faire pour vous doter d’un faux arlequin usurpateur de votre si belle comedia dell’arte ? Quel sinistre pitre : il y a 17 ans, lors de la création de son fumeux parti « Forza Italia » comment n’avez-vous pas vu venir ce truand prêt a tout pour se faire une place au chaud pour ses affaires ? Bien sûr, l’homme fut brillant dans son genre, réussir d’abord à posséder plus ou moins la majorité des médias pour imposer ses idées populistes c’était une très bonne stratégie, ensuite comme d’habitude appliquer les vieilles recettes : des jeux, du sexe et des larmes de crocodiles pour divertir le peuple. Avec la télévision comme arène moderne, il a contribué pleinement à l’évolution de nos sociétés du spectacle dit de « réalité ». L’homme est toujours le propriétaire d’une multitude de sociétés. Il s’est fait voté tant de lois pour pouvoir continuer à se servir dans « sa botte » qu’il est devenu un intouchable ou presque. Quelques juges sont coriaces tout de même dans cette Rome moderne, l’avenir nous dira s’ils parviennent à coincer le papy lifté.
Berlusconi, c’est tout de même un professionnel du scandale : fraude fiscale, corruption, rapport sexuels avec des prostituées mineures... et j’en passe. Cet homme était encore hier, pardon avant-hier, chef du gouvernement d’un des pays les plus importants d’Europe : l’Italie !
Comment tout ce cirque plus ou moins romain fut-il possible ?
Avec la complicité d’une classe politique délétère qui, comme souvent de l’autre côté des Alpes, n’arrive jamais à trouver un gouvernement fiable et stable, avec aussi le soutien plus ou moins appuyé d’une droite européenne décomplexée qui se retrouvait dans la « succes story » du vieux beau affublé de son perpétuel sourire carnassier de salle de bain en marbre blanc. Mais aussi d’une « gauche » qui aimait parfois s’encanailler avec le beau parleur rital, pour lui offrir une chaîne de télévision sous François Mitterrand par exemple ! Berlusconi, c’est un peu le Bernard Tapie milanais Milan AC contre l’O.M, mais qui a vraiment réussi... Vous imaginez « Nanard » président ?!
Paraît-il Silvio a exprimé sa profonde amertume pour ce départ, la foule romaine les pouces tendus vers le bas a chanté : « Disparais », « Plus jamais » ou encore « enfin ».
Tchao Silvio et ne reviens surtout jamais...
Animateur(s) :
Olivier Nottale
Réalisation Technique :
Bruno Bertrand









