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- Christophe Fortin
vendredi 25 juin 1999, par ,
Des photos noir et blanc, des photos de profs, des photos d’élèves, où la mise en scène semble intervertie : les élèves sont très sérieux et les profs grimpent sur les meubles...
Jean François Rigaudin a rencontré Christophe Fortin, extraits :
J.-F. R. : C’est un travail qui a t ralis en 1995, dans le Val D’Oise. Mais avant de parler de votre travail parlons de vous un peu. Vous tes photographe... de mtier, mais photographe... de passion aussi.
C. F. : Oui oui, photographe de passion. J’adore faire du reportage et du portrait.
J.-F. R. : Comment tes-vous venu la photographie ? Dj tout jeune ?
C. F. : Non, plus tard, vers l’ge de 20 ans. Mon pre faisait de la photographie en tant qu’amateur, j’ai eu envie de me former dans la photo pour pouvoir en vivre. J’ai donc fait une cole, l’ETPA Toulouse, j’ai fait trois ans de formation, pour ne pas perdre de temps.
J.-F. R. : Vous tes un homme d’image, qu’est-ce qui vous plat, dans la photographie ?
C. F. : C’est la rencontre. La rencontre avec les gens que je vais photographier... c’est a, c’est cet inconnu aussi. Chaque reportage que je fais... l je suis en train d’en faire un sur les dockers Marseille, c’est un monde que je ne connaissais pas du tout. a me plat d’apprendre, a me plat de rentrer en contact avec ces gens, et de les photographier ensuite.
J.-F. R. : La prise de contact est longue, ou est-ce que vous arrivez vous faire accepter ? On se mfie parfois du photographe... les dockers de Marseille, a ne doit pas tre un milieu facile pntrer...
C. F. : Oui, c’est sr. Enfin, pour les dockers a a t un peu long au dpart, parcequ’il y avait tout un travail administratif, des autorisations obtenir, tant du port autonome que du syndicat, qui est assez fort l bas. Ensuite, c’tait me prsenter... dire que je suis photographe indpendant, leur dire ce que je veux faire, et puis attendre. J’ai attendu un petit peu avant de faire des photos, j’ai attendu de recontrer pas mal de personnes.
J.-F. R. : Etes vous de ces photographes qui prennent beaucoup de photos avant d’en slectionner certaines ?
C. F. : Non, je ne mitraille pas, je fais une... deux photographies, trois la rigueur si cela me plat. Je fais un travail de fond, je prends le temps de faire mon reportage comme mes prises de vues.
J.-F. R. : Dans cette exposition, L’cole est finie, ct de l’ambiance souvent stricte qu’il peut y avoir dans une salle de classe tout au long de l’anne, vous avez essay de mettre en scne ces lves et ces professeurs. Comment vous est venue cette ide ?
C. F. : J’ai surtout mis en scne les professeurs. En fait au dpart, je me suis apperu, en prenant quelques photos, qu’ils se tenaient tous de la mme manire. Et puis j’ai pens, en voyant cette classe, une scne de thtre, et j’ai voulu mettre en scne ces professeurs en fonction des matires qu’ils ou elles enseignaient. En fonction aussi de leur personnalit... en ayant un peu discut avec eux.
J.-F. R. : Il y a un professeur de gographie entortill dans des cartes, un autre professeur dans un placard... Alors, a, les lves rvent de mettre les professeurs au placard, vous l’avez fait !
C. F. : J’ai du en rver aussi.
J.-F. R. : En travaillant sur ce projet, est-ce que vous vous tes rappel vos annes scolaires ?
C. F. : Il y a quelque chose d’inconscient qui ressort certainement, oui.
J.-F. R. : Les lves par contre, vous les avez plus pris dans leur naturel.
C. F. : Oui, c’tait un travail de studio. J’ai fabriqu un petit studio, et l, je les ai fait poser en fonction de leur... de leur regard, de leur visage. Et je voulais que ce soit un peu plus srieux, entre guillemets.
J.-F. R. : Qu’est-ce que vous retirez de cette exprience, de ce reportage avec des lves et des profs ?
C. F. : C’tait une belle exprience, de faire poser ces profs. Il ont bien voulu jouer le jeux. Il y a une prof d’histoire-go, qui pose debout sur son bureau. Au dbut, elle voulait poser tout simplement, alors je lui ai dit qu’ensuite, on ferait une photo comme j’avais envie de la faire, et je l’ai faite poser debout sur son bureau. Quand elle a vu les clichs, elle prfrait se voir debout sur la table, et elle a dit "quelle horreur" en parlant de la photo o elle tait assise, trs stricte, sur sa chaise.
propos recueillis par Jean-Franois Rigaudin









