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Araponga 92

Carmen Miranda - 100 ans

jeu 12 fév 2009 - 20h, rediff. dim 15 - 10h

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jeudi 12 février 2009, par Marta Marinho

« Petite Notable », « Ambassadrice de la samba », « Brazilian Bombshell » « One take girl », « Miranda’s look », sont quelques uns des titres donnés à ce mythe ; pas un mirage mais un phénomène. Celui d’une petite femme, portugaise de naissance et brésilienne de cœur, élevée au statut d’idole nationale puis internationale, influençant fondamentalement la pensée, le comportement, la mode, la culture brésilienne dans son ensemble et, comme dit Caetano Veloso, les Etats-Unis et par conséquent le reste du monde.

Le leg de Carmen Miranda, réel ou symbolique, est impressionnant : une image, un modèle, des centaines de musiques enregistrées, plusieurs films et un tas de choses qui continuent à influencer aujourd’hui, la musique, le design, la mode. Son image, comme celle de Marilyn Monroe, à qui on peu la comparer par son charisme, son originalité, sa sensualité et sa fragilité est toujours présente.

Carmen est née au Portugal et a immigré, encore bébé, au Brésil avec sa famille, mais, plus encore que brésilienne dans l’âme, on dit qu’elle a su mettre toutes les cultures latines dans une même salade de fruits. En effet, même étant liée à la samba et au Brésil, on peut dire que sa sensibilité est restée latine, même lors qu’elle est devenue un sex symbol aux Etats-Unis, où elle a connu la gloire mais aussi l’exploitation.

De 1930 à 1939, ses années de succès au Brésil, Carmen a enregistré environ 300 marchinhas, sambas, choros, et même tangos et rumbas, qu’elle choisissait toujours en fonction du rythme (plus accéléré), des textes à double sens (elle aimait l’ironie) et du ton humoristique. Elle a fait des films (aujourd’hui pour la plupart disparus) mettant en évidence la musique brésilienne (Alô alô Brasil, Banana da terra) ; Divers spectacles et plusieurs tournées en Uruguay et en Argentine (où elle était aussi une star). Carmen et sa soeur Aurora, étaient des chanteuses complètes : de radio, de scène, de disque et de cinéma. Avec Carmen, la chanteuse populaire est devenu une interprète, libre d’adapter le rythme à sa voix. Et dans son cas, c’était une façon joyeuse de chanter.

Carmen créait ses propres costumes, turbans, chapeaux, bijoux et chaussures et pendant longtemps, les réalisait elle-même avec sa machine à coudre ou dans son atelier (sauf les chaussures). Ses sandales/sabots, créés en 1934, et plus tard, aux Etats-Unis, elle crée ses chaussures plateformes qui atteignaient 15 cm de hauteur. Elle n’a jamais enregistré ses créations qui ont été copiées et piratées. Même lors qu’elle est devenue une star à Hollywood elle continuait à se faire ses propres maquillages et coiffures.

En 1939, elle signe un contrat pour partir aux Etats-Unis, où elle restera jusqu’à sa mort en 1955. Parlant mal l’anglais - Souse (south) American Way - son accent faisait rire et on décide qu’elle doit le garder. Le groupe Bando da Lua, habitué à jouer avec elle, doit l’accompagner, mais, sans contrat, se fait payer le voyage par le gouvernement brésilien, prétextant que c’était pour le bien de la samba. Pour cette raison, Carmen Miranda a été accusée pendant longtemps de travailler pour la propagande nationaliste du gouvernement Getulio Vargas. Ce quiproquo est aujourd’hui dissipé.

Aux Etats-Unis, Carmen va faire d’innombrables spectacles, enregistrer divers disques et participer de plusieurs comédies musicales à Hollywood. Mais pour Hollywood les pays latino-américains n’étaient que des caricatures trompeuses. On joue des sambas dans un scénario porteño et à la Havane, des tangos devant le pain de sucre. Les latinos étaient tous des fainéants et la langue de ces pays importait peu. Même en essayant de chanter des sambas en Portugais, elle finit par chanter des rumbas et des sambas en anglais. Lors d’un séjour à Rio, Carmen sera huée (manque d’authenticité ou jalousie ?). Humiliée par l’élite brésilienne, elle va retourner sur scène, quelques temps après, avec l’inoubliable On dit que je me suis américanisée !. Le public ovationne. Plus tard, elle dira à un journaliste américain qu’elle avait conscience de la caricature hollywoodienne, que les américains se faisaient une fausse idée du Brésil, que ses costumes, son chant et sa danse étaient son interprétation de la musique brésilienne avec de la mise en scène.

Carmen Miranda a gagné beaucoup d’argent aux Etats-Unis (la femme la mieux payée en 1945, d’après le fisc américain) mais l’argent pour elle était fait pour être dépensé et sa générosité (elle offrait des cadeaux à tout les monde et sa maison était ouverte à tous) a espanté plus d’un, comme le comédien Groucho Marx avec qui elle a tourné un film.

Qu’on le sache, Carmen Miranda ne s’est jamais présentée en France (dans sa tournée européenne le passage en France a été annulé). Elle a, par contre, rencontré Edith Piaf, vers la fin de 1950, dans les coulisses du Versailles à New York, où elles ont longuement pleuré ensemble. Et la journaliste qui a témoigné cette scène se posait la question suivante “Qu’est que ces femmes qui valent 5000 USD la semaine ont à pleurer ?”

Elle était loin de savoir, la journaliste, que la fin s’annonçait. Carmen s’est consumé moins de 5 ans après. Comme Marilyn, comme Edith, comme tant d’autres. Reste le mythe.

Livres conseillés :

Ruy Castro, Carmen : uma biografia, Cia. das Letras, 2005

A. R. Mendonça, Carmen Miranda foi a Washington, Record, 1999

Caetano Veloso, Carmen Miranda Dada. Dans O Mundo não é chato, Cia. das Letras, 2005

Filmographie choisie :

16 comédies musicales parmi lesquelles Banana Split (1943) de Busby Berkeley avec Benny Goodman.

Documentaires à voir :

Bananas is my business (1994) de Helena Solberg et David Meyer

Carmen Miranda, 1969, de Jorge Ileli

Playlist (Carmen Miranda et outres interprétes inspirées par elle)

Titre Artiste Album année label durée
Alô Alô Tai Carmen Miranda Elis Regina Obras Primas (compil) 1996 Polygram 3.55
E o mundo não se acabou Adriana Calcanhoto Publico 2000 BMG 1.47
Mamãe eu quero (1939) Carmen Miranda & Bando da Lua Brazilian Bombshell 2004 Decca/Legend 2.36
Tico Tico no fubá (1945) Carmen Miranda & Bando da Lua Brazilian Bombshell 2004 Decca/Legend 2.36
Alô Alô Maria Alcina Maria Alcina 1973 Chantecler 2.29
South american way Marisa Monte Marisa Monte - ao vivo 1988 EMi Odeon 1.51
Touradas de Madri (1939) Carmen Miranda & Vic Shoen Orchestra Brazilian Bombshell 2004 Decca/Legend 2.33
Uva de caminhão Olivia Byington & Joao Carlos de Assis Brasil Olivia Byington & Joao Carlos de Assis Brasil 1989 CBS 2.18
Ta-hi (pra você gostar de mim) Nara Leão Raridades - 1968/1975 2002 Universal 1.58
Bamboleo (1931) Carmen Miranda, Canhôto & Choro Carmen Miranda vol 2 1998 RCA/BMG 2.33
Camisa listada Maria Bethânia recital na boate barroco 1968 Odeon 2.41
Tic-Tac Do Meu Coração (1935) Carmen Miranda A pequena notavel 1987 Leon Barg 2.26
Na batucada da vida Na Ozzetti Show 2001 Som Livre 3.43
Boneca de Pixe (1942) Carmen Miranda & Almirante Carmem Miranda vol 4 1996 EMI/Odeon 3.17
Bambu Bambu (1939) Carmen Miranda & Bando da Lua South American Way 1975 RCA/Polygram 2.29
Disseram que voltei americanizada Caetano Veloso Circulado ao vivo 1992 Polygram/Philips 1.39
Eu dei Maria Alcina & Bojo Bojo-Maria Alcina 2003 Tratore 2.55
Chatanooga Choo Choo (1941) Carmen Miranda & Bando da Lua The Lady In The Tutti Frutti Hat 1999 Harlequin 2.41
Diz que tem (1941) Carmen Miranda & Bando da Lua A pequena notavel 1987 Leon Barg 2.38
Samba Rasgado Gal Costa Gal Tropical 1979 Polygram/Philips 3.05

Voir en ligne : Carmen Miranda


 
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