- Accueil du site
- Z’Archives
- Les Archives - Musiques
- Le requin barjot
- Le requin barjot en 160 épisodes... 1988-2006
- Aurevoir, et merci pour les poissons - Le requin barjot 160/160
lun 13 juin 2011 - 16h30
lundi 13 juin 2011, par (Date de rédaction antérieure : 4 juillet 2007).
Citation : « Et tout ce que je fais, c’est de donner ma propre opinion personnelle de ce que c’est Que j’aime, pour quelque raison que ce soit, mais ça ne veut pas dire que j’ai raison. Mais, je suggérerais que quiconque veut avoir une meilleure vie… écoute plus de musiques différentes, c’est simplement meilleur pour vous. Vous pouvez toujours retourner au rap, ou au jazz, ou quel que soit, vous savez, ce que tout le monde, chez vous, écoute. Mais au moins écoutez autre chose, pour avoir quelque chose à quoi le comparer ».
LE REQUIN BARJOT N°160/160 - 29’03’’
Ainsi Zappa mourut ce 4 décembre 1993, vive Zappa ! Et c’est avec des bulles au coin des yeux que nous entamons l’ultime épisode de ce subjectif et néanmoins détaillé parcours de la vie et de l’œuvre de Frank Zappa, que vous a proposé le Requin Barjot tout au long de ces 160 numéros.
Au milieu des hommages nombreux que nous survolions la fois précédente, une des décisions testamentaires de Frank Zappa prend effet : le 7 octobre 1994, le label Rykodisc annonce l’achat du catalogue de Zappa, pour plus de 60 albums. C’est le magazine Billboard qui l’annonce le 29 octobre. On ne connaît pas le montant, de la transaction que Frank Zappa a lui-même orchestrée, mais on apprend tout de même que pour seulement prétendre à l’achat du catalogue, Rykodisc devra subir une restructuration de 44 millions de dollars. Frank Zappa a aussi remasterisé une seconde fois tous les albums, et le contrat stipule la sortie de projets alors inédits, comme Have I Offended Someone (un best of), et The Lost Episodes, qui réunit des matériaux plus inédits comme on l’a vu.
Dans les bacs un an après la mort de Frank Zappa, Civilization Phaze III ne fera pas partie de la vente, et Gail Zappa, qui dirigea les affaires de son époux toutes ces années, suivra les conseils qu’il lui donnait avant de disparaître : « Je veux que tu sortes de ce business. Je veux que tu te relaxes et que tu prennes du bon temps ».
Jusqu’au bout, Frank Zappa aura su faire la preuve de l’emprise qu’il a sur la vie, bien caractérisée par le témoignage du compositeur David Rackson, qui travaille pour le cinéma. Il a par exemple collaboré avec Charlie Chaplin à la musique du film Les Temps Modernes, il est aussi un ami commun du musicologue Nicholas Slonimski et de Zappa : « C’est en fait un gars qui avait une emprise formidable sur ce qu’il faisait, et il comprenait ce qu’il faisait de A jusqu’à Z, d’où l’autorité de sa parole… et, un truc très puissant : Je sais que quand je repasserai ces disques, j’entendrai des choses que je n’ai jamais entendues auparavant. »
La guitare du blues noir du delta, les harmonies doowop de nombreux groupes vocaux des années 50 sont une influence aussi importante que les formes musicales plus sophistiquées qu’il aura abordé plus tard dans la vie : « J’aime les paroles, j’aime l’attitude, j’aimais… tout dans la manière dont ça sonnait… ça me parlait simplement… j’ai eu le même sentiment que quand j’ai écouté Webern ou Varèze… on peut reconnaître quelque chose de bon quand on l’entend. et, je ne dirais pas que j’aime chaque disque de R&B que j’ai acheté, parce que quand on ne l’écoutait pas à l’avance on revenait parfois avec un désastre. Mais la plupart d’entre eux, je les ai aimés et écoutés encore et encore et encore. (...) Et puis, j’ai trouvé les clefs du royaume. J’ai découvert cet endroit à San Diego, c’était un dépôt pour disques de juke-box usagés, au rez de chaussé de l’hôtel Maryland. Et on pouvait y aller avec… une très petite somme d’argent et trouver des 45 tours usés de n’importe quel type de chanson r&b qu’on voulait… des choses… des trucs très obscurs. Et donc, vu que j’avais très peu en matière de divertissement au collège à part ma collection de disques, et étant un individu obsessionnel, j’ai appris à mémoriser toutes les… les paroles, les labels, les numéros des disques… tu mémorises juste ta collection. »
Au-delà des tous les hommages qui lui sont rendus en cette année 94, c’est justement son idole, puis ami, Johnny Guitar Watson, qui à l’image la plus parlante… surtout quand on connaît ses goûts vestimentaires et bijoutiers… C’est d’ailleurs Zappa lui-même qui considère le Three Hours Past Midnight de JGW comme son influence définitive dans les titres de r&b : « C’était plus qu’inhabituel, c’était irréel. Il connaissait toutes les vieilles chansons, et il savait… tout ce que les autres artistes faisaient, et… il connaissait les liens entre les chansons, vous voyez, voyez c’que j’veux dire, ouais, c’était très inhabituel. Il était… au-dessus, plus ou moins… un musicien, et un grand compositeur… tout… tout en un, alors… il pouvait tirer l’avantage des deux, c’est tout juste comme d’avoir un gros trésor, avec juste toutes sortes de pierres, et d’se dire « ben je vais prendre un rubis aujourd’hui ! Oooh, des diamants pour demain ! Vous pouvez ramasser c’que vous voulez quand vous voulez, vous savez ».
(...)
En 1996, sortira l’album Läther, qui remet à leur place les trois albums litigieux d’avec la Warner de 78 et 79 : Studio Tan, Sleep Dirt, et Orchestral Favorites. D’autres albums sont encore attendus, aujourd’hui, et de nombreux documents sont encore inconnus, ils reposent dans la cave du Zappa Family Trust sur quelques sept kilomètres d’étagère.
Sur la toile, il faut rendre hommage au travail de Robert Heederik, dont la St Alphonzo Pancake Homepage, hébergée par le serveur du Département de Mathématique et d’informatique de l’Université d’Amsterdam, contient moult textes, et des mines de commentaires et explications. Un grand merci au site officiel, www.zappa.com, pour avoir mis en ligne les 8 numéros de l’émission de radio Frank Zappa, American Composer, produite par Steve Roland et Gail Zappa, écrite par Larry Ebrons, et diffusée par Public Radio International, de laquelle ont été extraits certaines citations.
Un grand merci à Pierre, et à Bruno Degaille, musicien zappaphile érudit et documentaliste tenace, pour la discographie extensive et pour la vaste bibliographie. Saluons l’agilité de la souris de Bruno Méria, qui a assisté le Requin Barjot dans l’élaboration de nos génériques, pour lesquels nous remercions aussi tous les gens de la télé qui s’en sont retrouvés captifs sans l’avoir voulu.
Restez à l’écoute des nouvelles musiques, comme nous le conseillait Frank Zappa dans notre ultime citation du jour, et retenons celle-ci :
« l’Information n’est pas la Connaissance, la Connaissance n’est pas la Sagesse, la Sagesse n’est pas la Vérité, la Vérité n’est pas la Beauté, la Beauté n’est pas l’Amour, l’Amour n’est pas la Musique, la Musique est le meilleur ».
| titre | album | durée |
| Lemme take you to the beach | Läther | 2’46’’ |
| Down in the dew | Läther | 2’57’’ |
| Läther | Läther | 3’50’’ |
| Re-Gyptian Strut (1993) | Läther | 4’42’’ |
| Flambé | Läther | 2’05’’ |
Bibliographie :
The Real Frank Zappa Book, de Frank Zappa et Peter Ochiogrosso, Poseidon Press 1989 ;
Frank Zappa a Visual Documentary, ainsi que Frank Zappa In his Own Words, par Miles, Omnibus Press 1993 ;
Zappa Electric Don Quixote, par Neil Slaven, Omnibus Press 1996 ;
Frank Zappa Companion, de Richard Kostelanetz, Omnibus Press, 1997
Corrected Copy, Hambourg 1977
Remerciements : Bruno Degaille, Bruno Méria.
Restez à l’écoute des nouvelles musiques, comme nous le conseillait Frank Zappa dans notre citation du jour, et retenons celle-ci, « l’Information n’est pas la Connaissance, la Connaissance n’est pas la Sagesse, la Sagesse n’est pas la Vérité, la Vérité n’est pas la Beauté, la Beauté n’est pas l’Amour, l’Amour n’est pas la Musique, la Musique est le meilleur ».
P.-S.
Diffusion précédente : mercredi 4 juillet 2007 - 13h30, rediff. dimanche 8 juillet 17h
liens :
Zappa in france (incontournable)
http://www.zappa.com/ (officiel)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Frank_Zappa
http://nasalretentive.free.fr/ (fameux coverband français et plus...)
St. Alphonzo’s Pancake Homepage (incontournable, les notes and comments on été très utiles à la rédaction du Requin Barjot)
http://www.djouls.com/frankzappa/ (discographie commentée en Français)
Le Castor Astral (quelques ouvrages à lire)
Animateur(s) :
Gilles Gouget
Réalisation Technique :
Gilles Gouget
Licence de l'article :
tous droits réservés










