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- Ardoise, Edvige, Périclès... DAMOCLES ?
lun 28 juillet 2008 - 12h, rediff. 17h
lundi 28 juillet 2008, par
Escalade dans le fichage systémartique des citoyens. Après Ardoise et avant Pericles, c’est le fichier Edvige qui se propose cet été de remplacer la "liberté" par la "sécurité" et les "citoyens" par des "individus"... Nos invités pour en parler :
Jean-Claude Vitran (Ligue des droits de l’homme de Paris, en charge des libertés numériques) et Jean-Charles Tadei (pdt délégation LDH Montpellier) ;
Gilles Sainati, conseiller du syndicat de la magistrature.
Gilles Sainati est docteur en droit, magistrat depuis 1986, membre du syndicat de la magistrature, secrétaire général de ce syndicat de 1999 à 2001Il a codirigé l’ouvrage collectif La Machine à punir, L’Esprit frappeur, 1996, et écrit de nombreux articles de réflexion sur la justice.
rappel :
Sans débat public préalable, le gouvernement, par un décret publié au Journal officiel du 1er juillet 2008, a considérablement accru les capacités de fichage de nos concitoyens. Ce fichage sera assuré, à l’avenir, par la Direction centrale de la sécurité publique (fusion des Renseignements Généraux et de la DST).
A cette fin, un nouveau fichier policier sera mis en place sous le nom d’EDVIGE (Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale). Il recensera, de manière systématique et généralisée, toute personne « ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif ». Sans exception, toutes les personnes engagées dans la vie de la cité sont donc visées.
En outre, ce fichage vise à permettre la collecte de renseignements identitaires sur les « suspects » (personne mais également groupe) simplement considérés, par la police, comme susceptibles, à l’avenir et de manière totalement hypothétique, de porter atteinte à « l’ordre public ».
Il permettra de compiler toutes les notes de renseignements telles que : état civil, photographie mais aussi fréquentations, comportement, déplacements, appartenance ethnique, vie sexuelle, opinions politiques, philosophiques, religieuses, appartenances syndicales et associatives …
La police sera autorisée à consulter ce fichier en cas d’enquêtes administratives pour l’accès à certains emplois.
Les mineurs ne seront pas épargnés puisque fait sans précédent dans notre République et particulièrement choquant, leur fichage sera autorisé dès l’âge de 13 ans et cela sans qu’aucune infraction n’ait été commise et sur la seule base de leur dangerosité présumée.
Cette initiative gouvernementale, porteuse à l’évidence de nombreuses dérives, s’inscrit résolument dans le cadre de la mise en place d’une politique sécuritaire ouvertement revendiquée.
Le gouvernement est passé outre aux réserves émises par la Commission nationale Informatique et Libertés concernant ce fichier qui, dès sa parution, a suscité les plus vives réprobations de multiples organisations associatives, syndicales et politiques.
Pétition contre le fichier edvige
le décret sur legifrance









